Caroline B. Glick – D.ieu, Jerusalem et la politique étrangère américaine

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

Jeruslem Post 06/09/2012

En retirant à la fois D.ieu et Jerusalem de leur projet politique, Obama et ses amis Démocrates ont déclenché la furie dans l’âme américaine à son fondement.

A travers toute sa présidence, Barack Obama et ses partisans ont été poursuivis par la critique de sa position sur Israël. Dès le début de sa prise de fonction, des critiques et des soutiens n’ont pas pu saisir combien Obama est profondément hostile à l’Etat d’Israël.

Obama et ses partisans ont répondu à chaque critique de son traitement d’Israël en tirant une liste. Chaque fois que son action sur Israël est critiquée, Obama et ses partisans tirent une liste des choses qu’il a faites pour Israël. Cette semaine, dans un éditorial de Une dans le ‘New York Times’, le donateur démocrate Haïm Saban a tiré la liste pour justifier son soutien à Obama.

Comme le note cette liste, Obama a donné des millions de dollars en assistance militaire à Israël. Il a fait adopter des sanctions dures contre l’Iran par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Il a donné son accord pour vendre des chasseurs bombardiers F35 à Israël. Pendant sa présidence, disent–ils, les USA ont élargi leur coordination militaire et de renseignement avec Israël. Obama s’est opposé à certaines résolutions anti–Israël à l’ONU.

Les critiques d’Obama répondent à cette liste par une série de points. Ils remarquent qu’en approuvant l’augmentation de l’assistance militaire des USA à Israël, dont le système de défense anti roquette ‘dôme de fer’ [Iron dome], Obama ne fait que remplir une promesse faite par son prédécesseur George W. Bush. Ils remarquent que les sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU n’ont pas eu d’impact sur le programme d’armes nucléaires de l’Iran.

De même, Obama s’est opposé à de plus fortes sanctions contre l’Iran adoptées avec le soutien massif des deux chambres du Congrès.

Il a fallu l’obliger, en tapant et en hurlant, à signer ces sanctions pour leur donner force de loi. Et depuis qu’il a signé la loi de sanctions, il a usé de son pouvoir présidentiel pour les édulcorer.

Les critiques d’Obama indiquent que du fait de son insistance à apaiser l’Iran, la semaine dernière, l’Iran a joui de son plus grand triomphe diplomatique depuis la révolution iranienne de 1979. Plus de cent nations ont envoyé des représentants à Téhéran pour participer au 16ème Sommet du Mouvement des Pays non Alignés. Et en présence du Secrétaire Général de Nations Unies, Ban Kimoon, ces nations ont exprimé leur soutien au programme nucléaire de l’Iran.

Et bien qu’il soit vrai qu’Obama ait fait bloquer deux initiatives anti Israël à l’ONU, il a été plus en faveur du système de l’ONU intrinsèquement anti–américain et anti–israélien que tout autre de ses prédécesseurs récents.

Et pour la coopération du renseignement Israël–USA, pour la première fois sous Obama, les USA ont systématiquement laissé fuité vers les media les secrets les plus jalousement gardés d’Israël.

En fait, les critiques de la politique d’Obama envers Israël ont leur propre liste. Les humiliations répétées du Premier ministre d’Israël par Obama. Elle inclut les multiples ‘clashs’ qu’Obama a initiés avec Israël en ce qui concerne la souveraineté israélienne sur Jerusalem. Elle inclut l’adoption par Obama de la position palestinienne sur les frontières d’Israël.

Pourtant, comme Obama et ses partisans le diront, les faits têtus et ils ont une liste. Et comme la liste est vraie – jusqu’à présent – ils peuvent argumenter qu’Obama est un soutien d’Israël.

Suivant cet argument superficiellement contraignant, il est remarquable que la liste d’Obama ne soit pas parvenue à mettre fin au débat sur sa position à l’égard d’Israël. Aujourd’hui, les Américains ne sont pas intéressés par la politique étrangère.

Ils ne veulent pas entendre qu’en quittant l’Irak comme il l’a fait, Obama a gâché tout ce pour quoi les Américains se sont battus. Ils ne veulent pas entendre qu’il a en réalité cédé le pays à l’Iran qui a maintenant la capacité d’utiliser l’Irak comme sa base avancée pour des opérations en Syrie, au Liban et au–delà.

Ils ne veulent pas entendre que la stratégie de montée en puissance puis de retrait d’Obama en Afghanistan prépare une défaite américaine dans cette guerre et les conditions de la ré–institution du gouvernement Taliban.

Ils ne veulent pas entendre la façon dont la Russie et la Chine considèrent les USA avec mépris et mettent chaque jour au défi ses intérêts économiques et stratégiques.

Ils ne veulent pas entendre la façon dont Obama a joué un rôle majeur dans le renversement de l’allié clé des USA dans le monde arabe, Hosni Moubarak en Egypte. Ils ne veulent pas envisager les implications du fait que le USA financent désormais la transformation des ‘Frères Musulmans’ d’Egypte en un régime islamique radical et anti–américain.

Et pourtant, face à l’absence d’intérêt pour le monde en dehors de leurs frontières, les Américains demeurent intéressés par la question de savoir si oui ou non Obama soutient Israël.

Il y a deux raisons à l’intérêt durable des Américains et à leur préoccupation pour Israël. Et elles ont été toutes les deux été révélées cette semaine à la Convention Démocrate Nationale quand l’affaire a éclaté sur la façon dont le projet politique Démocrate de cette année diffère de celui de 2008. D’abord, on a rapporté que le projet ne comportait pas la mention de D.ieu.

Puis on a rapporté que contrairement au projet politique de 2008, celui du Parti Démocrate cette année n’a pas fait mention de Jerusalem comme capitale d’Israël.

Le projet politique de cette année a encore édulcoré le discours sur Israël d’autres façons significatives.

Il n’a pas qualifié Israël « d’allié le plus puissant » des USA au Moyen–Orient. Il n’a pas appelé à poursuivre l’exclusion du groupe terroriste Hamas de la communauté internationale. Il n’a pas mentionné l’opposition des USA à l’exigence palestinienne d’un soit disant « droit de retour » – à travers lequel Israël serait détruit par un afflux de millions d’Arabes étrangers dans le cadre d’un traité de paix entre Israël et les Palestiniens. Mais alors que ces abandons ont été généralement ignorés, le silence du projet politique sur Jerusalem a engendré un maelström de critiques qui a même dépassé son effacement de D.ieu.

De façon significative, plutôt que de traiter les effacements de D.ieu et de Jerusalem comme des questions séparées, les media et les Démocrates ont eux–mêmes présenté les deux faces de la même pièce. Quand mercredi, la direction du Parti a décidé de restaurer le discours du projet politique de 2008 sur D.ieu et Jerusalem – mais pas sur le Hamas, le soi–disant « droit de retour », et la signification de l’alliance stratégique d’Israël avec les USA – ils ont choisi de le faire dans le même amendement.

La très large perception de D.ieu et de Jerusalem comme des questions liées nous dit quelque chose d’important sur la mentalité américaine. Et elle nous dit quelque chose d’également important sur Obama et le Parti qu’il dirige.

Le Pr. Walter Russell Mead a décrit la position d’Israël dans la mentalité américaine l’an dernier. Comme il l’a dit : « Israël importe dans la politique américaine comme dans presque aucun autre pays sur terre. Bien au–delà des communautés juives américaines et des fondamentalistes protestants, le Peuple et l’histoire d’Israël agitent quelque chose au plus profond et mystérieux qui atteint l’âme américaine. L’idée de l’exceptionnalisme juif et israélien est profondément liée à l’idée de l’exceptionnalisme américain. La croyance que D.ieu accorde sa faveur et protège Israël est liée à l’idée que D.ieu accorde sa faveur et protège l’Amérique ».

Mead continuait : « Etre pro–Israël importe dans la politique pour le Peuple américain parce que le public croit à un niveau profond qu’être pro–israélien c’est être pro–Amérique et en faveur de la foi. Un nombre substantiel d’électeurs croit que les politiciens qui ‘ne sont pas’ avec Israël ne sont pas non plus avec l’Amérique et ne sont pas non plus avec D.ieu ».

En retirant à la fois D.ieu et Jerusalem de leur projet politique, Obama et ses amis ont déclenché la fureur de cette âme américaine à son fondement.

Ils ont montré « qu’ils ne sont pas » avec Israël ou D.ieu. Par extension, « pas avec l’Amérique ».

La décision intellectuellement troublante de regrouper Jerusalem et D.ieu ensemble dans le même amendement est due sans aucun doute au fait qu’un membre du Parti a mesuré comment ces effacements ont été désastreux dans leur capacité à convaincre le électeurs hésitants que le Parti Démocrate a leur soutien.

Et cela nous amène à la nature du Parti Démocrate aujourd’hui. Pour que l’amendement au projet politique soit adopté, il fallait le soutien des deux tiers des délégués à la convention. Ainsi, mercredi matin, le président de la convention, le maire de Los Angeles Antonio Villaraigosa, a porté l’amendement devant l’assistance pour un vote aux voix.

A sa stupéfaction évidente, l’amendement n’a pas reçu le soutien requis. Les appels soutenant l’amendement ont été égalés par au moins autant d’appels à s’y opposer. Villaraigosa a été oblige de refaire voter trois fois avant de déclarer – contrairement à l’évidence – que l’amendement était adopté.

Plus que tout autre chose, le vote de l’assistance a montré combien une grande partie significative de l’électorat du Parti Démocrate est hors du cercle de la mentalité fondamentale de leur pays. Ce spectacle doit éveiller des préoccupations chez tous les soutiens d’Israël qui croient que la liste pro–Israël d’Obama est la preuve qu’ils ont un abri sûr aujourd’hui au Parti démocrate.

L’association de Jerusalem avec D.ieu dans l’imaginaire américain n’est pas la seule raison pour laquelle tant de gens ont attaqué le discours édulcoré du projet politique sur les liens USA–Israël. La seconde raison de ce tumulte explique pourquoi la question du soutien d’Obama à Israël est la seule question de politique étrangère qui ait résolu son administration depuis qu’il est en poste. Elle explique pourquoi le soutien américain à Israël est une question plus importante pour les Américains que l’Irak, ou l’Afghanistan, la Grande Bretagne, la Turquie ou la Russie.

Là encore, l’importance symbolique d’Israël dans l’imaginaire américain est centrale pour comprendre l’affaire. Au–delà de sa signification religieuse, il existe une très large perception qu’Israël est à l’avant–poste de la guerre contre l’Amérique. Par conséquent, Israël est la seule question de politique étrangère des agences télégraphiques sur la nature de la politique étrangère américaine à un public américain par ailleurs désengagé et largement indifférent.

Pour la plupart des Américains – si ce n’est pour la majorité des Démocrates – le soutien à Israël est la plus importante planche de soutien de la politique étrangère des USA parce qu’il indique la nature de cette politique étrangère dans son ensemble. Un président qui soutient Israël est un président qui a des priorités franches. Un président qui est hostile à Israël est un président à qui l’on ne peut pas faire confiance sur l’Iran ou la Russie ou la Chine ou quoi que ce soit d’autre.

Dans un effort apparent pour mettre fin à cet état de choses, Obama a adopté une stratégie politique sur l’Iran – dont le programme nucléaire représente la plus grande menace montante contre la sécurité nationale des USA – qui recadre la question comme un problème d’Israël.

Ce faisant, Obama cherche à atteindre deux objectifs. Premièrement, il cherche à découpler la sécurité nationale d’Israël de la sécurité nationale de l’Amérique dans l’imaginaire populaire. Et deuxièmement, il cherche à diminuer le soutien populaire à Israël en présentant ce pays come poussant l’Amérique vers une guerre non nécessaire.

La liste des actions pro–Israël d’Obama est essentielle pour parvenir à ce but spécifique, et ainsi convaincre les Américains du succès d’ensemble de sa politique étrangère. La liste est essentielle parce qu’elle transforme Israël dans l’esprit du public d’allié stratégique en allié problématique nécessitant l’assistance constante de l’Amérique.

Dans cette lignée, cela nous dit que l’amendement du projet politique Démocrate n’est pas revenu à la qualification d’Israël dans le projet de 2008 comme le « plus puissant allié de l’Amérique » au Moyen–Orient.

Mais comme le tollé que les modifications du projet politique ont provoqué l’ont montré, Obama a échoué dans l’atteinte de cet objectif. Et ce sont de merveilleuses nouvelles.

Mais aussi longtemps que lui et ses partisans voudront publier des éditoriaux et donner des entretiens dédiés à la répétition de sa liste, Obama continuera à défendre le fait qu’on peut lui faire confiance en politique étrangère en dépit de son abandon de D.ieu, de Jerusalem et des intérêts les plus vitaux de l’Amérique.

caroline[at]carolineglick.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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