KAMPALA, Ouganda ” L’armée soudanaise a bombardé une ville frontalière prise par les forces du Soudan du Sud, a affirmé un responsable sud-soudanais lundi, alors que les affrontements se multiplient le long de la frontière mal définie qui sépare les deux pays. L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, actuelle présidente du Conseil de sécurité, a déclaré qu’un bombardement sur le territoire sud-soudanais avait aussi touché une installation de l’ONU, mais aucun employé de l’organisation n’aurait été blessé. Deux avions de guerre soudanais ont lancé «plusieurs bombes» lundi sur la ville pétrolière d’Heglig, tandis que des tirs d’artillerie à longue portée ont visé des positions de l’armée sud-soudanaise dans la même localité, a déclaré le porte-parole de l’armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer. Il n’a pas donné de bilan des victimes des affrontements de lundi à Heglig, mais a précisé que l’aviation soudanaise avait tué cinq civils dans des attaques aériennes sur la ville dimanche. Selon le colonel Aguer, la ville de Bentiu a aussi été visée par les attaques soudanaises et le conflit se propage dans plusieurs régions frontalières. Mais il a précisé que les deux armées rivales n’étaient pas engagées dans des combats au sol. D’après le colonel Aguer, les troupes soudanaises se trouvent à 23 kilomètres d’Heglig, une ville revendiquée par le Soudan mais prise par les forces sud-soudanaises la semaine dernière. Les combats ont coûté la vie à au moins 240 soldats soudanais et à 19 soldats sud-soudanais, selon les autorités. «Nous savons que les troupes soudanaises avancent vers Heglig», a dit le colonel Aguer. Les affrontements sont une «terrible escalade» du conflit frontalier, a-t-il affirmé. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a affirmé lundi être «alarmé par les informations reçues le week-end dernier sur la mise sur pied d’une milice armée dans la région d’Abyei», une région pétrolière qui est au coeur du conflit entre les deux Soudans. Les combats dans la région d’Abyei ont commencé en mai dernier, quelques mois avant la proclamation d’indépendance du Soudan du Sud. Un porte-parole du gouvernement soudanais, Rabie Abdelaty, a rejeté toute négociation de paix avec le Sud lundi, affirmant que la fierté nationale serait entachée si les troupes soudanaises ne reprennent pas Heglig par la force. Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement de Khartoum s’est retiré des pourparlers prévus avec le Soudan du Sud. «Notre peuple est en colère», a dit M. Abdelaty. «L’heure n’est pas à la diplomatie. Il est temps de les repousser et de leur faire savoir qu’ils sont irresponsables.» «C’est la guerre», a-t-il ajouté. «Nos forces veulent leur donner une leçon.»
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