Adaptation française de Sentinelle 5772 ©
Les Juifs sont obligés de reconnaître que notre principale priorité doit être notre propre sauvegarde contre ceux qui cherchent à nous détruire.
L’une des énigmes associées à la nature durable de l’antisémitisme mondial qui a pris un essor exponentiel dans les années récentes c’est pourquoi, ayant fourni des contributions aussi disproportionnées à tous les niveaux de la civilisation et laissé des empreintes majeures sur la science, l’éthique, la médecine, la culture et les arts, nous Juifs continuons d’agir comme un aimant attirant une haine si virulente.
Tout aussi bizarre, l’échec des groupes et nations auparavant opprimés à rendre ou même reconnaître les contributions juives extraordinaires en soutien à leurs luttes pour vaincre la persécution, la discrimination, les abus contre les droits de l’homme et l’accession à l’indépendance.
Cela est caractérisé par le fait que, alors qu’il n’y a pas de groupe américain comparable aux Juifs qui ont tant sacrifié pour aider les Noirs américains à vaincre la discrimination raciale et dans leur lutte pour les droits civils, ironiquement, aujourd’hui, ils sont parmi les principaux groupes raciaux et ethniques aux USA qui promeuvent l’anti–israélisme et l’antisémitisme.
Le récent éclat répugnant de l’écrivain noir américain Alice Walker, qui chercha à faire interdire la traduction en hébreu de son roman, lié au racisme, caractérise cela.
La diabolisation d’Israël par Walker s’est même élargie à accuser Israël de pratiquer « le racisme » d’une manière plus extrême que ce n’était le cas dans l’Afrique
du Sud de l’apartheid.
Cela est à tout le moins pervers parce qu’en plus d’être la seule société libre et démocratique de la région, l’Etat juif comprend aussi probablement le plus grand mélange de groupes raciaux engagés dans le monde pour l’égalité.
La même critique s’applique au gouvernement actuel de l’Afrique du Sud, qui est aujourd’hui amèrement anti–israélien malgré le fait que des individus juifs Sud–Africains étaient à l’avant–garde de la lutte contre l’apartheid, beaucoup ayant été obligés de quitter le pays pendant le régime de l’apartheid.
Même l’archevêque Desmond Tutu, dont les éclats anti–israéliens ont désormais pris la forme de diatribes antijuives populistes vulgaires, a concédé que « dans notre lutte contre l’apartheid, les plus grands soutiens étaient les personnes juives… Ils devaient presque instinctivement être du côté de ceux privés de droits, des sans–voix ».
Mais dans le même souffle, il a ouvert la voie aux récentes initiatives anti–israéliennes de son gouvernement en appelant à désinvestir d’Israël qui a « opprimé plus que les idéologues de l’apartheid n’auraient jamais pu rêver de le faire en Afrique du Sud », et il s’abaisse à un antisémitisme primitif en qualifiant les Juifs de « Peuple bizarre qui autrefois, opprimé et assassiné, est aujourd’hui doté de puissance, et refuse d’écouter et désobéit à D.ieu ».
De semblables attitudes prévalent chez nombre de dirigeants du Tiers Monde. Je n’oublierai jamais un meeting à New Delhi en 1981 avec la dernière présidente indienne, Indira Gandhi, au cours duquel elle éructa un éclat anti–israélien frénétique associé à de la rage contre le « pouvoir juif international » – qui était responsable – proclamait–elle – du retournement des USA contre l’Inde.
En réponse à ma réplique, elle concéda que quand sa famille était en Angleterre, la majorité de leurs amis les plus proches étaient des Juifs britanniques qui soutenaient passionnément leur lutte contre le colonialisme et leurs efforts pour parvenir à l’indépendance. Pourtant, cela n’atténua en aucune manière sa haine contre Israël ou ses fantasmes conspirateurs sur la puissance juive internationale.
L’histoire enregistre le grand nombre d’idéalistes juifs mal avisés en Europe et aux Etats–Unis qui, dans les années 1930, abandonnèrent le judaïsme et le sionisme et consacrèrent leur vie à promouvoir et même à vénérer la fausse cause messianique du communisme. Même des membres éloignés de ma propre famille dans la Belgique d’avant Guerre, dans leur désir passionné de combattre le nazisme, abandonnèrent leur héritage juif et en 1936, sacrifièrent leur vie sans nécessité pour Staline sur les champs de bataille de l’Espagne.
Pourtant, ces mêmes Juifs communistes qui, en dehors d’un engagement mal avisé exclusif pour l’universalisme, dédièrent leur vie au service fanatique d’un système totalitaire maléfique, devinrent ensuite eux–mêmes victimes des purges antisémites et des faux procès initiés par Staline à la fin des années 1930, le meurtre des écrivains juifs en 1948, qui culmina avec le tristement célèbre procès des médecins à Moscou en 1952.
Ces initiatives, indiscutablement motivées par un antisémitisme sauvage, auraient probablement résulté en déportations massives des Juifs au Goulag si Staline n’avait pas disparu à temps en 1953.
Il y a des Juifs aujourd’hui qui continuent de conserver une tradition universaliste dans le judaïsme, qui nous obligent à mettre de côté nos propres intérêts de « clocher juif » pour manière se concentrer exclusivement à faire du monde un lieu meilleur en combattant l’injustice.
Pourtant en réalité, la tension présumée entre le rôle juif pour se maintenir lui–même en nation particulariste et dans la promotion de valeurs éthiques universalistes est souvent exagérée et mutuellement non exclusive. Abraham ne fracassa pas les idoles et Moïse ne combattit pas pour la liberté de son Peuple afin de créer un culte. Ils servirent le Peuple juif mais apportèrent aussi un message de signification universelle à l’humanité.
Un exemple de la fusion entre les deux concepts est reflété dans la phrase souvent citée des ‘Pirkei Avot’ (‘Les Maximes de Pères’) : « Si je ne suis pas pour moi–même, qui le sera ? » Mais elle est équilibrée par la phrase suivante : « Et si je suis seulement pour moi–même, qui suis–je ? Et si pas maintenant, quand ? ». Il y a ainsi une justification complète pour nous de tirer fierté de tous les actes de Juifs qui ont contribué au ‘Tikkun Olam ‘ – la réparation d’un monde brisé – et d’en faire un lieu meilleur pour l’humanité.
Que de nombreux groupes opprimés luttant pour la liberté, au nom desquels nous avons souvent lutté à un coût personnel considérable, se soient ensuite retournés contre nous, ne doit pas nous dissuader de nos obligations universalistes envers l’humanité et de notre engagement permanent pour promouvoir la justice et les droits de l’homme.
Quand on observe le monde dans les temps troublés d’aujourd’hui, nous, le Peuple juif qui a vaincu l’impuissance et miraculeusement regagné notre statut de Nation, sommes obligés de reconnaître que notre principale priorité doit être notre propre sauvegarde contre ceux qui cherchent à nous détruire.
En temps de péril, il est à la fois rationnel et actuel de nous concentrer sur nos familles et notre propre Peuple avant de tenter de réformer le monde. En priorisant les objectifs particularistes de défendre et de mettre en sécurité le bien–être de l’Etat juif et du Peuple juif contre ceux qui cherchent toujours a accomplir les objectifs d’Hitler, nous assurons que les Juifs survivront. L’un des dérivés de cela nous permettra de continuer comme par le passé à contribuer au ‘Tikkun Olam’
Le site Internet de l’auteur peut être consulté sur : www.wordfromjerusalem.com.
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