LIAT COLLINS – Te fais pas d’bile, sois heureux

Adaptation française de Sentinelle 5773 ©

Jerusalem Post 15/09/2012

A L’occasion, le lait a un goût aigrelet et le miel produit un mélange collant, mais ici c’est toujours la Terre Promise.

C’est une chansonnette irritante avec un simple refrain : « Te fais pas d’bile, sois heureux ». Le message musical – connu en hébreu sous le nom de ‘Philosophia begrush’ ou philosophie d’un sou – est léger et entraînant (et si vous écoutez les paroles, complètement irréaliste) mais il a un certain charme. Je me suis retrouvée le « fredonnant » l’autre jour alors que je lisais les données de l’index de l’Institut de la Démocratie d’Israël (IDC) constatant que plus des trois quarts des Israéliens (Arabes et Juifs) sont optimistes sur l’avenir du pays, malgré les défis de sécurité, socioéconomiques et autres.

Vous pouvez télécharger (ou peut–être cela doit–il être soulevé) les données du site Internet de l’IDI (www.idi.org.il) mais voici quelques unes des principales données :

° L’évaluation de la situation globale d’Israël tend vers le positif : 38.1% la caractérise comme « bonne », 40.5% comme « moitié–moitié », et le reste (20%) comme « mauvaise ».

° Le niveau d’optimisme concernant l’avenir d’Israël (75.6%) dépasse clairement le niveau de pessimisme (21.8%).

° Le niveau de solidarité de la société juive (sur une échelle de 1 à 10, où 10 est « une très forte solidarité ») a reçu un taux moyen de 6.2 chez les répondeurs juifs et 5.4% chez les Arabes, c.a.d. un score moyen.

° L’évaluation de la performance du gouvernement a montré un penchant négatif : la majorité (59%) perçoit que le gouvernement ne fait pas un bon travail dans la prise en charge des problèmes du pays.

° Ce ne sont qu’un répondeur sur trois (37.6%) qui sent qu’il existe un Parti politique aujourd’hui représentant vraiment leurs opinions.

° La forme de la participation politique observée comme la plus efficace est le vote aux élections à la Knesset. Ce est suivi (par ordre décroissant) par des protestations sur Internet, la participation à des manifestations, la qualité de membre d’une organisation civique, et de membre d’un Parti politique.

° Seule une petite minorité (12.7%) considère l’usage de la force comme un moyen efficace pour influer sur la politique du gouvernement.

° La majorité des répondeurs perçoit que les protestations de l’été 2011 comme un succès soulevant l’intérêt des media et la conscience du public sur les questions sociales et économiques, mais elles ont moins réussi dans le changement des priorités du gouvernement, et ont échoué à affaiblir le statut du tiers le plus riche.

° Parmi aussi bien les échantillons juifs et arabes, la majorité n’est pas à l’aise avec la notion de « dirigeant fort » (62.6 et 53.9I% respectivement).

° La préférence la plus fréquente dans le public juif (41.9%) va à la définition duelle d’Israël comme un Etat « juif et démocratique ». Au total, 34.3% attribuent une plus grande importance à la composante juive, contre seulement 21.8% préférant l’option démocratique.

° Pour catégoriser les zones de friction dans la société israélienne, la tension entre Juifs et Arabes se classe comme la plus sévère, suivie (par ordre décroissant) par la tension entre religieux et laïques, riches et pauvres, Droite et Gauche (en termes d’opinions politiques et de sécurité), et entre ashkenazim et sefardim.

° La sensation de prendre part à l’Etat et à ses problèmes diffère beaucoup entre les répondeurs juifs et arabes (72.9% Vs 27.7% respectivement).

Ceux qui ont pris part aux manifestations de l’été 2011 ressentent un plus grand sens d’appartenance à l’Etat que ceux qui ne l‘ont pas fait.

· Une majorité de l’échantillon juif (89.1%) est fière d’être Israélienne.

Parmi les répondeurs arabes, la sensation de fierté est plus faible, représentant une minorité (44.5%).

« Il est important de noter que la majorité des Israéliens considère l’avenir du pays avec optimisme », a déclaré le Pr. de l’IDI Tamar Hermann, qui supervise le projet, à Gil Hoffman du Jerusalem Post. « Notre résilience nationale repose beaucoup sur le fait que même si les gens sont négatifs le vendredi soir à la table du dîner familial et que l’esprit du siècle est le découragement, si vous grattez un peu, les gens ne sont pas vraiment déprimés ici ».

Le sondage, conduite par le Centre Guttman ISI des enquêtes, a été réalisé à partir d’un échantillon représentatif national de 1025 adultes israéliens (834 Juifs et 191 Arabes), avec une marge d’erreur de seulement 3.1%.

Même les Nations Unies ont été obligées de dire quelque chose de positif dans leur Enquête de Développement Humain. Dans un rapport corrélé de 2011, Israël occupait le rang respectable de 17ème sur 187 pays. Et vous n’avez pas besoin des nombres de l’ONU pour voir que dans le cas d’Israël, le vert observé chez les voisins est celui des drapeaux islamistes, et pas l’herbe luxuriante.

Alors statistiquement, il est dur de comprendre pourquoi nous passons tant de temps à nous plaindre.

Un rapport du Bureau Central de la Statistique (CBS) publié avant le Nouvel An Juif, indiquait que la population d’Israël approche 8 millions d’habitants (7.993.200 pour être un peu plus précis) avec un peu plus de 75% des ses citoyens identifiés comme juifs (nombre qui rend probablement compte d’un grande part des plaintes !). Peut–être que se plaindre est bon pour nous : l’espérance de vie, selon CBS, continue d’augmenter, atteignant 80 ans pour les hommes et 83.6 ans pour les femmes.

Ce pourrait être le sens puissant de l’identité nationale – la sensation de « nous sommes tous dans cet ensemble » – qui nous maintient en marche. Paradoxalement, plus les missiles tombent, plus la menace iranienne est grande, plus durs sont les commentaires à l’ONU, plus nous nous sentons proches – ceux d’entre nous qui vivent ici et observent la vie économique et culturelle florissante.

Il existe un expérience commune vécue par les riches et les pauvres ; que l’on ait ou pas de l’éducation ; la Gauche et la Droite ; les religieux et les laïcs – même les Juifs et les Arabes. Si les missiles et les menaces émanant de pays en conditions bien plus mauvaises qu’Israël ne se différencient pas entre les communautés, pourquoi devrions–nous le faire ? Même nos jérémiades (relativement légères) économiques nous ont rapprochés l’an dernier pendant les protestations de bon aloi de l’été, et il y a peu d’Israéliens qui ne se souviennent où ils étaient le 18 octobre, quand Gilad Schalit revint à la maison après 5 ans de captivité sous la férule du Hamas (même si nous avons discuté le « prix » de l’accord de libération du prisonnier).

A l’opposé de beaucoup de pays développés, nous aspirons vraiment à ce que des immigrants rejoignent la communauté étendue (tout en bloquant les immigrants économiques non motivés par le même sens d’être ensemble). En 2011, 16.892 immigrants sont arrivés : 1.5% de plus qu’en 2010.

Et des bébés naissent – leur naissance est une autre expression de la foi dans l’avenir. Selon des données de CBS, environ 166.300 bébés sont nés en Israël en 2011 et le nombre moyen d’enfants par femme juive a continué d’augmenter, atteignant 2.98 enfants par femme en 2011 en partant de 2.97 l’année précédente.

Nous nous plaignons des politiciens et du manque de capacité de direction, mais nous ne voulons pas le type de « dirigeant puissant » qui menacerait la nature libre et démocratique de nos existences.

Trop d’Israéliens doivent régulièrement courir aux abris, mais nous ne sentons pas que nous sommes scotchés dans un trou noir. Nous voyons une voie de sortie. Après tous les hauts et les bas dramatiques, alors que le pays s’avance vers 5773 et le 65ème anniversaire d’Israël, nous savons que nous vivons le bon temps – pas le meilleur, mais meilleur qu’avant.

Les gens peuvent être plus individualistes et concurrents – en gardant la culture « réaliste » qui s’est emparée du monde occidental – mais nous sommes toujours attachés émotionnellement à chacun.

Le drapeau bleu et blanc peut bien ne pas porter le même symbole pour tous, mais lorsque qu’il a flotté aux Jeux Paralympiques, il nous a touchés de manière toute particulière, exactement comme son absence aux Jeux Olympiques nous avait peinés auparavant.

A L’occasion, le lait a un goût aigrelet et le miel produit un mélange collant, mais ici c’est toujours la Terre Promise.

Puissions–nous avoir la bénédiction d’une Nouvelle Année pacifique et prospère.

L’auteure est rédactrice à ‘L’International Jerusalem Post’

liat[at]jpost.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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