
Elie Arié est chroniqueur associé à Marianne, mais tient également un blog dans lequel il affirme « L’avenir perdu du sionisme » (1). S’il est grotesque de donner à cet individu une quelconque importance, il est en revanche intéressant de se pencher sur sa vision du conflit proche–oriental. Regard commun à tant d’autres cachés derrière le paravent de l’antisionisme et braillant à “l’illégitimité” de l’Etat d’Israël.
Soixante–cinq années après sa renaissance, il y a encore des individus se posant cette question ! Interrogation absente sur tout autre pays évidemment !
D’entrée il assure « La création de l’Etat d’Israël a été une mauvaise réponse à un vrai problème : le vrai problème, c’est l’antisémitisme ; la mauvaise réponse, c’est la création d’un Etat (on voit bien, d’ailleurs, que, sans antisémitisme, il n’y aurait jamais eu d’Etat d’Israël, et que les antisémites sont les plus grands sionistes de fait, même s’ils ne l’ont jamais compris) ».
Devant ce constat, le lecteur cherche vainement sa solution de rechange à l’Etat d’Israël pour solutionner le « vrai problème » ? Elie Arié n’en a pas !
Par contre, tout au long de son texte il s’attache à confirmer son allégation première. A savoir, Israël état « colonial », « nazi », « s’inventant une mythologie pour justifier son passé », « délégitimant sa légitimité juridique elle–même en ne respectant pas les nombreuses résolutions de cette même ONU l’enjoignant de réintégrer ses territoires à l’intérieur de ses frontières d’avant la guerre de 1967» et « entrainant la radicalisation ethnique et religieuse de ses adversaires ».
Il ne conclut pas son article en soutenant que l’antisémitisme, de par le monde, est la résultante des actions israéliennes, mais presque : « Chaque jour qui passe illustre bien la phrase d’introduction de cet billet : la création de l’Etat d’Israël a été une mauvaise réponse à un vrai problème ».
Un problème qu’il entretient par cette vision qu’un antisémite ne renierait en rien !
Elie Arié, et ses clones, n’ont évidemment rien à redire à la création de la Jordanie, pays attribué au peuple arabe de la Palestine sous mandat anglais et étendu sur près de quatre–vingt pourcent de ce territoire. Ce partage unilatéral anglais en 1946 n’est apparemment pas une réponse suffisante à la nécessité et au souhait du peuple juif de s’autodéterminer librement, après tant de centenaires de galères, sur une terre chargée des vestiges d’un riche passé que l’on découvre encore de nos jours.
Ce vœu humain, logique, est, il le dit, « colonial » car l’Etat d’Israël « n’a pas demandé l’avis des populations habitant la région où il a été édifié ».
Une population devenue depuis 1967, et non 1948 année du renouveau de l’état juif, “palestinienne” pour les besoins de la cause musulmane en vigueur depuis… le XIXème siècle. A savoir le refus de tout renouveau d’un état juif sur sa terre ancestrale.
Pour illustrer ce « colonialisme », Elie Arié se demande « si la France, par exemple, aurait accepté une résolution de l’ONU créant un Etat Juif indépendant en Bretagne ou en Ile–de–France… ». Peut–on être plus stupide ? S’est–il seulement rendu compte que la Palestine, au contraire de la France, n’a jamais été un état constitué et reconnu mais seulement une région occupée depuis…la destruction du dernier état juif ? Soit deux mille années !
Autre grief exprimé : « cet Etat, qui justifie en partie son existence par le génocide nazi, a adopté les mêmes critères de discrimination ethnique que les nazis » car l’Etat Juif est « basé à la fois sur la religion, mais aussi sur l’ethnicité ».
Quelles autres caractéristiques ont adoptés ceux qui organisèrent les pogroms ? La condamnation d’Alfred Dreyfus ? L’inquisition ? Les expulsions, au travers des siècles, de Grande–Bretagne, d’Autriche, d’Espagne, du Portugal, de France, du Brésil, d’Italie, de Hongrie, etc.
Pourquoi donc s’arrêter au nazisme, alors que les exemples ne manquent pas, sinon pour faire bénéficier l’état du peuple juif indirectement de cette qualification ? Par cette inversion, est reproché à l’Etat juif, seul refuge sûr pour les Juifs, une “recherche de pureté” si cher aux aryens et aux nazis. Elie Arié ne nous dira pas quels autres critères l’Etat d’Israël doit retenir pour sauver les (peut–on l’écrire ?) Juifs ?
Faut–il répondre également au grief assurant que le peuple juif s’est inventé « une mythologie pour justifier son passé » ?
Sur quel passé, ou même mythologie, s’appuie l’auteur pour reconnaître l’existence du « peuple palestinien » et assurer « le colonialisme » israélien du territoire “palestinien” ? Sinon sur le seul politiquement correct en cours et surement pas par une recherche historique et intellectuelle !
Devant tant d’oublis, de simplifications, de contre–vérités et d’inversions des valeurs chaque quidam honnête déduira, contrairement à l’auteur, que le Sionisme a un avenir bien riche devant lui. Un futur chargé, encore, d’un combat contre le problème de l’antisémitisme, qui a valu la renaissance d’Israël, et qu’Elie Arié se charge de faire perdurer par ses “pensées” nauséeuses et implicites.
Des “pensées” qui entraînent de facto « la radicalisation ethnique et religieuse » des adversaires du peuple juif et donc du conflit. Mais de cela faut–il s’en étonner lui qui cite Shlomo Sand, qui a « cessé d’être juif », comme référence ?
Liens :
(1) : http://www.marianne.net/elie-pense/L-avenir-perdu-du-sionisme_a75.html
Lire l’article complet sur victor-perez.blogspot.co.il
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