Analyses

L’Etat doit soutenir les combattants de la vérité

La traduction de l’Interview de Philippe Karsenty par Gideon Kuts diffusée dans le Maariv du 15/02/2012
 
Ils n’étaient pas des soldats anonymes, mais ils étaient et sont restés des soldats solitaires ; aujourd’hui leurs noms sont déjà connus : le médecin Dr. Yehuda David et l’économiste politique et critique des médias Philippe Karsenty. Je me souviens du temps où Karsenty, le citoyen français, parcourait les bureaux des employés et des ministres à Jérusalem en suppliant : « Allons, aidez-moi à effacer l’accusation de crime rituel qu’est la mort de Mohammed al-Dura. » Combien il était déprimé d’être considéré comme le « fou du village », en raison de son combat. Bientôt, la Cour de Cassation de Paris doit trancher sur le pourvoi de France 2, qui refuse de reconnaître que ce ne sont pas les tirs de Tsahal qui ont tué Mohammed al-Dura, contrairement à ce qu’a affirmé cette chaine de Télévision.
 
Nous espérons qu’il sera relaxé, comme l’a été le Docteur David.
 
Il est aussi de notre devoir de rappeler un autre combattant, totalement anonyme, lui, qui était en première ligne pour la défense d’Israël : la ligne qu’on appelle « Hasbara », pour contrer les mensonges et fausses accusations des médias. Cet homme était un avocat juif anglais, Steven Sugar, qui a combattu pour dévoiler un rapport interne de la BBC, le Rapport Balen (http://en.wikipedia.org/wiki/Balen_Report). Ce rapport examinait en profondeur si les reportages de la BBC sur le conflit Israélo palestinien, étaient biaisés au détriment d’Israël.
 
Cette semaine, la Cour Suprême de Grande Bretagne a rejeté la demande de publication du Rapport, et a justifié la demande de la BBC de refuser sa publication. De quoi ont donc eu peur les responsables de la BBC, en dissimulant le contenu du rapport critique ?
 
L’avocat Sugar, décédé entre-temps, ne sait pas que sa demande a été rejetée. Mais lui aussi, a livré combat pendant des années, tout comme Karsenty le Français, et comme le Docteur David, l’Israélien. Et je demande : « l’Etat s’est-il associé aux côtés de ces 3 personnes admirables afin de les soutenir, les aider, leur remonter le moral… ?
 
Ayant suivi de près « le fou a l’idée fixe », Karsenty, ma réponse définitive est : « Non et non. »
 
Cette semaine, à la demande du premier ministre, le gouvernement doit décider du remboursement des frais énormes du Docteur David.
 
Lui aussi, comme la « troïka », a mené notre combat.
 
Nous savons qu’aujourd’hui, la guerre se pratique, non seulement avec des tanks et des avions, mais aussi au niveau de la « hasbara ».
 
Il n’y a pas l’ombre d’un doute : les batailles livrées par Karsenty, le Docteur David et l’Avocat Sugart, (Z,L) ne sont pas les dernières.
 
Cette guerre continue. Nul ne sait quels en seront les résultats, mais il faut en tirer une leçon et la mettre en application.
 
L’Etat doit soutenir et encourager ces combattants anonymes et annoncer clairement : « Vous n’êtes plus seuls. »
 
 
 
 

Victor Perez – Charles Enderlin et Laurent Zecchini font une triste paire

On ne présente plus les deux ‘’journalistes’’ qui, du haut de leur clavier et concernant le conflit proche-oriental, nuisent, à longueur de colonnes et de reportages, à la bonne compréhension et à l’intelligence de leurs habitués. Enderlin de France 2 et Zecchini du quotidien Le Monde ne démordent pas quant à l’accusation du ‘’meurtre’’ de l’enfant Mohamed A-Dura par les soldats israéliens en l’an 2000. Un ‘’crime’’ dont nul n’a encore une seule preuve à ce sujet. Pas même la couleur du sang de l’enfant ou même du père qui, paraît-il fut blessé. Un manque qui n’a pas empêché Laurent Zecchini d’être, comme beaucoup dans la profession, signataire de la pétition Pour Charles Enderlin. Une carence qui n’a pas embarrassé l’envoyé permanent à Jérusalem de reprendre, sur son blog, un de ses articles en soutien où, évidemment, la thèse de l’assassinat est confortée malgré un énième procès perdu.
 
Le papier en question, intitulé Quand M. Nétanyahou récupère politiquement des thèses médicales, affirme leur vision à travers le prisme de l’arrêt rendu le 15 février dernier par la Cour d’Appel de Paris. Un jugement qui a relaxé le Docteur Yehuda David qui avait certifié avoir opéré le père de l’enfant en 1994. Soit quelques bonnes années avant le ‘’drame’’.
 
Ce verdict n’étant pas en la faveur de leur théorie anti-israélienne, Laurent Zecchini fait donc appel au « professeur Rafi Walden, directeur adjoint de l’hôpital Sheba de Tel-Aviv, l’un des responsables de l’ONG humanitaire Médecins pour les droits de l’homme, une conscience morale incontestée, qui se trouve être… le gendre et médecin personnel du président israélien Shimon Pérès ! »
 
Avec une telle carte de visite comment aller contre ? Un individu, cependant, qui, concernant l’Affaire Mohamed A-Dura, n’a fait que consulter le dossier médical de Jamal A-Dura sans jamais contrôler sa véracité. Un dossier que la partie civile n’a pas jugé bon de présenter au tribunal mais qui, en revanche, a servi la plaidoirie du chirurgien Yehuda David. Bref ! Une carte de visite qui alourdit plus qu’il n’aide la paire de journaleux dès lors que l’on sait que ce dossier médical, constitué par un hôpital jordanien, est datée du 02 octobre 2000 alors que Jamal A-Dura à traversé la frontière internationale deux jours plus tard. Soit le 04 octobre 2000.
 
Mais d’autres incohérences s’installent dès lors que l’intelligence retrouve sa liberté !
 
La première d’entre elles est de s’étonner que Jamal A-Dura lise le français. La seconde est de savoir qu’il lui a été possible, à partir de la bande de Gaza, de s’abonner à l’hebdomadaire communautaire français Actualité juive dans lequel fut diffusé le témoignage du Docteur Yehuda David. La suivante est de sourire à l’idée du coût d’une procédure judiciaire. Mais la meilleure est de s’interroger quant aux raisons de Jamal A-Dura, partie civile en ce procès, qui lui ont interdit de se présenter devant une commission de médecins pour dater ses blessures et garantir une victoire judiciaire ?
 
Une victoire qui aurait empêché définitivement tout quidam d’affirmer, haut et fort, que son absence justifie l’accusation de la « mise en scène » destinée à porter atteinte à l’image d’Israël.

 

 
La paire de journaleux ne nous informera pas sur tous ces sujets, malgré que l’accès à celui-ci leur soit facile.
 
Qui lui a fourni le journal ? Lui a traduit l’article ? Financé son procès ?
 
Elle préfère se contenter d’escamoter les raisons de l’absence de tout contrôle médical de ses blessures. De radoter « l’histoire du petit Mohammed Al-Doura, cet enfant palestinien dont la mort dans les bras de son père, en octobre 2000, avait été filmée par un cameraman du correspondant de France 2 à Jérusalem ». D’assurer que « la cour d’appel ne s’est pas prononcée sur le fond » et que « La relaxe de la cour stipule simplement que le médecin n’était pas de mauvaise foi et qu’il s’est exprimé sur une base factuelle suffisante ».
 
Bref ! Pas de quoi rassurer leurs fans. Des allégations qui ressortiront probablement dès lors que la Cour de Cassation confirmera le 28 février 2012 la relaxe de Philippe Karsenty. Un  procès de plus qui autorisera alors celui-ci, le Docteur David, Benjamin Netanyahou et tous leurs soutiens -et ils sont nombreux- à crier « victoire pour la justice et pour la vérité » !
 

Un succès qui autorisera alors à confirmer que la déontologie n’est plus de mise à France 2, au quotidien Le Monde mais aussi dans tous les organes de presse qui ont soutenu et supporte encore le ‘’professionnel’’ plutôt que la recherche de la vérité.

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Ci-dessous, la traduction d’un éditorial de Yaakov Achimeir paru dans Israel Hayom : L’Etat doit soutenir les combattants de la vérité

Ils n’étaient pas des soldats anonymes, mais ils étaient et sont restés des soldats solitaires ; aujourd’hui leurs noms sont déjà connus : le médecin Dr. Yehuda David et l’économiste politique et critique des médias Philippe Karsenty. Je me souviens du temps où Karsenty, le citoyen français, parcourait les bureaux des employés et des ministres à Jérusalem en suppliant : « Allons, aidez-moi à effacer l’accusation de crime rituel qu’est la mort de Mohammed al-Dura. » Combien il était déprimé d’être considéré comme le « fou du village », en raison de son combat. Bientôt, la Cour de Cassation de Paris doit trancher sur le pourvoi de France 2, qui refuse de reconnaître que ce ne sont pas les tirs de Tsahal qui ont tué Mohammed al-Dura, contrairement à ce qu’a affirmé cette chaine de Télévision.
 
Nous espérons qu’il sera relaxé, comme l’a été le Docteur David.
 
Il est aussi de notre devoir de rappeler un autre combattant, totalement anonyme, lui, qui était en première ligne pour la défense d’Israël : la ligne qu’on appelle « Hasbara », pour contrer les mensonges et fausses accusations des médias. Cet homme était un avocat juif anglais, Steven Sugar, qui a combattu pour dévoiler un rapport interne de la BBC, le Rapport Balen (http://en.wikipedia.org/wiki/Balen_Report). Ce rapport  examinait en profondeur si les reportages de la BBC sur le conflit Israélo palestinien, étaient biaisés au détriment d’Israël.
 
Cette semaine, la Cour Suprême de Grande Bretagne a rejeté la demande de publication du Rapport, et a justifié la demande de la BBC de refuser sa publication. De quoi ont donc eu peur les responsables de la BBC, en dissimulant le contenu du rapport critique ?
 
L’avocat Sugar, décédé entre-temps, ne sait pas que sa demande a été rejetée. Mais lui aussi, a livré combat pendant des années, tout comme Karsenty le Français,  et comme le Docteur David, l’Israélien. Et je demande : « l’Etat s’est-il associé aux côtés de ces 3 personnes admirables afin de les soutenir, les aider, leur remonter le moral… ?
 
Ayant suivi de près « le fou a l’idée fixe », Karsenty, ma réponse définitive est : « Non et non. »
 
Cette semaine, à la demande du premier ministre, le gouvernement doit décider du remboursement des frais énormes du Docteur David.
 
Lui aussi, comme la « troïka », a mené notre combat.
 
Nous savons qu’aujourd’hui, la guerre se pratique, non seulement avec des tanks et des avions, mais aussi au niveau de la « hasbara ».
 
Il n’y a pas l’ombre d’un doute : les batailles livrées par Karsenty, le Docteur David et l’Avocat Sugart, (Z,L) ne sont pas les dernières.
 
Cette guerre continue. Nul ne sait quels en seront les résultats,  mais  il faut en tirer une leçon et la mettre en application.
 
L’Etat doit soutenir et encourager  ces combattants anonymes  et annoncer clairement : « Vous n’êtes plus seuls. »

Encore l’affaire Al-Dura !

Le magazine Regards, de la communauté juive de Belgique, a diffusé dans sa dernière parution du 1er février un article intitulé « Al-Dura : L’affaire dans l’affaire » qui visait à recueillir l’appréciation d’observateurs de ce débat qui continue d’occuper la place publique. Lire l’opinion mais aussi les révélations de quelques uns de ces observateurs à la lueur de la décision de l’avocat général, Jean Berkani, de recommander le 14 février dernier à la Cour de Cassation de rejeter le pourvoi de Charles Enderlin et France 2, contre les arrêts rendus en faveur de Philippe Karsenty les 3 octobre 2007 et 21/05/2008 par la Cour d’appel de Paris, est parfois très intéressant, parfois plus que comique.

Lire l’article complet sur victor-perez.blogspot.com

Victor Perez – L’AFP, un facteur d’antisémitisme

Pour beaucoup, l’Agence Française de Presse (AFP) est devenue depuis plusieurs années une agence de désinformation au service de la « Palestine ». Pas une dépêche, ou presque, ne donne l’impression que l’Etat d’Israël est autre qu’un état vil. A tel point qu’il est loisible dorénavant de s’interroger sur l’antisémitisme réel qui borde la réflexion de ses ‘’journalistes’’ s’occupant du conflit proche–oriental ! Une réflexion pourtant à la portée de tout un chacun, mais que ceux–ci rejettent dès lors que l’occasion autorise la présentation de l’état juif comme accusé.

Il y a quelques jours, le reporter Hazem Bader de ladite agence affirmait, images (1) à l’appui, qu’un ‘’palestinien’’ a été renversé par une remorque tirée par un tracteur agricole conduit par un « soldat israélien ».

Thèse que Mahmoud Abou Q’beita, le ‘’palestinien renversé’’, a d’ailleurs confirmé lors de l’interview (2) donné le 1er février:

« Question : qui conduisait ?

– C’était l’un d’entre eux qui conduisait, l’un des militaires, des Israéliens. Je ne sais pas qui c’était. C’était notre tracteur, pour notre travail, mais il était dessus et il le conduisait ».

Pas le moindre doute n’est ici suggéré.

Lire l’article complet sur victor-perez.blogspot.com

L’incompétence du monde occidental face à l’Islam

L'incompétence du monde occidental face à l'Islam

Les pays dits de la civilisation moderne ont tenté, il y a quelques jours, par une résolution du Conseil de Sécurité de stopper le massacre de civils syriens par le bras armé de la famille Assad qui règne depuis plusieurs décennies sur le pays. Une maison que connaissent pourtant bien les hommes politiques de tout bord qui ont eu peu ou prou les commandes des manettes de leurs pays entre leurs mains. Peu ou pas, pendant leurs mandats, ont agi pour que ce carnage n’ait jamais lieu. Le business, la realpolitik étaient les raisons de leur impuissance commune. Les milliers de victimes actuelles, mais aussi les plus anciennes, sont donc d’abord les martyrs de ceux qui affirment à tout propos leur soit disant quête de paix et des droits de l’homme.

Lire l’article complet sur victor-perez.blogspot.com

Banalisation de l’antisémitisme, Par CAROLINE B. GLICK

Jerusalem Post 19/01/2012
http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=254400Adaptation française de Sentinelle 5772
L’antisémitisme est aujourd’hui justifié sur la préférence donnée au nationalisme panarabe et palestinien sur le nationalisme juif.
L’antisémitisme peut ne pas encore être mis à l’épreuve de son l’acceptabilité sociale aux USA, mais il est certainement devenu acceptable.
La preuve de cet état de fait lamentable a été apportée cette semaine par la publication d’un portrait élogieux du Pr. John Mearsheimer de l’université de Chicago, dans la revue ‘Atlantic Monthly’, rédigé par le gourou maison de la politique étrangère, Robert Kaplan.
Mearsheimer est l’auteur, avec le Pr. Stephen Walt, de l’Ecole de gouvernement Kennedy à Harvard, du livre tristement célèbre paru en 2007 « The Israel Lobby and US Foreign Policy » [le lobby d’Israël et la politique étrangère des USA]. Depuis la publication du livre, Mearsheimer est devenu l’un des antisémites les plus en vue en Amérique.
L’article de Kaplan était une tentative évidente de réhabilitation de Mearsheimer pour faire valoir sa théorie ‘réaliste’ du lobby pro-Israël dans les affaires internationales.
La théorie ‘réaliste’ de Mearsheimer proclame que la sphère internationale existe dans un état d’anarchie perpétuelle. En conséquence, le facteur motivant les actions des Etats dans les affaires internationales, ce sont leurs intérêts nationaux. La moralité proclame-t-il, n’a aucune place dans ces affaires.
Le fondement intellectuel important de cette théorie a fait de Mearsheimer l’un des plus éminents spécialistes de sciences politiques en Amérique dans les années 1990. Etant lui-même ‘réaliste’, en particulier en lien avec l’ascension de la Chine en superpuissance, Kaplan pensait peut-être qu’en réhabilitant Mearsheimer, il contribuerait à convaincre les décideurs politiques d’adopter une approche réaliste de la Chine.
Mais quelles que soient les motivations de la rédaction de ce portrait, et quel que soit son éventuel impact sur la politique des USA à l’égard de la Chine, le portrait de Mearsheimer par Kaplan a servi à banaliser un antisémite et ce faisant, à valider à son intolérance.
Il est devenu nécessaire de réhabiliter Mearsheimer parce que depuis les années où lui et Walt ont publié leur théorie de la conspiration contre Israël et ses partisans américains, Mearsheimer a activement adopté des éléments marginaux aux USA et dans le monde pour valoriser sa campagne de discrédit contre Israël et ses partisans.
Comme Alan Dershowitz l’a mis en exergue en novembre dernier, Mearsheimer a rédigé une apologie enthousiaste d’un livre hystériquement antisémite rédigé par le musicien de jazz britannique antisémite, le prolifique Gilad Atzmon. Ce livre, intitulé ‘The Wandering Who ?’ [Quel est l’Errant ?] est bourré de dénégations de l’Holocauste, de déclarations sur les Juifs qui contrôleraient le monde et l’Amérique, de portraits d’un D.ieu juif malin et corrompu, et il prétend qu’Israël est pire que l’Allemagne nazie.
Dans son apologie, Mearsheimer a qualifié le livre de « fascinant », et dit qu’il « devrait être lu aussi bien par les Juifs que les non juifs ». Pour Kaplan, le soutien de Mearsheimer à Atzmon n’était qu’une simple faute. Mais bien au contraire. C’était une décision transparente de la part de Mearsheimer d’user de sa notoriété pour légitimer ses propres opinions antisémites.
Dans un discours au ‘Palestine Center’ en avril 2010 par exemple, Mearsheimer a fait le distinguo entre les « bons » Juifs et les Juifs « néo – Afrikaners ». Les premiers sont les Juifs qui s’opposent à Israël et l’attaquent et les seconds sont les Juifs qui soutiennent et défendent Israël. En aseptisant l’intolérance de Mearsheimer par son portrait sympathique, Kaplan a banalisé sa haine. Et Kaplan n’est pas le seul.
Le portrait de Mearsheimer par Kaplan fait partie d’un courant plus large aux USA, dans les lettres, la politique et la culture selon lequel l’antisémitisme devient de plus en plus acceptable. Comme Adam Kirsch l’a remarqué cette semaine dans un article sur le magazine ‘Tablet online’, la dispute centrale sur le ‘Lobby Israel’, à savoir qu’une cabbale de Juifs déloyaux et de leurs partisans a obligé les USA à adopter une politique pro Israël à l’encontre de ses intérêts nationaux, a trouvé une expression récente dans les écrits de journalistes du courant majoritaire, y compris le rédacteur du ‘New York Times’ Tom Friedman et celui du ‘Times’ Joe Klein.
La semaine dernière, le magazine ‘Foreign Policy’ online, détenu par le ‘Washington Post’ – qui publie un blog régulier de Stephen Walt, a publié un article de Mark Perry déclarant qu’en 2007 et 2008, des agents du Mossad se sont fait passer pour des agents de la CIA dans une opération tortueuse dont le but était de bâtir une relation de coopération avec le groupe pakistano-iranien terroriste Jundallah opposé au régime baloutche.
L’article de Perry se fondait uniquement sur des sources anonymes. Son but évident était de discréditer la notion même de coopération du renseignement israélo-américain sur l’Iran.
Après la publication de l’article de Perry, Israël a délaissé son comportement habituel de ne jamais commenter les questions de renseignement. Le ministre des affaires étrangères a dénoncé cet article comme une « totale absurdité ».
Ce que la revue ‘Foreign Policy’ n’a pas dit aux lecteurs, c’est que Perry n’est pas un journaliste objectif. C’est un ancien conseiller de Yasser Arafat et l’avocat de la prise de contact des USA avec le Hamas et le Hezbollah. En omettant de mentionner ces biais, ‘Foreign Policy’ est devenue un accessoire de la banalisation de l’antisémitisme. Comme le ‘Lobby Israel’, l’article de Perry dans ‘Foreign Policy’ ajoute à la légitimité de l’attitude qui prête une erreur fondamentale aux relations étroites avec l’Etat juif.
Peut-être que si Mearsheimer et Walt avaient publié leur version de la mise à jour des ‘Protocoles des Sages de Sion’ en 1997 au lieu de 2007, ils auraient été reçus de la même manière : ils se seraient tenus dans la meute dominante pendant plusieurs années, mais alors l’acceptation et le soutien graduels à leur intolérance aurait évolué depuis les marges vers le courant dominant.
En cinq ans, ils auraient été réhabilités par ‘l’establishment’. Mais selon toute probabilité, cela n’aurait pas été le cas.
C’est un fait qu’au tournant du siècle, et en particulier à la suite de l’effondrement du processus de paix israélo-palestinien en 2000 – effondrement précipité par le rejet par Arafat d’un Etat palestinien, et à la suite des attaques du 11 septembre 2001 contre les USA, l’antisémitisme est devenu bien plus acceptable aux USA et à travers le monde. Le nombre des attaques contre les Juifs s’est envolé et la guerre intellectuelle contre Israël et ses partisans juifs a crû de façon toujours plus virulente.
L’ascension de l’antisémitisme aux USA a de nombreuses causes, mais trois développements parallèles ressortent. D’abord, le développement de stations satellitaires arabes comme Al Jazeera a porté la haine antijuive du monde arabe dans le discours occidental.
Il est vrai, la plupart des occidentaux rejettent la forme éradicatrice de la propagande antisémite comme brutale et erronée. Mais la haine antijuive véhiculée par ces émissions a eu un impact corrosif sur le discours occidental. Elle a accoutumé les observateurs aux mensonges mis au cœur de la propagande.
Ainsi, alors que qu’ils peuvent rejeter les appels quotidiens à détruire les Juifs, les Occidentaux ont de plus en plus internalisé la proclamation basique que les Juifs méritent d’être haïs. Prenez par exemple un article du ‘Washington Post’ la semaine dernière sur la décision de l’Egypte d’interdire aux fidèles juifs de faire leur pèlerinage annuel sur le tombeau du sage de la Torah Rabbi Yaakov Abuhatzeira.
Le narratif prétend que les Egyptiens se sont opposés à Israël du fait de leur comportement à l’égard des Palestiniens et parce que l’attaque terroriste à travers la frontière égyptienne en août dernier « a conduit au meurtre d’au moins cinq garde-frontière égyptiens pendant que des soldats israéliens poursuivaient les ‘militants’ présumés ». C’est à dire, selon le ‘Washington Post’ exactement comme le déclarent les media panarabes, qu’Israël est entièrement responsable de la haine arabe contre les Juifs.
Et puis il y a bien sûr les media européens.
Cette semaine, le journal chrétien hollandais ‘Trouw’ a publié un article sur les soins prénataux en Israël, rédigé par Ilse van Heusden. Celle-ci a écrit sur les soins médicaux de très haute qualité qu’elle a reçus en Israël où elle a vécu temporairement et où elle a donné naissance à un fils en bonne santé. Plutôt que de vanter les soins attentifs qu’elle a reçus, Van Heusden les a attaqués. Elle a déclaré que la médecine prénatale de classe mondiale en Israël est un produit de son adhésion à l’eugénisme et de sa similitude avec l’Allemagne nazie. Comme elle l’a formulé : « Etre enceinte en Israël est comparable à une opération militaire. D’innombrables échographies et tests biologiques sanguins doivent produire un bébé parfait, rien ne doit être laissé au hasard. L’Etat exige des bébés sains et en grand nombre ».

La décision du journal ‘Trouw’ de publier l’attaque antisémite de Heusden n’est qu’un élément parmi les articles innombrables publiés dans les media européens décrivant les Israéliens comme de méchants Juifs enclins à user de la science et de tous les autres moyens à leur disposition pour faire progresser les objectifs pleins de malignité des Juifs de dominer le monde, de génocide, d’apartheid, et de mal en général. Quand Israël ose se plaindre de ces attaques, les politiciens européens et les célébrités des media sont prompts à se dresser et à défendre leur droit à la liberté d’expression.
C’est ainsi que le ministre des affaires étrangères de Suède Carl Bildt – qui empêcha la publication de toutes les caricatures de Mohammed dans les media suédois – se dressa avec le tabloïd suédois ‘Aftonbladet’ quand celui-ci publia en 2009 un article accusant des soldats de Tsahal de tuer des Palestiniens pour prélever leurs organes. Dans l’esprit des antisémites, en tentant de s’opposer à cette accusation de crime rituel, Israël prouvait qu’il cherche à contrôler les media.
Les mensonges des media européens sur Israël se sont traduits dans les politiques gouvernementales officielles de mensonges sur Israël. C’est ainsi que l’Assemblée Nationale française a publié le mois dernier un rapport sur la géopolitique de l’eau incluant une diatribe de 20 pages prétendant qu’Israël utilise l’eau comme une arme d’apartheid contre les Palestiniens.
Pour rédiger ce rapport, les législateurs français ont dû ignorer non seulement le contenu de l’accord israélo-palestinien sur l’eau dans leur Accord Intérimaire de 1995. Ils ont dû ignorer le fait basique qu’Israël donne à l’AP bien plus d’eau que l’accord ne le demande, et ils ont prêté des intentions malignes au gouvernement israélien. C’est dire qu’ils ont dû adhérer à l’irrationalité de l’antisémitisme.

Parallèlement à la pénétration de l’antisémitisme arabe dans le discours occidental via les media panarabes, et l’adhésion à un antisémitisme manifeste dans les media et la classe politique européens au cours de la décennie passée, nous avons été les témoins du développement d’une alliance entre la Gauche occidentale et les mouvements islamistes.

L’adoption par la Gauche internationale des émules du Hamas, des Taliban, de l’Iran et des ‘Frères Musulmans’ a augmenté le niveau d’aisance des décideurs politiques américains de Gauche et isolationnistes dans l’adhésion à des positions hostiles à d’Israël. Ainsi, au moment même où le gouvernement Obama fait une cour assidue aux Taliban, aux ‘Frères Musulmans’ et au régime iranien, selon ‘Chanel 2’, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a refusé de rencontrer le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman lors de son prochain voyage à Washington. ‘Channel 2’ rapporte que des officiels américains de haut rang ont dit : « Lieberman est un obstacle à la paix. Nous ne voulons pas figurer sur une photo avec lui ni ce qu’il représente ».

L’antisémitisme est un préjugé basé sur le rejet de la raison. Pour le combattre, il ne suffit pas de réfuter les affirmations des semblables de Mearsheimer. Lui et ses collègues doivent être discrédités et leur potentialisateurs être couverts de honte.

Mais avant que cela n’arrive, la communauté juive mondiale et les Israéliens doivent identifier ce qui survient. L’antisémitisme est de nouveau à la mode. Sa nouvelle justification n’est pas la race ou la religion. C’est le nationalisme. L’antisémitisme d’aujourd’hui est justifié par la préférence donnée au nationalisme palestinien et panarabe sur le nationalisme juif.

Et comme ses prédécesseurs raciste et religieux, son but est de nier aux Juifs le droit d’être libres. Face à cette agression, le Peuple juif en Israël et dans la Diaspora a deux alternatives. Nous pouvons soit succomber face à nos ennemis, ou bien nous pouvons résister.

caroline[at]carolineglick.com

Charles Etienne NEPHTALI – Souvenons-nous du 10 janvier 1944

Souvenons-nous du 10 janvier 1944

 

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Enfants juifs « encadrés » par les gendarmes français 

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Enfants poussés dans un wagon à bestiaux 

Ce jour-là, près de 364 juifs dont plus de 50 Enfants de Bordeaux et de sa région furent raflés et enfermés dans la Grande Synagogue de Bordeaux (qui fut pendant une semaine transformée en « prison ») avant d’être déportés à Drancy puis à Auschwitz.

 

Ces rafles de Bordeaux concernaient plus spécifiquement des Juifs français car Darnand, chef de la Milice, modifia radicalement la politique française concernant « l’arrestation cette catégorie de Juifs » par la Police française.

 

La Commémoration de cette rafle eut lieu en la Synagogue de Bordeaux dimanche dernier, 15 janvier, en présence du Grand Rabbin de France, Monsieur Gilles Bernheim.

 

Je crois savoir, et le regrette, qu’aucun documentaire n’a été diffusé à la télévision comme ce fut le cas en avril 2011 lorsque France 2 diffusa celui d’Emmanuel Hamon relatif à l’infâme M. Papon, ce « caméléon de la politique » (l’expression n’est pas de moi), excellent documentaire qui me fit revivre des événements d’il y a quelques années. J’ai en effet assisté à quelques séances du procès Papon et retrouvé dans mes archives différents textes personnels concernant ce Monsieur qui fut secrétaire général de la préfecture de la Gironde.

 

Je me permettrais de vous envoyer l’un d’entre eux écrit le 18 mars 2007, relativement long, dont j’actualise quelques références et dans lequel je relatais le procès Papon.

 

Pour en revenir au documentaire de France 2 ci-dessus mentionné, je signalerais qu’il retrace le parcours politique de Papon, cet homme bardés de décorations…………………et ce certains principes. De cet homme successivement pétainiste, gaulliste, giscardien et « barriste » (je fais allusion à M. Barre dont il fut ministre de son gouvernement).

 

Il est à remarquer que Papon, quoi qu’il ait pu en dire, avait un point commun avec MM. Pétain, de Gaulle, Giscard d’Estaing et Barre : le regard qu’il portait sur les Juifs. L’ex-Maréchal Pétain ne les aimait pas (c’est un euphémisme). Il signa et corrigea même en l’aggravant le « statut des Juifs » (*), le Général de Gaulle trouvait qu’ils appartenaient à un peuple « sûr de lui et dominateur », M. Giscard d’Estaing ne daigna même pas visiter l’Etat juif qu’il se contenta de regarder à la jumelle depuis la Jordanie, quant à M. Barre, il les distingua par 2 fois des « Français innocents » (**).

 

 

(*) En octobre 2010, suite à la découverte du « statut des Juifs » annoté de la main de Pétain, R. Paxton déclara : « J’ai écrit dans La France de Vichy qu’il était "indifférent" au sort des Juifs… Mais ce document bouleverse cette interprétation. Il passe du statut de l’acteur passif à l’acteur véritable. Il aurait même été plus loin que ses collègues… ». Pour sa part, Serge Klarsfeld déclara entre autres « Ce document montre qu’il a bel et bien imprimé sa marque antisémite; il voulait montrer aux Allemands qu’il l’était autant qu’eux ».

(**) Ce Monsieur, déjà auteur de l’indécente déclaration d’octobre 1980 lors de l’attentat contre la Synagogue de la rue Copernic faisant une différence entre des Juifs en prières et des « Français innocents » et qui déclencha le 17 octobre 1997 la polémique en affirmant que Papon, « homme dévoué et efficace », aura été « un bouc émissaire », « insista » à nouveau, peu de temps avant de quitter ce monde, sur les « Français innocents » rappelant au passage son amitié pour Gollnish, cet homme condamné pour propos négationnistes.

 

Charles Etienne NEPHTALI

Actuellement à Boston

 

1.690 paires d’yeux étaient dans la tombe et regardaient Papon  

« Ici-bas »

ou

Un accusé arrogant et sans remord

 

Papon, cet homme méprisant, méprisable détestable, répugnant, suffisant et hautain, ce haut fonctionnaire très (et même trop) zélé, très (et même trop) occupé par sa carrière, très (et même trop) obéissant, rouage d’une implacable machine de collaboration, ne renia rien de son passé, clamant son innocence et poussant l’infamie jusqu’à déclarer : « Je n’ai ni remord, ni regret et si c’était à refaire, je le referais ». Aura-t-il rencontré les 1690 personnes juives, dont 250 enfants, ces innocents qu’il a, par une simple signature, alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, envoyées à la mort ……… et dans quelles conditions ! 

Un demi siècle de silences et de complaisances aura précédé ce procès historique et exemplaire (1), même si pour certains la modicité de la condamnation aura laissé un goût amer, un goût d’inachevé.

 

Un demi siècle de silences et complaisances que nous « devons », pour différentes raisons, au Général de Gaulle, à M. Giscard d’Estaing et à M. Mitterrand.

 

Un demi siècle de silences et complaisances qui permirent à Papon, décoré de la Francisque (mais il n’est malheureusement pas le seul dans ce cas, suivez mon regard en direction d’un certain ancien président de la République aujourd’hui décédé !) d’avoir, et là est le scandale,…….la Légion d’Honneur ! (2)

 

Un demi siècle de silences et complaisances qui lui permirent, alors que son « parcours » peu glorieux, et même minable, contre les Juifs et que sa responsabilité dans l’organisation des convois de la mort pour Drancy (et Auschwitz) n’étaient pas tout à fait inconnus du sommet de la hiérarchie de l’Etat,

- d’être deux fois élu Député,

- d’être nommé Préfet de Corse et de Constantine,

- d’être nommé en 1954 à un poste important auprès du Résident Général de France au Maroc et

- d’occuper en 1978 le poste de Ministre du Budget dans le gouvernement Barre, sous la présidence de M. Giscard d’Estaing, ce M. Barre qui, le 1er mars 2007, fit des déclarations (antisémites) élogieuses pour Papon au sujet desquelles, d’ailleurs, je n’ai pas eu vent à ce jour de réactions de la part de l’ancien Président de la République susnommé !

 

Orgueilleux, alors que sa Légion d’Honneur lui fut retirée le 2 avril 1998 suite à sa condamnation à 10 ans de réclusion criminelle pour «complicité de crimes contre l’humanité», Papon sera condamné à 2.500 euros d’amende en 2004 et 2005 pour port illégal de sa décoration.

 

Malgré cela, malgré l’indignation des familles de ses victimes et de la classe politique, Papon, en guise d’une ultime provocation, en guise de « revanche post-mortem », fut enterré avec sa Légion d’Honneur. Quelle insulte inutile à ces 1.690 personnes juives, dont 250 enfants !

 

Certes, les obsèques d’une personne sont l’affaire privée d’une famille. Si celles de Papon l’étaient restées (privées), j’aurais pu écrire, pour reprendre une expression d’un certain ministre ayant abandonné son poste, certains diront « l’ayant déserté », au moment de la première guerre du Golfe, « Peu me chaut que Papon soit enterré avec sa Légion d’Honneur ». On aurait même pu y ajouter sa casquette et son uniforme de Préfet et, pourquoi pas, son stylo avec lequel il envoyait ses pauvres victimes sans défense à la mort ! Mais il en fut fait une publicité indécente, voire provocatrice, afin de respecter, paraîtrait-il, la « volonté du défunt » !

 

Cependant, à n’en point douter, sa décoration ne lui servira à rien « Là-haut ». L’insulte à la Légion d’Honneur est, je crois, le fait que cette illustre décoration ait pu être portée au même revers de veste sur lequel la Francisque le fut !!

 

Ainsi donc, après avoir connu les plus grands honneurs de la France, M. Papon est mort à 96 ans, certes libre, certes bénéficiant jusqu’à sa mort d’un traitement de faveur mais condamné. Condamné peut être pas à la hauteur de sa conduite mais condamné quand même, et là est l’essentiel !

 

Mais il aura fallu seize années de procédure pour que Papon comparaisse enfin devant la cour d’assises de la Gironde présidée par le juge Jean-Louis Castagnède (3). Il m’a été donné d’assister à quelques audiences de ce mémorable procès et d’en lire des comptes-rendus. J’ai encore en mémoire cet homme froid, plein de mépris (4), à l’œil glacial, prenant des notes et tenant tête à certains témoins d’une façon virulente malgré son âge et son « état de santé ». Et toujours, oui toujours, c’est un scandale et une honte, pas le moindre regard, pas la moindre compassion pour les parties civiles. Il aurait même eu le front de déclarer « ….., je dois vous dire que le Noël 1943 nous ne l’avons pas fêté. Je me souviens qu’avec ma femme nous avons pleuré après le départ du convoi du 23 décembre. Je n’ai cessé de porter dans mon cœur le deuil des déportés juifs » !

 

Il me souvient encore de cette audience du 31 octobre 1997 après une semaine d’interruption du procès. Ce jour-là, furent mis au cœur des débats Vichy et sa criminelle politique antisémite qui rendirent les Juifs vulnérables. Politique discriminatoire qui permit de perpétrer un « crime de masse » dénoncée par le professeur-historien américain Robert Paxton (5) lors d’une magistrale déposition de plus de trois heures suivie d’une avalanche de questions. R. Paxton insista sur la mise en place, dès le 3 octobre 1940, du premier « Statut des Juifs » (6) et poursuivit sa déposition par un historique implacable contre « L’Etat français…..[qui] a participé à la politique d’extermination des Juifs ». La défense, en la personne de Me Varaut, contesta ce témoignage estimant qu’« un historien n’était pas un témoin ». Puis il y eut une mise en cause d’Henri Amouroux, journaliste-écrivain présent à la barre.

 

Il me souvient encore de cette pénible et douloureuse audience du 22 décembre 1997 traitant du départ le 26 août 1942 de 423 personnes pour Drancy puis pour Auschwitz le 31 août, 423 personnes parmi lesquelles se trouvaient 81 enfants dont 18 furent « arrêtés » avec leurs parents lors de la rafle du 16 juillet 1942. Des enfants dont le plus âgé, Albert, avait 16 ans et le plus jeune, Léon,…..1 an (une journaliste parla même de quelques mois). Léon fut déporté avec ses frères (Maurice 3 ans, Simon 5 ans) et sa sœur (Charlotte 9 ans). Pénible et douloureuse audience pendant laquelle furent cités les noms de ces petits enfants condamnés à mort parce que Juifs, Nelly et Rachel, William et Gérard, Pauline et Jacqueline, Bertrand et Adolphe, Anna et Léon, Sylvain et David…….Ces 81 enfants embarqués avec leurs dérisoires baluchons et leurs quelques petits jouets !! 

 

Il me souvient encore de cette audience du 23 décembre 1997 au cours de laquelle, pour la deuxième journée consécutive, il fut question des enfants du convoi du 26 août 1942 dont les parents avaient été déportés 5 jours plus tôt. Ces malheureux gosses jetés dans les wagons, leurs cris, leurs pleurs, un « voyage » de plusieurs jours au bout de l’enfer dans des conditions inimaginables avec la chaleur, la soif, la faim, la peur et, au final…..le gaz, le feu et la fumée pour tous ! Et pourtant Papon affirma à plusieurs reprises……..qu’il avait sauvé des Juifs ! En fin de journée, déclarant qu’il était « très fatigué et [avait] besoin de repos pour parachever sa guérison », l’audience fut renvoyée au 5 janvier 1998. « Des vacances de Noël pour Papon », ironisèrent certains !!

 

Il me souvient encore qu’à la reprise de son procès, en pleine forme malgré ses 87 ans, Papon montra et démontra qu’il était un homme à poigne n’ayant aucun mot de compassion pour la déportation des 81 enfants mais sachant s’apitoyer et s’attendrir sur son propre sort, allant jusqu’à déclarer « Je joue mon destin, ma fin de vie, ici ! ». D’une arrogance et d’une pugnacité à peine croyables, il interrompit à plusieurs reprises le procureur général, Henri Desclaux lors de cette audience du 5 janvier 1998 reconnaissant seulement, et à la limite, n’avoir commis qu’un « crime….de naïveté ». A bout d’arguments au sujet du sort des Déportés, Papon se permit cette réflexion à un avocat des parties civiles « Je ne joue plus avec vous » !!

 

Il me souvient encore de cette audience 14 janvier 1998 consacrée au 4ème convoi et à la rafle du 19 octobre 1942. Michel Slitinsky, alors âgé de 17 ans, parvint à s’évader. C’est lui qui, en 1981, « accusa » Papon via Le Canard enchaîné et grâce à des documents retrouvés par l’historien Michel Bergès.

 

Il me souvient encore de cette audience du 21 janvier 1998 au cours de laquelle Michel Slitinsky témoigna « au nom de tous les siens », de son père Abraham et de sa sœur Alice. Il raconta sa longue traque, son combat dans la Résistance et sa rencontre fortuite à Bordeaux avec deux policiers……………….auteurs de l’arrestation de sa famille.

 

Il me souvient encore de cette audience du 4 février 1998 au cours de laquelle furent évoquées la rafle du 10 janvier 1944 au cours de laquelle 364 Juifs de tous âges dont plus de 50 Enfants furent arrêtés à leur domicile et leur déportation quelques jours plus tard vers Drancy. Tous les Juifs arrêtés par la police et la gendarmerie françaises furent parqués……….….dans la Synagogue.

 

Il me souvient encore de cette audience du 10 février 1998 et du terrible et émouvant face à face entre les familles des victimes et Papon, Papon qui n’eut jamais le moindre mot de regret. Et pourtant il fut question, entre autres, de la déportation et de l’assassinat à Auschwitz le 25 janvier 1944 d’une famille entière, la mère, le père et leurs 9 enfants………..dont un nouveau né de quelques jours !

 

Il me souvient encore de cette audience du 11 février 1998 et l’évocation du dernier convoi du 13 mai 1944 composé uniquement de 57 personnes de plus de 70 ans, de malades arrachés de leur lit d’hôpital, de mutilés de guerre dont Jules Kahn,…………..amputé, Officier de la Légion d’Honneur et titulaire de la Croix de Guerre ! Manifestement, ces malheureuses gens n’allaient pas « dans des camps de travail » comme Papon le déclara la veille avant de se rétracter. Papon qui s’exclama : « Je suis la victime expiatoire des parties civiles » !

 

Il me souvient encore de cette audience du 4 mars 1998 avec le témoignage de Jean Pierre-Bloch, âgé de 93 ans, dernier survivant du « jury d’honneur » convoqué en 1981 par Papon, ce jury d’honneur qui le disculpa tout en concluant qu’il « aurait dû démissionner des ses fonctions en juillet 1942 ». Jean Pierre-Bloch affirma que l’accusé n’avait jamais été résistant contrairement à ce qu’il voulait bien faire croire et, avec humour, ajouta que si Papon avait été résistant, il ne l’aurait été que……bien clandestinement !

 

Je n’ai pas assisté aux plaidoiries mais ai encore souvenance de ce jeudi 2 avril 1998 où Papon qui, jusqu’au bout, et j’insiste sur ce point, ne manifesta aucun regret, fut condamné à dix ans de réclusion criminelle pour « complicité de crimes contre l’Humanité » après une délibération de 19 heures et après……….16 années de procédure ! A noter qu’Arno Klarsfeld, représentant Ita et Jacky Junger (7 et 3 ans) plaida le 10 mars 1998, pour « une peine équitable relevant que Papon n’était ni Barbie ni Touvier ».

 

 

*

* *

 

« Là-haut »

ou

Paroles imaginaires d’une enfant de 9 ans (7)

« Pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ? »

 

« Monsieur, Monsieur, je te connais mais toi tu ne me connais pas. Je m’appelle Charlotte, j’avais 9 ans quand tu as signé un papier. Et à cause de ce papier, on m’a enfermée dans un wagon avec 80 autres enfants qui tous avaient peur et beaucoup pleuraient. Pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ?

 

Déjà, avant, on nous avait obligés à porter une étoile jaune sur nos habits, on n’avait plus le droit d’aller dans les parcs jouer comme les autres enfants qui n’avaient pas d’étoile sur leurs vêtements, on nous avait renvoyés de l’école. Je ne sais pas si c’est toi qui as fait ça mais c’est à cause de toi que j’ai été jetée dans ce wagon avec mes petits frères, Simon qui avait 5 ans, Maurice qui avait 3 ans et Léon qui n’avait même pas 1 an. On n’avait plus nos parents, ils avaient aussi été mis dans des trains à cause de toi et on n’avait plus de nouvelles d’eux. Pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ?

 

Notre train est parti le 26 août 1942. Pendant que les autres enfants qui ne portaient pas une étoile jaune étaient en vacances et s’amusaient à la plage ou ailleurs avec leurs papa, leur maman, leur frère, leur sœur, leurs amis, nous on était là, entassés dans ce wagon, on avait chaud, on avait soif, on avait faim, on avait peur. Il y en avait beaucoup qui pleuraient et les grands qui avaient 14, 15 ou 16 ans consolaient les plus petits. Mon petit frère Léon était le plus petit, il n’avait même pas 1 an. Il y avait d’autres enfants qui comme mes 2 autres frères avaient 5 et 3 ans et même moins. Pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ?

 

Le train a roulé longtemps pour arriver dans un endroit qui s’appelait Drancy. Il y avait plein de monde qui portaient l’étoile jaune comme nous, il y avait des messieurs, des madames, des papis, des mamies. Ils étaient arrivés de partout en France dans des autobus et dans des trains accompagnés par des gendarmes et des agents de police français. C’était horrible de voir tout ça. Et puis, on nous a mis dans un autre train, pour un autre long voyage de plusieurs jours et plusieurs nuits et même chose, on était entassés, on avait chaud, on avait soif, on avait faim, on avait peur. On faisait pipi et caca sur nous et ça sentait très mauvais. Pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ?

 

Et puis le train s’est arrêté dans un endroit qui s’appelait Auschwitz. On nous a fait descendre, on nous a bousculés, on nous a frappés. Dans le wagon, des gens étaient morts pendant le voyage. Là, il n’y avait pas d’agents de police français comme à Bordeaux et à Drancy mais des militaires allemands avec des gros chiens qui aboyaient. Il y avait déjà beaucoup de monde, d’un côté des messieurs, de l’autre des vieilles personnes, des mamans qui tenaient des bébés dans leurs bras et des enfants. A côté du train, il y avait des messieurs avec la tête rasée qui portaient comme des pyjamas rayés et des étoiles jaunes. Pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ?

 

Tout le monde a laissé les petits bagages qu’ils avaient pu emporter. Nous, les enfants, on a dû se séparer de nos nounours et de nos poupées qu’on avait encore pu garder avec nous jusqu’à maintenant. On nous a fait courir, des messieurs, des grands garçons, des grandes filles et des madames ont pris les plus petits dans leurs bras. Quand il y en avait qui tombaient, les militaires allemands criaient avec des paroles qu’on ne comprenait pas, les frappaient avec des gros bâtons ou les tuaient avec leurs fusils. Pourquoi ils nous faisaient ça, Monsieur, on ne leur avait pourtant rien fait ?

 

Et après, on nous a fait mettre tout nus, les messieurs, les madames les enfants et les bébés. On nous a fait entrer dans une grande pièce où il y avait comme des douches au plafond. On était tous serrés, on ne pouvait plus bouger. Les bébés et les plus petits étaient tenus au dessus des têtes des grands. Les enfants et des madames pleuraient. J’ai entendu des Rabbins et des autres messieurs qui faisaient des prières comme à la Synagogue. Les portes de la pièce se sont fermées et de la fumée est sortie du plafond. On avait les yeux et la gorge qui piquaient, on ne pouvait plus respirer et on est tous morts. Après, ils nous ont brûlés. Plus loin, des militaires allemands jetaient même des bébés vivants dans du feu. Dans des bâtiments, des docteurs allemands faisaient des expériences sur des bébés, des enfants, des messieurs et des madames qui étaient jumeaux. Pourquoi ils nous faisaient ça, Monsieur, on ne leur avait pourtant rien fait ?

 

On est tous montés au ciel, il y en avait qui étaient déjà là et d’autres sont arrivés après. Un jour, un groupe de 44 enfants est arrivé d’un endroit qui s’appelait Izieu. Une autre fois, un autre groupe est arrivé de Beaune-la-Rolande et Pithiviers. Ils avaient tous souffert comme nous à cause de gens méchants comme toi. A la fin de la guerre, on était ici plus de 76.000 personnes et parmi elles 11.400 enfants qui venaient de France. Mais il y en avait qui venaient de tous les pays. En tout, on était 6 millions avec 1 million et demi d’enfants. Pourquoi ils nous ont fait ça, Monsieur, on ne leur avait pourtant rien fait ? Et Pourquoi toi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ? Et malgré ça, sur terre, il y a des gens qui disent que tout ça n’a pas existé, que tout ça ce n’est pas vrai ou qu’il n’y a pas eu autant de morts. Dernièrement, en France, un ancien ministre important qui ne doit pas beaucoup aimer les Juifs a dit que tu étais un monsieur très bien et que tu n’aurais pas mérité d’être jugé parce que tu n’avais fait que ton devoir. C’était ton devoir, Monsieur, d’envoyer des innocents à la mort ? Il devrait avoir honte ce monsieur qui est maintenant devenu vieux. Nos Parents et nous, on n’a pas eu cette chance de devenir vieux et pourtant, on n’avait rien fait de mal. On était seulement Juifs. 

 

Tu sais, du ciel on voit tout et on sait tout même quand on arrive ici tout petits. On a tous vu comment toi, qui avais été très méchant avec nous, tu as été honoré après le guerre. Tu as été un monsieur très important, tu as eu plein de décorations qui ne te serviront à rien ici. Nous, on se demandait bien pourquoi, on ne comprenait pas. Et puis un jour tu as été attrapé grâce à un Monsieur de Bordeaux qui s’appelle Slitinsky. Sa famille avait été arrêtée à cause de toi. Il y a aussi un Monsieur qui s’appelle Klarsfeld qui a fait beaucoup de recherches pour attraper des gens comme toi et des autres criminels. Grâce à lui, il existe maintenant des livres où on peut voir nos photos et savoir plein de choses sur nous (8). Heureusement qu’il y a des gens comme ce Monsieur sur la terre ! Heureusement aussi qu’il y avait des gens gentils en France qu’on appelle des Justes qui ont sauvé des Juifs et qui ont caché beaucoup d’enfants qui ont eu plus de chance que les 11.400 enfants que nous sommes ici. Toi en bas, sur terre, tu as une tombe avec ton nom et des fleurs. Pour nous, il n’y a pas de tombe. Mais grâce à Monsieur Klarsfeld, on commence à nous connaître et savoir qui on était. Grâce à Monsieur Klarsfeld, il y a des plaques sur les murs des écoles où on allait avant qu’on porte l’étoile jaune et qu’on nous renvoie.

 

Tu sais, du ciel on voit tout et on sait tout même quand on arrive tout petits. On a tous vu comment tu as été jugé et comment tu ne regardais même pas nos familles ni ceux qui venaient dire ce qu’ils savaient. On a tous entendu dire que tu referais ce que tu as fait si c’était à refaire. Pourquoi tu as dit ça et pourquoi tu nous as fait ça, Monsieur, on ne t’avait pourtant rien fait ? On a vu comment on faisait attention à ta santé. Tu as eu de la chance parce que toi, tu ne t’es pas inquiété de tout ça pour nous les enfants, ni pour les papis, ni pour les mamies. On nous a fait souffrir et on nous a tués.

 

Après la fin de la guerre, il y a d’autres Juifs, des enfants, des messieurs et des madames qui sont arrivés ici. Ils venaient d’un pays, Israël, que je ne connaissais pas. Ils avaient été tués avec des bombes et des fusils par des gens qu’on appelle des Arabes. Ils n’avaient pas des prénoms comme nous, ils s’appelaient Shalevet, Golda, Noam, Matan, Rony, Samy, Moshe, Ehoud, Lior, Mataï et plein d’autres prénoms encore qu’on n’avait pas en France. Pourquoi des gens comme toi, pourquoi des Allemands, pourquoi des Arabes et pourquoi plein d’autres gens encore nous ont fait ça, Monsieur, on ne leur avait pourtant rien fait ?

 

Si je n’avais pas été tuée à cause de toi, j’aurais maintenant 74 ans, je serais une mamie, j’aurais eu des enfants et des petits- enfants qui peut être auraient été docteurs, ingénieurs, écrivains, journalistes et même avocats et juges, comme les juges qui t’ont condamné pour tout le mal que tu nous as fait. Si les 6 millions de Juifs n’avaient pas été tués, il y aurait eu en bas, sur terre, plus de chercheurs et plus de docteurs et peut être que beaucoup de maladies n’existeraient plus maintenant.

 

Il y a quelques semaines, un Monsieur qui s’appelle l’Abbé Pierre est arrivé ici. C’est quelqu’un qui avait fait beaucoup de bien sur la terre. Mais il était l’ami d’un monsieur qui disait que ce qui nous est arrivé n’était pas vrai. Et il y a quelques jours, une Madame qui s’appelle Lucie Aubrac est aussi arrivée ici. Elle avait presque ton âge. Elle a eu beaucoup de courage pendant la guerre. Avec son mari, avec un Monsieur qui s’appelle Jean Moulin et avec d’autres gens, elle a résisté aux Allemands. Pas comme toi ! Tu sais, du ciel on voit tout et on sait tout même quand on arrive tout petits.

 

Pendant longtemps en France on disait que c’étaient que les Allemands qui étaient responsables de tout ce qui nous est arrivé mais il y a douze ans, le Président de la République qui s’appelle Jacques Chirac a reconnu que la France et des gens comme toi étaient responsables de la souffrance des Juifs et de la mort de nous tous pendant la guerre. Tu vois qu’on a eu raison de te juger et de te condamner. Heureusement que tu es resté vivant longtemps, comme ça, tout le monde sur la terre a pu savoir tout le mal que tu nous as fait.

 

On était tous innocents Monsieur et c’est pour ça qu’on est tous ici dans cette partie du ciel avec ceux qui étaient gentils sur la terre. Mais des gens méchants et lâches comme toi qui s’attaquaient à des innocents sans défense ne resteront pas ici avec nous. Tu partiras avec tous les méchants et les lâches ailleurs, dans un autre endroit où c’est pas bien du tout et où tu souffriras. Tu seras puni pour tout le mal que tu nous as fait. La justice ici au ciel est plus sévère et surtout plus juste qu’en bas sur terre. Tu ne pourras plus trouver d’excuses et dire n’importe quoi devant cette justice.

 

Ici, D.ieu reconnaît ceux qui sont gentils et ceux qui sont méchants.

 

*

* *

 

Pour ma part, après « ces paroles » de Charlotte, j’aurais pu écrire que « D.ieu reconnaîtra les siens » et, en l’adaptant aux agissements de Papon, je ferais mienne la phrase qu’écrivait au sujet des Allemands le regretté Professeur Vladimir Jankélévitch dans « L’imprescriptible » en inversant les termes de la prière de Jésus dans l’Evangile selon Saint-Luc :

 

« Seigneur, ne pardonnez pas à Papon car il savait ce qu’il faisait »

 

 

Charles Etienne NEPHTALI

Le 18 mars 2007

____________________________________________________________

(1)  Papon fut le seul haut fonctionnaire du régime de Vichy a passer devant la Justice, Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, ami et protégé de M. Mitterrand, fut abattu peu de temps avant l’ouverture de son procès.

(2)  Le 12 juillet 1961, le Général de Gaulle remis la Légion d’Honneur à Papon, Préfet de police de Paris entre 1958 et 1967

(3)  Par une étrange coïncidence, par un hasard du sort, Monsieur Jean-Louis Castagnède est mort à 61 ans quelques heures après ce dernier.

(4)  Il est vrai que ce Monsieur était méprisant avec tout le monde, sauf avec ses supérieurs hiérarchiques avec lesquels, paraît-il, il était servile et obséquieux. Un ami me racontait dernièrement que Papon, alors Préfet, ne le regardait même pas lors de certaines réunions bien qu’il fut Haut-fonctionnaire à Constantine.

(5)  L’historien R. Paxton entama ses travaux dès 1967 s’appuyant sur des archives allemandes, américaines et anglaises et, beaucoup plus tard, françaises.

  1. Dès les 3 et 4 octobre 1940, le « statut des Juifs » (renforcé le 2 juin 1941) allait plus loin que l’ordonnance allemande du 27 septembre 1940 dans sa définition de la « race juive ».

(7) Partie volontairement rédigée comme une enfant de cet âge parlerait. Quant à ses connaissances, elles sont naturellement fictives et supposées acquises par « quelqu’un qui est au ciel ».

(8)  L’Association des Fils et Filles Déportés Juifs de France édite, grâce aux énormes travaux et recherches de Serge et Béate Klarsfeld entrepris en 1994 « Le Mémorial de Enfants Juifs déportés de France ». A ce jour, près de 3600 visages d’enfants assassinés dans « la nuit des camps » sont visibles dans l’ouvrage d’origine et ses 7 additifs que chacun d’entre nous se devraient d’avoir dans sa bibliothèque. Ces documents, que j’acquiers régulièrement dès leur parution et dont j’offre des exemplaires à l’occasion de fêtes familiales, comportent, outre les photos émouvantes de ces malheureuses petites victimes innocentes du temps où la vie était belle, du temps de leur bonheur et de leur vie familiale, leur nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresses d’arrestation, centres de rassemblement, numéros et dates des convois qui les conduisirent à leur anéantissement. Je possède d’ailleurs pratiquement tous les ouvrages publiés par les FFDJF. Régulièrement de nouveaux additifs sont publiés.

A l’Hôtel de Ville de Paris se tient en ce moment une remarquable exposition organisée par les FFDJF et la Mairie de Paris sur « Les 11.400 Enfants Juifs déportés de France entre juin 1942 et août 1944 ». Tout le monde devrait s’y rendre. Vous y verrez les petits visages innocents de celles et ceux qui aujourd’hui auraient pu être nos Parents ou nos Grands-Parents sans la sauvagerie et l’inhumanité de gens comme Papon.

 

Charles Etienne NEPHTALI

18 mars 2007

 

PS : Fin 2011, le « Le Mémorial de Enfants Juifs déportés de France » comportait 9 additifs. En couverture de l’additif n° 9, figurent le beau sourire de Claude-Eve Marcovici, 6 ans, née à Nice, arrêtée à Carcassonne et déportée par le convoi n° 75 du 30 mai 1944 ainsi que le fac-similé de sa lettre à son cousin, Jacques Wolzok à Monaco accompagné de 2 petits dessins.

 

Au total, avec cet additif, ce sont 3.961 visages d’Enfants Juifs déportés de France que Serge Klarsfeld nous fait « revivre ».

 

Vous pourrez acquérir les additifs 3 à 9 en vous adressant à FFDJF, 32 rue La Boëtie 75008 Paris.

Charles Etienne NEPHTALI

17 janvier 2012 

Caroline Glick – La véritable guerre en Iran

Adaptation française de Sentinelle 5772 © Jerusalem Post 02 Dec 2011

Le véritable objectif ces temps–ci doit être l’implosion du régime. Sans plus de bavardages

Quelque chose arrive en Iran. Des forces sont en mouvement. Mais que se passe–t–il ? Et quelles sont les forces qui sont en mouvement ? Depuis l’explosion d’une bombe cette semaine à Ispahan, les media dans le monde se sont répandus en spéculant que la guerre contre le programme d’armes nucléaires de l’Iran a commencé. Mais si la guerre a commencé, qui combat ? Quels sont les objectifs (des participants) ? Et quels sont les méthodes et moyens d’attaques ?

Mercredi, le ‘Times’ de Londres a publié un article souvent repris, sur l’explosion cette semaine à Ispahan. L’article avait trait à l’attaque à la bombe sur l’installation comme « site d’enrichissement de l’uranium ». Mais il n’y a pas de site d’enrichissement de l’uranium à Ispahan. Plutôt une installation de conversion de l’uranium (UCF en anglais).

Comme le site Internet d’analyse d’information « La Paix Manquante » [The Missing Peace] l’expliquait, une UCF est une installation où le concentré d’uranium (Yellowcake) est transformé en hexafluorure d’uranium, ou UF6. En Iran, l’UF6 d’Ispahan est envoyé à Natanz, où il est enrichi.

Alors que l’UCF d’Ispahan peut être une cible raisonnable dans une attaque tous azimuts contre le programme nucléaire de l’Iran, ce n’est pas une installation vitale. Selon l’analyste militaire J.E. Dyer, ce ne serait pas une cible prioritaire pour les gouvernements occidentaux dont l’objectif primaire est de neutraliser le programme nucléaire de l’Iran.

Comme Dyer l’a dit dans un message sur Internet sur le site « Hot Air » : « Des gouvernements prennent leurs décisions sur le choix des cibles en se fondant sur des critères qui placeraient l’UCF d’Ispahan à plusieurs encablures derrière sur la liste des sites à frapper en novembre 2011. C’est une installation de correction dans le réseau de production du matériau fissile, et elle a déjà réalisé ce qui doit l’être pour assembler un arsenal d’armes multiples. La conversion de l’uranium est aussi une ‘technologie maîtrisée’ ; l’Iran peut la reconstituer assez rapidement ».

Dyer conclut que du fait que du fait de la faible valeur du site pour les gouvernements occidentaux, « il est extrêmement improbable qu’un tel gouvernement ait perpétré l’attaque ». Si Dyer a raison, alors qui a attaqué le site d’Ispahan et pourquoi ?

L’ignorance par le public américain des implications d’un Irak dominé par l’Iran après le retrait [des troupes US] n’est pas surprenante. Le gouvernement Obama les a laissés dans l’ignorance et les media ont largement suivi l’option du gouvernement en les minimisant.

Le Dr. Michael Ledeen, un expert de l’Iran à la ‘Fondation pour la Défense des Démocraties’ basée à Washington a écrit lundi au site ‘PJ Media’ que l’attaque sur Ispahan, comme les attaques il y a deux semaines contre la base aérienne de Bidganeh et deux autres bases des Gardiens de la Révolution, ont été conduites par des membres du ‘Mouvement Vert’ (1), opposé au régime. Lors de ces attaques, le Major Général des Gardiens Iraniens de la Révolution (IRGC) Hasan Tehrani Moghaddam a été tué et quelques 180 missiles balistiques Shihab–3 ont été détruits.

S’adressant à « The Missing Peace », Daniel Ashrafi, un militant iranien anti–régime vivant au Canada a déclaré qu’une visite du chef suprême Ali Khamenei à la base de Bidganeh était programmée au moment de l’explosion, mais il fut retardé.

Si c’est vrai, cela marquerait pour la seconde fois qu’une installation fait l’objet d’un attentat à la bombe au moment où l’un des dirigeants de haut rang de l’Iran avait prévu de visiter le site. En mai, la raffinerie de pétrole d’Abadan a été le siège de l’explosion d’une bombe pendant la visite du site par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Avec le voile de secret qui recouvre toutes les opérations en Iran, toute tentative d’évaluer ce qui survient sur le terrain est forcément spéculatif. Mais la spéculation peut être utile si elle est fondée sur une évaluation raisonnée des objectifs variés de divers acteurs et sur la probabilité de leur volonté d’agir seuls ou de concert avec d’autres pour aboutir.

Dans le cas du « Mouvement Vert », ce qui a commencé comme un mouvement de protestation après que le régime eût volé le résultat des élections présidentielles en 2009, s’est transformé dans les mois de protestations suivants avec répression par le régime, en un mouvement révolutionnaire de grande amplitude. Plus guère satisfait d’exiger que Ahmadinejad renonce au pouvoir et que des élections équilibrées aient lieu, le « Mouvement Vert » a commencé d’appeler et à œuvrer en faveur du renversement du régime dans son ensemble. Et depuis l’an dernier, les installations du régime ainsi que les membres les plus importants des Gardiens de la Révolution ont été ciblés de façon régulière. Comme le ‘Washington Post’ l’a rapporté la semaine dernière, depuis 2010 il y a eu une multiplication par cinq du nombre d’explosions sur les oléoducs et les raffineries iraniennes. Quels que soient ceux qui sont derrière les explosions, il s’agit clairement de cibler les biens de haute valeur économique de l’Iran.

Et désormais ils se sont tournés vers les installations militaires et les sites nucléaires.

Cette escalade dans la guerre de sabotage contre le régime iranien fournit deux leçons importantes aux décisionnaires politiques occidentaux dans l’évaluation des options pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. D’abord, cela nous rapporte que la croyance occidentale populaire qu’une coalition de frappe américaine ou israélienne sur les installations nucléaires de l’Iran entraînerait le ralliement du public iranien autour du régime est une totale absurdité. Dans le cas de l’explosion à la bombe d’Ispahan par exemple, il y a deux scénarios possibles pour un responsable. Le premier, il est possible, comme Ledeen l’argumente et Dyer le conclut, que l’attaque était l’œuvre d’opposants au régime agissant de leur propre initiative. Le second, il est possible, comme des officiels cités par les media l’ont suggéré, que c’était un effort de coopération entre des opposants locaux au régime et de forces étrangères.

Dans les deux cas, il est clair qu’au moins certains Iraniens ont la volonté de cibler les installations nucléaires de leur pays si ce faisant, cela fait mal au régime.

Au sommet des protestations du « Mouvement Vert » contre le régime en 2009, le président des USA Barack Obama a justifié sa décision de ne pas prendre le parti des protestataires anti–régime en déclarant que si les USA devaient les soutenir, ils perdraient la crédibilité populaire. Selon ses termes, il serait contre–productif pour les USA « d’être considérés comme se mêlant de ce qui ne les regardait pas » dans les affaires intérieures de l’Iran, « étant donnée l’histoire des relations américano–iraniennes ».

Et pourtant, ce que nous observons c’est que personne ne se rallie au régime. Les attaques sur Ispahan et Bidganeh, que le régime a tôt fait, tout à la fois de dénier et de reprocher à des gouvernements étrangers, n’a pas entraîné le ralliement du Peuple aux côtés des mollahs. De même, les attentats à la bombe répétés contre les installations pétrolières n’ont pas suscité le soulèvement de soutien public pour le régime. Au contraire : la discorde intérieure avec le régime continue de s’élever à mesure que chute le niveau de vie de l’Iranien moyen.

Cela nous amène aux « Etudiants » qui ont lancé une attaque contre l’ambassade britannique mardi dernier. Jeudi, le régime a libéré de prison tous les « étudiants » arrêtés pour avoir attaqué et mis le feu à l’ambassade et retenu brièvement en otage le personnel anglais. Leur libération est une nouvelle preuve que les agresseurs de l’ambassade n’étaient ni des étudiants, ni en colère contre la Grand Bretagne. Plutôt, comme le ministre anglais des affaires étrangères William Hague et d’autres l’ont allégué, c’étaient des hommes de main du régime qui appartiennent aux même forces Bassiji que celles qui ont massacré, torturé et violé les protestataires anti–régime du Mouvement Vert en 2009.

Selon les agences de presse iraniennes officielles, les « étudiants » ont attaqué l’ambassade britannique parce qu’ils étaient furieux que la Grande Bretagne interrompe ses liens avec la Banque Centrale d’Iran. Si Obama avait raison, et si les actions opposées au régime étaient contre–productives, alors nous pourrions attendre de la part de vrais étudiants, comme ceux qui avaient appelé au renversement du régime en 2009, qu’ils protestent à l’extérieur de l’ambassade britannique. Mais le fait qu’ils sont restés chez eux pendant que leurs agresseurs tournaient leurs matraques contre les Anglais est une preuve assez claire que Obama ne savait vraiment pas de quoi il parlait.

Et comme les déclarations d’Obama à la suite de l’attaque contre l’ambassade britannique l’ont montré clairement, il continue de comprendre fondamentalement de travers la situation en Iran. Réagissant à l’agression, Obama a dit : « Je presse fortement le gouvernement iranien de soumettre à la réprimande les responsables ». C’est–à–dire que le président des USA a choisi de faire mine que « les responsables » étaient différents du régime : ce qui n’est pas le cas.

La réponse d’Obama fait partie de sa non–réponse au plan de l’Iran de bombarder des cibles à Washington D.C. Elle est aussi dans le droit fil de son refus d’envisager des sanctions contre la Banque Centrale d’Iran et son secteur pétrolier. De plus, l’insistance permanente d’Obama pour œuvrer à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU pour augmenter les sanctions sur l’Iran en dépit du fait que le soutien russe et chinois à l’Iran a bloqué cette décision, montre clairement qu’il n’est pas sérieux du tout quant à l’utilisation par les USA de leur puissance pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires.

Heureusement, l’abandon par le gouvernement Obama du rôle traditionnel des USA de ‘leader’ du monde libre n’a pas empêché les gouvernements occidentaux et les forces régionales de la liberté d’agir pour leurs intérêts communs. La Grande Bretagne et la France ont répondu à l’agression du régime iranien contre l’ambassade britannique en ralliant des nations européennes occidentales à l’alourdissement de la campagne de l’UE pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. A l’opposé du gouvernement Obama, qui continue de qualifier faussement le programme nucléaire de l’Iran de menace contre Israël seulement, les Européens veulent de plus en plus reconnaître que le programme et le régime constituent une grave menace pour la sécurité européennes et la sécurité mondiale dans son ensemble.

Alors que le gouvernement Obama argumente en grognant qu’un embargo sur le pétrole iranien fera monter les prix du pétrole, cette semaine, les Britanniques ont appelé ouvertement à un tel embargo. En vérité, cela ferait beaucoup plus de mal à l’Iran qu’à l’économie mondiale. L’Europe constitue 20 à 25 % des exportations de pétrole iranien, mais celui–ci représente seulement 5 %* des importations européennes de pétrole. Au moins à court terme, l’Arabie saoudite peut prendre le relais, assurant ainsi la stabilité les prix mondiaux du pétrole.

En l’absence de ‘leadership’ des USA, une coalition et une stratégie pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires et de continuer à terroriser l’Occident à émergé. D’abord, nous disposons de l’opposition iranienne qui est apparemment activement impliquée dans le sabotage destiné à renverser le régime. Ensuite, nous avons Israël qui est totalement engagé pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Enfin, nous avons des Etats européens de premier plan qui sont de plus en plus déterminés à prendre des mesures pratiques dans cet objectif.

Il existe beaucoup d’opportunités de coopération entre ces forces. Dans un entretien avec le ‘New York Times’ après que le rapport de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) ait démontré le programme d’armement nucléaire iranien le mois dernier, Jean–Jacques Guillet qui a publié un rapport sur l’Iran pour l’Assemblée Nationale Française, a déclaré que l’objectif de ces forces doit être de renverser le régime. Selon ses termes : « Si nous faisons fortement pression sur le régime, il pourrait y avoir une implosion. Le véritable objectif ces temps–ci doit être l’implosion du régime, sans plus de bavardages ».

Guillet a suggéré que la France interrompe le service du satellite vers l’Iran. Les réseaux de télévision de l’Iran sont diffusés par le réseau français Eutelsat.

Couper les diffusions du régime, placer sous embargo les exportations iraniennes de pétrole, et aider activement les forces anti–régime à saboter les installations du régime, y compris les installations nucléaires, cela a le potentiel d’atteindre les objectifs d’empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires et de faciliter la prise du pouvoir par des démocrates pro–occidentaux dans ce pays.

Clairement, la participation des USA à une telle stratégie coopérative serait d’une grande aide. Mais entre les explosions à Ispahan et à Bidganeh et la montée des attaques sur d’autres cibles du régime, et la réponse particulièrement énergique de l’Europe à l’attaque de l’ambassade britannique, il est possible que ces objectifs soient atteints y compris avec les USA suivant loin derrière.

Note du traducteur :

1 – Mouvement Vert : à ne pas confondre avec les différents mouvements écolos en Europe

Caroline Glick

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

Victor Perez – Meir Dagan, sauveur de l’Etat d’Israël ?

L’ancien militaire et directeur du service de renseignement israélien (Mossad) s’est lancé un nouveau défi. A savoir, sauver l’état d’Israël de lui–même en créant un « (…) mouvement populaire visant à opérer un changement rapide du régime politique actuel » car celui–ci « (…) constitue une menace pour l’avenir de l’Etat, et son maintien inchangé conduira à sa perte ».

Selon Meir Dagan, ce seraient les petits partis qui par leur poids indéniable dans le système électoral à la proportionnelle quasi intégrale rendrait le système politique instable et donc dangereux pour le pays. Si sa décision a tout d’un acte politicien, ce régime politique, cependant, existe depuis la renaissance de l’état juif et n’a point entraver un développement continu et envié malgré les guerres militaires, diplomatiques et économiques qu’il subit encore de nos jours.

Son système électoral autorise une fois tous les quatre années au maximum –lorsque la durée de la législature est respectée– la représentation la plus fidèle du corps électoral. Obligation est donc faite ensuite aux responsables des partis d’établir une coalition de gouvernement obtenant au minimum soixante et un sièges, soit la majorité absolue des élus et, en conséquence, celle de la population.

Une coalition politique contraignant ainsi les partis à s’entendre perpétuellement, sauf à dissoudre la Knesset et retourner s’enquérir du verdict du peuple. Ce qui est, à n’en pas douter, la base de la démocratie et évite à celle–ci de se déliter par un système rigide où l’électeur n’est consulté qu’épisodiquement et à date fixe.

Une alliance qui impose également à ces partis gouvernants un respect constant de leurs propres électeurs. Sauf à risquer d’être délaissés et marginalisés lors de prochaines élections, voire de disparaître s’ils acquiescent à un programme différent sans leurs accords.

Enfin, une entente politique devant servir le débat perpétuel pour convaincre jusqu’à l’obtention d’une majorité sans laquelle nul dossier ne verrait son aboutissement.

Bref ! Un pacte de gouvernement garantissant au peuple qu’il est bien le patron et les élus ses serviteurs. Partage des rôles que l’on ne trouve nulle part dans un système majoritaire où les députés n’ont aucune incertitude quant à leur propre avenir pendant toute la durée de leur mandat et quel que soit la loi qu’ils auront soutenue. Le peuple étant tenu par son choix pendant le laps de temps déterminé par la législation, il ne lui restera plus alors que l’option de la manifestation ou celle de la frustration de voir son bulletin de vote dévalué voire ignoré. Ce qui encourage immanquablement les extrêmes ainsi que l’abstention et décompose lentement mais surement la démocratie par manque de discussion.

A titre de comparaison entre les deux systèmes politiques, Meir Dagan devra convaincre une majorité d’élus mais aussi du peuple avant d’obtenir toute modification légale. François Mitterrand, quant à lui, lors de son premier mandat de président et au plus bas des sondages d’opinions, par sa majorité acquise précédemment n’a guère hésité à modifier la loi électorale pour éviter une déroute législative au Parti Socialiste en 1986.

Changement inutile qui n’a pu empêcher le basculement de la majorité parlementaire ni l’entrée dans l’hémicycle du parlement de trente–deux députés du Front National. Exemple parfait d’un calcul politicien qui n’avait strictement rien à voir avec les besoins immédiats du peuple.

Si l’élection à la proportionnelle intégrale possède, certes, des inconvénients, à la différence du scrutin majoritaire il n’a pas celui d’ignorer les mandants. Ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.

Victor PEREZ

Lire l’article complet sur victor-perez.blogspot.com

Caroline Glick – Appeler les choses par leur nom

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Jerusalem Post 25 nov 2001

Les USA vont se retirer d’Irak vaincus, et les forces proaméricaines de la région et les USA récolteront le tourbillon de l’irresponsabilité de Washington

Le mois prochain, la longue campagne des USA en Irak prendra fin avec le départ des dernières forces américaines du pays. Etonnamment, la date de retrait qui approche a déclenché peu de discussions aux USA. Peu de gens ont pesé les conséquences probables de la décision du président des USA Barack Obama de lâchage des gains durement obtenus dans ce pays. Après que quelques 6.000 Américains eurent donné leur vie dans le combat pour l’Irak et que des centaines de milliards de dollars eurent été dépensés dans cette guerre, il est très étonnant qu’elle se conclue sur des bâillements aux corneilles.

La stupeur générale a été brisée la semaine dernière par la publication dans la revue « The Weekly Standard » d’un article intitulé : « Défaite en Irak : la décision de retrait des troupes américaines du président Obama est la mère de tous les désastres ». L’article a été rédigé par Frederick et Kimberly Kagan et Marisa Cochrane Sullivan. Les Kagan ont contribué à la conceptualisation de la stratégie réussie de contre–insurrection en Irak, connue sous la dénomination populaire de « Surge » [Bond, montée en puissance], que le précédent président George W. Bush a mise en oeuvre en 2007.

Dans leur article, les Kagan et Sullivan expliquent les implications stratégiques du retrait du mois prochain. Ils notent d’abord qu’avec ce retrait, la violence sectaire à laquelle le ‘Bond’ a mis fin efficacement reviendra en force selon toute probabilité. Le Premier ministre d’Irak, allié des Iraniens Nuri al–Maliki, purge l’armée irakienne, les services de sécurité et les services civils irakiens des commandants et des officiels de haut rang pro–occidentaux et anti–iraniens. Avec le consentement américain, Maliki et ses alliés shiites ont fait en sorte de manipuler efficacement les résultats des élections de mars 2010. Ces élections avaient donné au parti ‘Iraqiya’ dominé par les sunnites dirigé par l’ancien Premier ministre Ayad Allawi la légitimité de former le prochain gouvernement.

Du fait des actions de Maliki, les sunnites d’Irak se convainquent qu’ils ont peu à gagner en acceptant pacifiquement le gouvernement.

Les implications stratégiques des purges de Maliki sont claires. Quand les USA quitteront le pays le mois prochain, ils remettront leur victoire durement acquise en Irak à leur plus grand ennemi régional – l’Iran. Répétant la même attitude qu’à la suite du retrait précipité d’Israël du Liban Sud en mai 2000, les Iraniens et leurs vassaux du Hezbollah présentent le retrait américain d’Irak comme une victoire stratégique massive. Ils inventent aussi le rationnel d’une guerre poursuivie contre les Américains en retraite. Le vassal de l’Iran entraîné par l’Iran, Moqtada al–Sadr a déclaré que le personnel de l’ambassade de USA est une « force d’occupation » que les Irakiens ont le droit d’attaquer dans le but de les vaincre.

L’ignorance du public américain des implications suivant le retrait d’un Irak dominé par l’Iran n’est pas surprenante. Le gouvernement Obama les a ignorés et les media ont largement suivi la direction de l’administration dans leur sous–évaluation.

Pour sa part, le gouvernement Bush a consacré peu de temps à expliquer au public américain quelles étaient les forces combattant en Irak et pourquoi les USA les combattaient.

Les officiels de l’armée américaine admettaient fréquemment que les insurgés étaient formés, armés, et financés par l’Iran et la Syrie. Mais les décideurs politiques n’ont jamais pris de mesure contre ces pays menant la guerre contre les USA. Au delà du niveau tactique, l’Amérique ne voulait pas prendre de mesure efficace pour diminuer soit le soutien du régime à l’insurrection, ou lui faire payer le prix diplomatique ou militaire de ses actions.

De même pour Obama, comme les Kagan et Sullivan l’ont montré, le gouvernement a refusé de façon abjecte d’intervenir quand Maliki a volé les élections, et refusé de défendre les alliés des USA dans l’armée irakienne contre la purge pro–iranienne de Maliki du corps des officiers généraux. En refusant de prendre parti pour les alliés des USA, le gouvernement Obama a effectivement pris le parti des ennemis de l’Amérique, permettant aux forces alliées à l’Iran de s’emparer en Irak des appareils de sécurité conçus, formés et armés par les USA.

Toutes ces actions sont dans la lignée de la politique actuelle à l’égard de l’Egypte. Là–bas, sans mesurer les conséquences de ses actes, en janvier et février le gouvernement Obama a joué un rôle clé dans l’éviction de l’allié le plus sûr des USA dans le monde arabe, l’ancien président Hosni Moubarak. Depuis que Moubarak a été chassé de son poste, l’Egypte a été dirigée par une junte militaire surmontée par le Conseil Suprême des Forces Armées (SCAF). Du fait que le ‘SCAF’ est composé d’hommes qui ont été les subordonnés de Moubarak pendant ses 30 ans de règne, il partage beaucoup des intérêts institutionnels qui ont guidé Moubarak et fait de lui un allié fiable des USA. En particulier, le ‘SCAF’ est fort mal disposé à l’encontre du chaos et du radicalisme islamique.

Cependant, à l’opposé de Moubarak, le ‘SCAF’ est au pouvoir uniquement parce que les émeutes de protestataires sur la place Tahrir ont exigé que Moubarak démissionne pour permettre à une majorité civile de gouverner en Egypte. Par conséquent, la junte militaire est bien moins capable de tenir à l’écart les forces populistes de l’Egypte

Durant tout le long règne de Moubarak, la force la plus populaire en Egypte était les ‘Frères Musulmans’, d’inspiration jihadiste. Le populisme déchaîné par l’éviction de Moubarak a transformé nécessairement les Frères Musulmans en force politique la plus puissante d’Egypte. Si des élections libres avaient lieu la semaine prochaine comme c’était prévu, et si leurs résultats étaient respectés, dans moins d’un an, l’Egypte serait dirigée par les Frères Musulmans. Voilà le résultat pour le moins garanti quand les USA coupèrent la corde de Moubarak.

Mesurant le danger qu’un gouvernement des ‘Frères Musulmans’ constituerait pour les intérêts institutionnels de l’armée, ces dernières semaines, les généraux ont commencé de prendre des mesures pour retarder les élections, limiter le pouvoir du Parlement et différer les élections présidentielles. Leurs décisions ont provoqué une opposition massive de la part des forces populistes d’Egypte désormais pleinement légitimées et encouragées. Aussi ont–elles lancé ce qu’elles qualifient de «seconde révolution égyptienne ». Et les USA ne savent pas quoi faire.

A la fin de 2010, des professionnels de la politique étrangère des deux bords politiques à Washington se sont rassemblés pour former un groupe appelé « Working Group for Egypt ». ce groupe, avec des membres aussi dissemblables que Elliott Abrams de l’administration Bush et du ‘Council on Foreign Relations’ et Brian Katulis du ‘Center for American Progress’ ont choisi d’ignorer totalement le fait que les forces populistes en Egypte sont dans l’immense majorité jihadistes. Ils ont fait pression pour renverser Moubarak au nom de la « démocratie » en janvier et février. Aujourd’hui ils exigent que Obama prenne le parti des émeutiers de la place Tahrir contre l’armée. Et exactement comme il le fit en janvier et février, Obama va sûrement suivre leur conseil « bipartisan ».

De l’Irak à l’Egypte et de la Libye à la Syrie, comme des erreurs antérieures aussi bien des administrations Bush et Obama ont réduit et diminué les options des USA pour faire valoir leurs intérêts nationaux, l’Amérique est contrainte de faire des choix de plus en plus difficiles. En Libye, après avoir facilité le renversement de Mouammar Khaddafi, les USA sont confrontés à la perspective de devoir traiter avec un régime encore plus radical puisque jihadiste, doté de puissance, et qu’il transfère déjà des armes à des groupes terroristes et contribue à la prolifération d’armements non conventionnels. Si le gouvernement Obama et l’Establishment de politique étrangère des USA reconnaît la nature hostile du nouveau régime et s’abstient de le soutenir, ils seront obligés d’admettre qu’ils ont pris le parti des ennemis de l’Amérique en faisant tomber Khaddafi. Alors que Khaddafi n’était certainement pas Moubarak, il était au pire un adversaire impuissant.

En Syrie, non seulement les USA ont–ils refusé de prendre des mesures contre le président Bashar Assad malgré son parrainage actif de l’insurrection en Irak, mais le gouvernement a aussi échoué à cultiver les moindres liens avec les opposants au régime syrien. Les USA ont continué de les ignorer jusqu’à ce jour. Et maintenant, avec la chute d’Assad qui n’est qu’une affaire de temps, les USA se voient présenter un bel ensemble de direction de l’opposition, soutenue par la Turquie islamiste et dominée par les ‘Frères Musulmans’. Les forces libérales, proaméricaines en Syrie, y compris les Kurdes, ont été éliminées de la structure de pouvoir post–Assad.

En Egypte, après avoir adoubé la « démocratie » plutôt que leur allié Moubarak, les USA sont confrontés à un autre choix peu enviable. Ils peuvent soit prendre le parti de la junte, faible, mais pas vraiment hostile, qui dépend de l’aide financière des USA, ou bien ils peuvent prendre le parti des extrémistes islamistes qui cherchent leur destruction et celle d’Israël et ont le soutien du peuple égyptien.

Comment cette situation s’est–elle mise en place ? Comment est–il possible que les USA se retrouvent aujourd’hui avec si peu de bonnes options dans le monde arabe après tout le sang et l’argent sacrifiés ? La réponse à cette question est trouvée dans une large mesure dans un article du Pr. Angelo Codevilla dans le présent numéro de ‘Claremont Review of Books’ intitulée : « La décennie perdue » (‘The Lost Decade’).

Codevilla met en avant que la raison pour laquelle les USA se retrouvent dans leur position aujourd’hui est liée à un degré significatif à leur refus, après le 11 septembre 2001, d’identifier convenablement leur ennemi. La politique étrangère des élites des USA de toutes origines se refusait à envisager clairement la meilleure défense intérêts des USA parce qu’ils refusaient d’identifier ceux qui mettait le plus en danger ces intérêts.

La Gauche refusa de reconnaître que les USA étaient agressés par les forces de l’islam radical enhardies par des régimes suprématistes islamiques comme l’Arabie saoudite et l’Iran parce que la Gauche ne voulait pas que les USA livrent combat De plus, comme la Gauche croit qu’il faut reprocher à la stratégie politique des USA l’hostilité du monde islamique envers l’Amérique, les gauchistes ont favorisé une politique étrangère s’appuyant sur la conciliation des USA avec ses ennemis.

Pour sa part, la Droite a refusé de reconnaître l’identité et la nature de l’ennemi des USA parce qu’elle craignait la Gauche.

Ainsi, plutôt que de combattre les islamistes radicaux, avec Bush, les USA sont allés en guerre contre la tactique terroriste. Et il se trouve qu’ils ont été incapables de vaincre une tactique parce qu’une tactique n’est pas un ennemi. C’est juste une tactique. Et comme leur but de guerre était inaccessible, les objectifs déclarés de la guerre devinrent spectaculaires. Plutôt que de combattre pour défendre les USA, l’Amérique alla en guerre pour transformer le monde arabe depuis un état imprégné d’un extrémisme religieux indescriptible à un autre de plus en plus régi par un extrémisme religieux indescriptible mais démocratiquement élu.

La part du lion de la responsabilité de ce lamentable état de faits incombe à l’ancien président Bush et à son gouvernement. Alors que la Gauche ne voulait pas se battre ou vaincre les forces de l’islam radical après le 11 septembre 2001, la majorité des Américains le voulait. En satisfaisant la Gauche et en refusant d’identifier l’ennemi, Bush adopta une guerre de combats tactiques qui discrédita l’effort de guerre, démoralisa et divisa le public américain, ouvrant ainsi la voie à l’élection d’Obama qui faisait campagne pour un projet radicalement opposé à la guerre, de retraite et de conciliation.

Depuis qu’Obama a pris ses fonctions, il a suivi les recommandations idéologiques de la Gauche de mettre fin au combat contre les pires ennemis de l’Amérique et de chercher à les apaiser. Voilà pourquoi il a soutenu les ‘Frères Musulmans’ en Egypte. Voilà pourquoi il a ignoré les islamistes qui dominaient l’opposition à Khaddafi. Voilà pourquoi il a cherché à se concilier l’Iran et la Syrie. Voilà pourquoi il soutient l’opposition syrienne dominée par les ‘Frères Musulmans’. Voilà pourquoi il soutient le gouvernement islamiste turc. Et voilà pourquoi il est hostile à Israël.

Et voilà Pourquoi d’ici le 31 décembre 2011, les USA se retireront vaincus d’Irak, et que les forces proaméricaines de la région et les USA récolteront le tourbillon de l’irresponsabilité de Washington.

Il faut payer le prix de désigner un ennemi comme l’ennemi. Mais il y a un prix encore plus grand si on échoue à le faire.

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

LA FRAGILITE D’ISRAEL, Par Angelo Panebianco dans le Corriere Della Sera

Traduction: Albert CAPINO

C’est un cercle vicieux connu: l’obsession, et justifiée en soi, en quête de sécurité de ceux qui vivent constamment en danger, peut conduire à des erreurs qui augmentent l’insécurité encore plus. C’est arrivé à Israël. Bêtement tombé dans le piège préparé par les partisans du Hamas pour répandre le sang, le gouvernement israélien a donné un cadeau à ses ennemis (et ce sera un bien s’il paie la facture sur le plan électoral). Il a nourri l’hostilité générale envers Israël, le seul pays à qui on ne pardonne rien. En dépit d’être le seul pays qui vit dans un état de siège permanent, depuis sa fondation. Rien ne mesure la popularité d’Israël mieux que l’attitude de l’Organisation des Nations Unies. Où l’on passe souvent sur les crimes d’un quelconque régime sanguinaire, mais jamais sur ceux, réels ou imaginaires, de la démocratie israélienne. Appelez cela un pur lapsus freudien, mais beaucoup se souviennent de la carte du Moyen-Orient que les Nations Unies exhibaient et sur laquelle il n’y avait aucune trace d’Israël. La volonté de la majorité du Conseil des droits de l’homme, qui a ouvert aujourd’hui une mise en examen (avec seulement les voix des États-Unis, de l’Italie et de la Hollande qui ont voté contre) est en ligne avec une longue tradition d’hostilité onusienne biaisée et préconçue contre cet État.

Alessandro Piperno (Corriere du 2 Juin) a rendu un avis qui mérite une attention sur les sentiments des Israéliens aujourd’hui: «J’ai l’idée – écrit-il – qu’Israël est un pays où les gens plus ou moins consciemment, se sentent condamnés ( …) Peut-être ont-ils compris qu’ils peuvent gagner une autre bataille, mais la guerre est à la longue perdue. Ils ont constaté que la violence n’est plus utile à la cause depuis l’utopie du dialogue. ” Contre la survie d’Israël trois forces jouent : la démographie, la géopolitique et à l’hostilité d’une grande partie du monde (y compris une partie non négligeable de l’Europe).

Données démographiques, à savoir différents taux de croissance de la population juive et arabo-israélienne.

La géo-politique, à savoir le déclin de la puissance américaine et ses effets sur le Moyen-Orient.

La rupture de l’alliance entre la Turquie et Israël fait partie d’une distance plus générale que l’Etat turc prend vis à vis du monde occidental, accélérée par la perte de la puissance américaine.

Israël a jusqu’à présent dû sa survie à la protection de ses armes et celle des États-Unis. Si cette dernière faiblit, les armes ne seront pas suffisantes pour assurer le salut.

Ensuite, il ya l’aversion d’une grande partie de l’opinion publique mondiale. Certains prétendent que les préjugés antisémites n’ont rien à voir pour expliquer ce manque de loyauté envers la démocratie israélienne.

Il faudrait alors expliquer pourquoi la défense des Palestiniens est souvent accompagnée par une cécité face à la nature des mouvements islamistes et à la férocité des ennemis d’Israël. Je me souviens d’une lettre que j’ai reçue à la suite d’un article sur le conflit israélo-arabe. Après m’avoir accusé de nier l’évidence, à savoir la nature «criminelle» d’Israël, elle s’est terminée par une question: “Mais pourquoi défendre Israël, vous qui n’êtes même pas Juif?.”

Malgré ce que disent ses ennemis, Israël est une réalité fragile, précaire. Si un jour elle venait à être détruite, il y en a qui trinqueraient, même en Europe. Mais une telle tragédie anticiperait ou accompagnerait un revers majeur pour les conceptions occidentales : la victoire des conceptions, des modes de vie, des institutions, qui forment l’antithèse des notres et qui nous sont hostiles.

© Corriere Della Sera/Traduction A.C.
http://www.corriere.it/editoriali/10_giugno_04/panebianco-fragilita-israele_f043e192-6f98-11df-b547-00144f02aabe.shtml

Caroline Glick – Délégitimer les délégitimeurs

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

Jerusalem Post 04/11/2011

La seule manière de vaincre ceux qui nient nos droits sur notre terre, notre nation et notre histoire est de montrer leur corruption, et leurs intentions haineuses envers le Peuple juif.

Vous devez le rendre aux Palestiniens.

Ils ont décidé d’abandonner le processus de paix et de rechercher une reconnaissance internationale de « l’Etat de Palestine » – un Etat en état de guerre de facto avec Israël. Et ils poursuivent leur but implacablement.

Cette semaine, leurs efforts ont produit leur premier fruit avec de vote pour accepter à l’UNESCO – l’Organisation de l’ONU pour l’Education, la Science et la Culture – la “Palestine” comme Etat membre de plein droit.

Ce n’est pas une coïncidence si l’OLP / AP a décidé de poser la candidature comme membre de la « Palestine » à l’UNESCO en premier. Depuis 1974, l’UNESCO a été un partenaire enthousiaste dans la tentative des Palestiniens d’effacer l’histoire, le patrimoine et la culture juifs sur la terre d’Israël dans la mémoire historique.

En 1974, l’UNESCO a voté le boycott d’Israël et le « retrait de l’assistance d’Israël dans les champs de l’éducation, de la science et de la culture du fait de l’altération persistante d’Israël des paramètres historiques de Jerusalem ».

Les décisions de l’UNESCO de nier les liens juifs avec Jerusalem et ce qui reste d’Israël historique ont continué sans interruption depuis. Par exemple, en 1989, l’UNESCO a condamné « l’occupation de Jerusalem par Israël », proclamant qu’il détruisait la ville par des « actes d’interférence, de destruction et de transformation ».

En 1996, l’UNESCO a tenu un symposium sur Jerusalem à son siège de Paris. Aucun groupe juif ou israélien n’avait été invité à participer.

Au début de 1996, le ‘Wakf’ arabe a commencé de détruire systématiquement sur le Mont du Temple les objets datant du Second Temple. La destruction a été entreprise pendant les excavations illégales sous le Mont du Temple et réalisées pour construire une mosquée illégale et non autorisée à la place des Ecuries de Salomon.

L’UNESCO ne s’est jamais souciée de condamner cet acte. Elle demeura silencieuse en dépit du fait que les actes du Waqf constituaient une grave transgression des propres lois internationales concernant les antiquités et les sites sacrés que la Charte de l’UNESCO lui enjoint de protéger. De même, l’UNESCO n’a jamais condamné la profanation de la Tombe de Rachel, du Tombeau de Joseph ou de toutes les synagogues antiques à Gaza et à Jericho qu’ils ont rasées totalement.

Le motif de la grave faute de l’UNESCO quant à ses responsabilités est clair. Loin de remplir ses missions de protection des sites du patrimoine mondial, depuis 1974 l’UNESCO a été un partenaire de l’un des plus grands crimes culturels de l’histoire humaine – la tentative palestinienne et panarabe d’effacer l’histoire juive sur la terre d’Israël de la mémoire historique. Et les crimes de l’UNESCO dans ce domaine sont sans fin. En 2009, elle a nommé Jerusalem « capitale de la culture arabe ».

En 2010, elle a dénommé la Tombe de Rachel et le Caveau des Patriarches à Hébron “mosquées musulmanes”. La campagne de l’UNESCO à l’encontre de l’histoire juive n’est pas limitée à Israël. En 1995, elle a adopté une résolution marquant le 50ème anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Malgré les requêtes d’Israël, la résolution n’a fait aucune mention de l’Holocauste.

En décembre 2010, l’UNESCO a publié un rapport sur l’histoire de la science dans le monde arabe. Son rapport a listé le grand docteur juif et universitaire rabbinique Rabbi Moshe Ben Maimon – Maïmonide – comme un musulman rebaptisé « Moussa ben Maimoun ».

A la lumière de la politique et des actions antijuives virulentes de l’UNESCO, il n’est pas surprenant qu’elle ait collaboré avec la tentative de l’OLP / AP d’obtenir la reconnaissance d’un Etat, en état de guerre avec Israël.

Mais plus surprenant que le comportement de l’UNESCO a été le comportement de tous les Etats de l’UE à l’exception de cinq.

A par la République tchèque, l’Allemagne, la Lituanie, les Pays Bas et la Suède, tous les Etats membres de l’UE ont soit voté en faveur de la qualité de membre de la Palestine, soit se sont abstenus.

La raison qui en fait une surprise est que l’UE a fait du renforcement des institutions de l’ONU et de l’accélération du processus de paix entre Israël et les Palestiniens pour faciliter l’indépendance palestinienne les objectifs centraux de sa politique étrangère. Et en soutenant ou en ne parvenant pas à s’opposer à la demande d’Etat membre palestinienne, les Européens ont miné les deux objectifs.

L’ UNESCO a été affaibli par le vote pour deux raisons. D’abord, depuis que la loi américaine interdit au gouvernement de financer des agences de l ’ONU qui acceptent la « Palestine » comme nation membre en dehors du cadre d’une paix négociée avec Israël, en acceptant la « Palestine », l’UNESCO a réduit son budget des 22 pourcents apportés par la contribution des USA.

Ensuite, en acceptant les Palestiniens comme Etat membre, l’UNESCO a miné sa légitimité et sa viabilité organisationnelle. Accepter la « Palestine » représente une transgression de la charte de l’organisation. La charte stipule que seuls des Etats peuvent être acceptés comme membres.

De plus, cela représente une répudiation des objectifs de l’UNESCO posés dans sa charte. Ces objectifs impliquent entre autres choses la promotion de la coopération dans l’éducation et l’avancement de l’état de droit. Comme un récent rapport de l’Institut pour le Contrôle de la Paix et de la Tolérance Culturelle dans l’Education à l’Ecole (IMPACT–SE) l’a montré, les livres scolaires de l’AP demeurent imprégnés de haine antijuive à tous les niveaux du parcours éducatif.

En autorisant cette transgression de la charte de l’ONU, les Européens ont tourné en dérision les règles de l’ONU et ainsi affaibli non seulement l’UNESCO mais aussi le système de l’ONU dans son ensemble.

La proclamation de soutien des Européens à la cause de la paix entre Israël et les Palestiniens s’est révélée fausse à l ‘UNESCO. Le processus de paix entre Israël et l’OLP / AP est justifié par l’engagement de cette dernière à ce qu’un Etat palestinien puisse s’élever uniquement à la suite d’un traité de paix avec Israël. En soutenant la transgression par les Palestiniens de cet engagement fondamental à l’UNESCO, les Européens ont diminué la possibilité d’obtenir une paix négociée conduisant à un Etat palestinien.

Ce que nous montre le comportement des Européens à l’UNESCO, c’est que exactement comme l’UNESCO veut miner sa mission pour nuire à Israël, de même les Européens veulent miner les objectifs déclarés de leur politique étrangère si de cette manière, cela nuit à Israël.

Cet état des affaires a des conséquences importantes pour Israël. A ce jour, Israël a mis le renforcement des bonnes relations avec les Etats membres de l’UE à un haut niveau de la liste de ses priorités. A la lumière du comportement des Européens à l’UNESCO, ce classement doit être revu. Les Européens ne méritent pas une si haute considération de la part d’Israël.

Enfin, le vote de l’UNESCO a démontré des vérités troublantes sur la position du président Barack Obama à l’égard d’Israël. Obama a été largement félicité par les dirigeants juifs américains ainsi que par le Premier ministre Benjamin Netanyahou pour son engagement annoncé à mettre un veto au projet de résolution au Conseil de Sécurité recommandant que l’OLP / AP se voit accordé la qualité d’Etat membre de plein droit à l’ONU. La promesse d’Obama – obtenue sous la pression massive du Congrès – est donnée comme preuve tonitruante de son engagement dans l’alliance des USA avec Israël.

Mais la réponse d’Obama à la demande de l’OLP / AP comme membre de l’UNESCO nous raconte une autre histoire. Dans la progression du vote, le gouvernement américain a fait tout son possible pour ne pas menacer l’UNESCO. Il n’a pas menacé de retirer les USA de l’organisation. Au lieu de cela, quelques jours seulement avant le vote, la sous–secrétaire d’Etat américain à l’éducation Martha Kanter s’est adressée à l’organisation et a fait l’éloge « des grandes choses qui sont arrivées à l’UNESCO », au cours de l’année passée. Kanter a alors annoncé la demande des USA à une réélection au bureau exécutif de l’UNESCO.

L’administration américaine n’a pas attaqué la décision comme une de celles qui sapent les chances de la paix. Elle n’a pas remarqué qu’en acceptant la décision de l’AP / OLP d’agir unilatéralement, l’UNESCO rendait à tout le moins difficile l’accès à un accord de paix négocié entre Israël et les Palestiniens. Plutôt, la porte–parole du Département d’Etat Victoria Nuland s’est contenté de clamer que la décision était « regrettable et prématurée ».

Les officiels de l’administration n’ont pas dit clairement que selon la loi des USA, tout financement américain prendra fin si la demande de membre palestinienne était approuvée. Plutôt ; les officiels du gouvernement américain ont joint leurs forces aux officiels de l’ONU pour faire du lobbying au Congrès et changer la loi.

Comme Claudia Rosett l’a rapporté dans le magazine ‘Forbes’ mardi, David Killion, l’ambassadeur des USA à l’UNESCO, a présenté à la limite des excuses pour l’arrêt du financement des USA quand il déclara : « Nous regrettons sincèrement que les efforts vigoureux et bien intentionnés de nombreuses délégations pour éviter ce résultats n’aient pas abouti ».

Killion ajouté : « Nous promettons de poursuivre nos efforts pour trouver des moyens de continuer à soutenir et renforcer le travail important de cette organisation vitale ».

Ainsi après que l’UNESCO ait fait un pied de nez aux USA, miné sa mission, transgressé sa propre charte et sérieusement diminué les chances d’une paix palestinienne avec Israël en acceptant la « Palestine » comme Etat membre, le gouvernement Obama a réagi avec des excuses presque obséquieuses.

Pour comprendre la signification complète du comportement du gouvernement américain, il est important de le comparer avec la réponse de cette administration à la décision du gouvernement israélien à la suite du vote à l’UNESCO, approuvant la construction de logements pour les Juifs à Jerusalem, Ma’aleh Adumim et Efrat. Toutes les unités de logements seront construites dans des zones qui demeureront partie intégrante d’Israël même après un accord de paix. Et le gouvernement américain le sait bien.

Mais en parlant de la décision du gouvernement, un officiel américain a déclaré à ‘Reuters’ : « l’administration est profondément déçue par cette annonce. Nous continuons de dire clairement au gouvernement israélien que ses actions unilatérales comme celles–là vont à l’encontre des efforts pour reprendre des négociations directes et ne font pas avancer l’objectif d’un accord raisonnable et nécessaire entre les parties ».

Ainsi d’un côté, la décision des Palestiniens d’abandonner le processus de paix et le soutien de l’UNESCO à leur décision est seulement « regrettable et prématurée ». Mais d’un autre côté, la décision d’Israël de ne pas faire de discrimination contre les droits de propriété juifs saperait les efforts pour reprendre les pourparlers de paix et nuirait aux perspectives d’un accord.

Depuis sa prise de fonction, Netanyahou a de façon répétée caractérisé les efforts des Arabes et des gauchistes pour délégitimer Israël de « menace stratégique » contre l’Etat. En vérité, il exagère le danger. La délégitimation est une menace politique, pas une menace stratégique. Israël ne sera pas détruit par l’ONU ou par des professeurs d’Oxford ou de Columbia ou par des syndicats en Norvège.

Mais pourtant c’est une menace qu’Israël ne peut pas ignorer.

Depuis septembre 2009, en citant la nécessité de démontrer la malhonnêteté des accusations des délégitimeurs à l’encontre d’Israël, Netanyahou a abandonné son opposition de toute une vie à un Etat palestinien. Il la cru qu’Israël devait adouber l’OLP / AP comme partenaire légitime de paix de façon à prouver aux semblables d’Obama et à ses partisans qu’Israël à le droit à l’existence. Dans le même temps, et en échange de la concession prodigieuse de Netanyahou, l’OLP / AP a abandonné les pourparlers de paix et fait escalader sa guerre politique pour criminaliser Israël et le délégitimer.

L’acceptation par l’UNESCO de la “Palestine” démontre que la stratégie politique choisie par Netanyahou est malavisée.

En acceptant la légitimité de l’exigence palestinienne d’un Etat, Netanyahou a concédé les droits d’Israël sur la Judée et la Samarie, et a placé à un niveau minimum son droit à une souveraineté exclusive sur Jerusalem. Ce faisant, Israël n’a donné aux partisans des Palestiniens à l’ONU, en Europe et à la Maison Blanche aucune raison de revoir leurs préjugés anti–Israël.

Avec les Palestiniens réaffirmant leurs droits implacablement, et Israël concédant ses propres droits, pourquoi quiconque devrait–il prendre le parti d’Israël ?

Enfin, la seule manière de vaincre ceux qui délégitiment Israël et dénient nos droits sur notre terre, notre nation et note histoire est de montrer leur corruption et leurs intentions haineuses, malveillantes et malhonnêtes à l‘égard du Peuple juif et de l’Etat juif. C’est–à–dire, la seule façon de vaincre les délégitimeurs est de les délégitimer en affirmant fièrement et invariablement les droits légaux et historiques d’Israël et la justesse de notre cause.

caroline[at]carolineglick.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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