Pays arabes

Maroc: le rappeur El-Haqed condamné à la prison

RABAT, Maroc ” Le rappeur marocain Mouad Belghouat, alias El–Haqed, a été condamné par un tribunal de Casablanca, vendredi, à un an de prison ferme pour atteinte à l’image de la police. Le jugement a été prononcé sans les plaidoiries de la défense, qui s’est retirée du procès lors de la dernière audience, le 7 mai. Il s’agit de la deuxième condamnation pour cet artiste membre du Mouvement du 20 février, qui manifeste pour des réformes politiques profondes au Maroc depuis le début du Printemps arabe, l’an dernier. El–Haqed a été arrêté le 29 mars après une plainte de la Direction générale de la sûreté nationale, qui l’accusait de porter atteinte à l’image de son institution. La police marocaine reproche au rappeur d’avoir publié sur Internet une chanson accompagnée de photos constituant un outrage à l’encontre de la police.

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Tunisie: légalisation d’un parti islamiste qui prône la chariaâ

Les autorités tunisiennes ont donné leur aval pour la légalisation d’un nouveau parti, le «Front de la réforme», qui prône la chariaâ, la législation islamique, a-t-on appris vendredi auprès de son fondateur, Mohamed Khouja. L’autorisation a été accordée par le gouvernement dirigé par Hamadi Jebali, numéro 2 du mouvement islamiste modéré «Ennahdha», au pouvoir, et publiée fin mars au journal officiel de la République tunisienne (JORT), a-t-il précisé. C’est le deuxième parti islamiste, après Ennahdha, à entrer sur la scène politique tunisienne qui compte quelque 120 formations, la quasi-totalité reconnues après la chute du régime de l’ancien président Ben Ali en janvier 2011. Un autre parti, «Hizb Ettahrir», très actif, attend sa légalisation qui lui a été refusée par le gouvernement transitoire précédent. «Notre stratégie vise à instaurer un Etat civil islamique basé sur la chariaâ qui respecte les convictions religieuses des minorités, et qui soit l’émanation d’une demande de la société et non pas imposé», a expliqué M. Khouja, un médecin de 62 ans, dans un entretien téléphonique à l’Associated Press. Selon lui, «il n’y a pas d’Etat religieux en islam, mais plutôt un Etat civil». Il a admis l’orientation salafiste «positive et pacifique» de sa formation, en se démarquant de «l’acception colportée par les médias qui assimilent le salafisme à la violence et au radicalisme pour faire peur aux gens». Il a attribué les actes violents attribués à des «salafistes» à «des comportements individuels». Dans son programme, ce parti entend oeuvrer à asseoir un Etat qui applique la chariaâ islamique dans tous les domaines de la vie politique, social et économique. Le Front de la réforme se dit favorable à «l’alternance au pouvoir en recourant aux urnes». Il vise à «l’établissement d’une société où prévaut l’entraide, l’équité et la paix sociale, et à la prémunir contre toutes les formes de dérives intellectuelles et morales» en luttant contre la corruption et le despotisme. S’agissant de la femme, il se propose de renforcer sa place et son rôle dans l’éducation des jeunes générations et au foyer, ainsi que ses droits dans les domaines politique et économique «conformément aux recommandations de la chariaâ». AP xbb/pyr

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Réflexion sur le regard de la France porté sur Israël

Les ténors du Parti Socialiste ont tous nié, avant le second tour des présidentielles, que les imams de centaines de mosquées, ou encore le théologien Tarik Ramadan aient appelé à voter François Hollande. Au soir de sa victoire les drapeaux de l’Algérie, de Tunisie, du Maroc, d’Egypte, du Liban, ou encore de la « Palestine » ont flotté sur la place de la Bastille.

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Egypte: l’armée encore accusée de sévices sexuels

LE CAIRE, Egypte ” Des militantes et des groupes de défense des droits de la personne ont accusé l’armée égyptienne et les autorités carcérales, mercredi, d’avoir commis des agressions sexuelles contre des femmes arrêtées lors de la dernière rafle contre les manifestants au Caire. Ces accusations, qui rappellent des incidents semblables survenus lors de précédentes manifestations, ajoutent de nouvelles tensions dans la campagne électorale en Egypte, deux semaines avant l’élection présidentielle. Plus d’une douzaine de femmes faisaient partie des quelque 300 manifestants arrêtés le week-end dernier dans la foulée d’une manifestation devant le ministère de la Défense qui a dégénéré. La militante Aida Seif al-Dawla a déclaré que des gardiennes de prison avaient agressé sexuellement certaines militantes détenues en inspectant leurs organes génitaux sous prétexte de rechercher des drogues. «C’est une agression sexuelle», a dénoncé la militante. «Les femmes sont blessées, physiquement et psychologiquement.» L’une des femmes en question, Aya Kamal, a témoigné mardi devant la commission des droits de la personne du Parlement au sujet des sévices dont elle dit avoir été victime lors de son arrestation. Lors d’un témoignage télévisé, Aya Kamal a déclaré à la commission qu’elle s’était réfugiée dans une mosquée pour échapper aux soldats qui tentaient de disperser les manifestants. Elle a raconté que des soldats avaient pris la mosquée d’assaut et s’étaient relayés pour l’insulter, lui cracher dessus et lui faire des attouchements sexuels. D’autres femmes étaient présentes et ont été victimes des mêmes sévices, a-t-elle dit. Des manifestants de sexe masculin ont aussi été battus et menacés d’agression sexuelle, a déclaré Aya Kamal. Elle a affirmé qu’un soldat l’avait frappée à la tête avec un bâton et qu’elle avait perdu connaissance pendant quelques secondes. Pendant ce temps, un autre soldat a tenté de lui enlever son voile islamique. A leur arrivée dans un centre de détention militaire, des soldats ont célébré l’arrivée de nouveaux détenus. «Ils nous ont insultées, nous les femmes. Ils ont ouvert les fenêtres (de la camionnette) et ont tenté de toucher notre corps et de nous harceler. Ils nous ont menacées d’agression sexuelle et nous ont dit que si l’une d’entre nous ouvrait la bouche, elle serait jetée en pâture aux soldats à l’intérieur en sachant ce qui lui arriverait», a raconté Mme Kamal en retenant ses larmes. Aida Seif al-Dawla a expliqué que la plupart des femmes victimes de sévices des militaires n’étaient pas prêtes à les dénoncer en public à cause du stigmate social associé aux questions à caractère sexuel dans une société musulmane conservatrice, et aussi parce que ces femmes craignent d’être convoquées pour être interrogées. Un responsable militaire a indiqué qu’il n’y avait pas eu de plainte formelle au sujet des agressions alléguées. Il a cependant indiqué qu’Aya Kamal faisait toujours l’objet d’une enquête, ce qui signifie qu’elle pourrait encore être accusée d’avoir attaqué des militaires et d’avoir perturbé l’ordre public. Ce responsable a réclamé l’anonymat conformément aux règles de l’armée. Les militants pro-démocratie accusent les militaires d’avoir recours aux mêmes pratiques abusives en vigueur sous le régime d’Hosni Moubarak. L’an dernier, les «tests de virginité» menés par des médecins militaires sur des manifestantes détenues a causé un tollé en Egypte et ailleurs dans le monde. L’armée avait alors admis qu’il y avait bel et bien eu de tels tests, tout en affirmant que les commandants militaires ne les avaient pas autorisés. Un médecin militaire traduit en justice pour avoir pratiqué ces tests a été acquitté. Un tribunal civil a demandé à l’armée de cesser cette pratique. Les militants estiment que les tests de virginité et les agressions sexuelles visent à intimider les femmes et à les maintenir à l’écart des manifestations.

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