C’est un bourdonnement qui fait du bruit, de plus en plus de bruit. Pourtant personne ne sait vraiment ce qu’il est, ni même d’où il vient. Qu’est–ce que le buzzer? UVB 76, une radio à ondes courtes qui émet depuis la Russie. Un bourdonnement quasi continu depuis le début des années 1980 ou plus, entrecoupé de bips –environ vingt–cinq par minute”“ et parfois de messages, des suites de nombres, de noms, sans signification apparente. Rien, ni la Perestroika, ni la chute du communisme, les guerres d’Afghanistan n’a altéré ce signal à la régularité presque rassurante. En l’espace de quelques années, le Buzzer comme il a été surnommé est devenu un objet de fascination pour toute une communauté, de Moscou à San Francisco en passant par le Japon et l’Europe. Geeks, passionnés de technologies militaires, fans de radios de nombre, mordus d’histoire, de la guerre froide, artistes, obsessionnels du grand complot et paranos en tout genre… Comment cette cyber–popularité a–t–elle bien pu se diffuser? Le moment décisif: l’été 2010. Soudainement, la radio devient silence. Le Buzzer cesse, reprend, s’agite, s’éteint, plusieurs fois de suite. Il diffuse des nouveaux messages, des extraits de musique, le lac des cygnes de Tchaïkovski. Suspens, panique et frénésie, ses auditeurs attendent la révélation ultime. Le relais principal de ce succès s’appelle Andrus Aaslaid, ou Laid.
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