Liban : le général Wissam Al-Hassan était surveillé. Le Hezbollah est unanimement accusé

Al–Hassan était dans une voiture banalisée

Selon plusieurs sources libanaises, le général Wissam Al–Hassan, tué ce vendredi dans l’attentat d’Ashrafieh, à Beyrouth, était surveillé par ses assassins. Il s’agit du même scénario utilisé dans les assassinats des députés Antoine Ghanem et Gebran Tuéini. Al–Hassan est en effet rentré au Liban la nuit dernière, pour être pulvérisé moins de 24 heures après.

Le Hezbollah, qui contrôle l’aéroport de Beyrouth, surveillait de près le général Al–Hassan, exactement comme ce fut le cas pour Antoine Ghanem, tué trois heures après son atterrissage en provenance des Emirats arabes unis, et pour Gebran Tuéini, tué moins de huit heures après son retour de Paris. Wissam Al–Hassan est arrivé à Beyrouth, la nuit dernière, pour être exécuté cet après–midi. Pourtant, très prudent et se sentant menacé, Al–Hassan se déplaçait dans une voiture banalisé, sans les traditionnelles escortes. Il changeait régulièrement de voiture.

L’exécution minutieuse du chef du service de renseignement des Forces de Sécurité Intérieures (service d’Intelligence) atteste que la décision de son élimination était prise depuis plusieurs mois, puisqu’il a déjà échappé à un attentat en février dernier. Les commanditaires et bénéficiaires de sa disparition l’ont ainsi surveillé de très près, depuis son arrivée à l’aéroport. Ils ont identifié son véhicule et localisé son itinéraire avant d’actionner la voiture piégée de plusieurs dizaines de kilogrammes d’explosif. Au Liban, les accusations convergent vers le Hezbollah, seul mouvement capable d’un terrorisme de cet ampleur, et disposant des réseaux logistiques et d’information lui permettant des attentats aussi complexes. Les auteurs de ces accusations s’appuient sur le rôle de Wissam Al–Hassan dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, qui a conduit jusqu’au Hezbollah, et sur son rôle dans le démantèlement des réseaux syriens, dont celui de Michel Samaha, pour étayer leurs accusations et engager la responsabilité du Hezbollah.

La mort de Wissam Al–Hassan, fervent défenseur de la souveraineté du Liban, a suscité des réactions violentes dans la rue sunnite à Beyrouth. Plusieurs axes routiers sont coupés par des pneus en flamme. C’est sans doute pour éviter tout débordement et une explosion entre les Sunnites affligés et les Chiites – responsables directement ou indirectement de ce crime – que le gouvernement a décrété une journée de deuil national, demain samedi.

Stefano B. C.

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