Jordanie

Syrie : défection collective d’officiers alaouites, au moment où le régime envoie des renforts à Qardaha

Les combats entre les partisans du régime d’une part, et plusieurs familles alaouites hostiles à la politique du dictateur et à ses retombées sur la communauté, se poursuivent dans la montagne des Alaouites, y compris à Qardaha, ville natale de la famille Assad. Selon des sources bien informées, plusieurs hauts officiers alaouites ont fait défection et s’apprêtent à intégrer l’Armée Syrienne Libre dans les prochains jours. La fin du régime de Bachar Al-Assad semble s’approcher à grande vitesse. Hussam Al-Assad, l’un des cousins du président, a été capturé à Homs. Deux autres proches, Hilal et Haroun Al-Assad, des chefs de la milice Chabbiha, ont péri dans la région de Haffeh, non loin de Lattaquié, et à Qardaha. Mohammed Al-Assad a été grièvement blessé, fin septembre, dans les accrochages qui ont éclaté à Qardaha entre les partisans de Bachar Al-Assad et les familles de la montagnes, hostiles à la politique suicidaire du dictateur. Les accrochages qui se poursuivent et s’étendent ont déjà fait une vingtaine de morts, et les jeunes alaouites appellent la population à se soulever contre le régime, lequel envoie des renforts et tentent de négocier un retour au calme, au nom de la sauvegarde des intérêts de la communauté. Mais les notables ne font plus confiance à un clan parvenu au pouvoir par le feu et le sang, et n’hésite pas à éradiquer toute la population pour s’y maintenir. La coupe des alaouites a débordé après la perte de plus de 260 officiers, tous originaires de la région de Qardaha, morts dans les combats durant le mois de septembre. Avec la multiplication des enterrements, la population s’est révoltée. En outre, des informations ont confirmé la mort du colonel Ali Khazzam, bras droit de Maher Al-Assad à la tête de la Garde présidentielle, tué à Idlib. Ce qui semble justifier le recours, de plus en plus, aux combattants du Hezbollah libanais pour défendre le régime. Ce dimanche, alors que des informations faisaient état de la mort d’au moins 75 membres du parti chiite libanais (100 selon d’autres sources) dans une embuscade à Zabadani, la télévision ” Al Jazeera ” a déclaré que le parti de Hassan Nasrallah a violemment pilonné les zones frontalières avec les orgues de Staline. Hassan Nasrallah craint lui aussi un soulèvement de la communauté chiite contre son implication en Syrie, et s’engage dans une fuite en avant. Car de plus en plus nombreux sont les chiites qui critiquent le Hezbollah, estimant à juste titre que ” ceux qui n’ont pas été tués dans la guerre inutilement provoquée contre Israël, en 2006, sont tués dans une guerre stérile et perdue d’avance, en Syrie “. En outre, la télévision ” Al Arabiya ” affirme ce soir que l’Iran a rappelé près de 250 membres de ses unités d’élites, qui étaient jusque-là déployés en Syrie. Selon la télévision, ” ce retrait atteste que l’Iran a pris conscience que la bataille de Bachar Al-Assad est perdue “. Selon les observateurs, ” l’effondrement du régime devrait s’accélérer les prochains jours, notamment en raison de la multiplication des opérations qualitatives de l’Armée Syrienne Libre (ASL) “. Ces sources ajoutent que ” les conditions seraient ainsi favorables à l’accélération des défections collectives “. A cet égard, le site ” Youkal.net ” croit savoir cette nuit que ” plusieurs hauts officiers alaouites ont fait défection. Ils ont réussi à parvenir à la frontière jordanienne, et s’apprêtent à rejoindre l’ASL “. ” Youkal.net ” s’appuie sur des sources généralement bien informées, crédibles mais non-encore confirmées, pour ajouter qu’il s’agit de ” quatre généraux et trois colonels, occupant jusque-là des postes sensibles dans le dispositif de Bachar Al-Assad “. Ils se sont retournés contre le régime, en collaboration avec l’ASL à Homs et à Deraa, et sans doute après le soulèvement des alaouites à Qardaha, Lattaquié et Banias. L’ASL a placé les officiers et leurs familles en lieu sûr. ” Dans les prochaines jours, ces officiers devraient annoncer solennellement leur défection et leur ralliement à l’ASL “, ajoutent les mêmes sources. Bien que cette information ne soit pas encore confirmée, les circonstances, les antécédents et l’évolution sur le terrain tendent à la crédibiliser. En tout état de cause, les prochains jours devraient faire la lumière sur ces développements. Les Syriens sauront alors s’il s’agit d’une info ou de l’intox. Mediarabe.info

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La Turquie prive Assad de la guerre qu’il recherche et refuse de la déclarer à la Syrie. Le Hezbollah cherche à provoquer Israël. Car seule une guerre régionale peut encore sauver le régime syrien

Le régime de Bachar Al-Assad entame sa défaite. L’armée syrienne perd du terrain, tous les jours, et le dictateur est contesté par une partie des Alaouites. Son allié iranien vit une crise économique majeur et sa monnaie s’effondre face aux devises. Seule une guerre régionale peut sauver les régimes de Damas et Téhéran. D’où les provocations à la frontière turque, et l’incursion du drone de fabrication iranienne dans l’espace aérien israélien. Les médias libanais affirment, ce dimanche soir, que l’aviation israélienne a violé l’espace aérien libanais. Plusieurs appareils ont survolé, à moyenne altitude, le Sud du Liban, jusqu’à Iqlim Al-Touffah au nord, et Marjyoune à l’est. Ces survols, accompagnés de ” raids fictifs “, selon les sources libanaises, interviennent au lendemain de l’incursion d’un drone de fabrication iranienne dans l’espace aérien israélien. L’appareil sans pilote a été abattu par la chasse israélienne au nord du Néguev, samedi. Selon les médias israéliens, le drone est de fabrication iranienne. Tel-Aviv soupçonne le Hezbollah d’être à l’origine de cette incursion. Les Israéliens craignent que l’opération ne visait la centrale nucléaire de Dimona, et promettent de riposter. Notons que la télévision ” Al Mayadine “, proche du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran, avait indirectement revendiqué cette incursion en se réjouissant, tard dans la nuit de samedi à dimanche, que ” le drone du Hezbollah ait réussi à survoler plus de 100 kilomètres, dans l’espace aérien israélien, avant d’être détecté et abattu “. Notons que le Hezbollah a déjà perdu, en toute discrétion deux drones dans le nord de la Békaa libanaise, au cours des derniers mois, pendant les entraînements. A chaque fois, le parti interdisait l’accès du lieu du crash aux forces de sécurité libanaise. Aujourd’hui, la question légitime est de savoir pourquoi le Hezbollah, embourbé dans la répression en Syrie et souffrant d’une baisse de popularité au Liban et dans les pays arabes en raison de sa politique et des trafics dont il est responsable, cherche-t-il à provoquer Israël ? ” La réponse se trouve déjà dans la question “, affirme un ancien diplomate libanais. Il explique qu’” une guerre régionale est désormais l’unique bouée de sauvetage des régimes syrien et iranien, et du Hezbollah. L’armée de Bachar Al-Assad perd du terrain de façon irréversible. Le dictateur syrien est contesté depuis une semaine par une partie non négligeable de sa communauté alaouite, et les combats entre ses partisans d’une part, et les familles de sa ville natale Qardaha d’autre part, ont déjà fait une vingtaine de morts. L’Iran est de son côté secoué par une nouvelle contestation sur fond de crise économique et de l’effondrement de la monnaie. Le Hezbollah est contesté au sein de sa communauté chiite qui n’apprécie pas son implication dans la répression en Syrie, et par l’explosion du nombre des morts parmi ses combattants. Les Chiites refusent de payer le prix de la chute d’Assad en continuant à soutenir le Hezbollah. Ce dernier redoute que cette évolution ne se traduise par une perte cuisante lors des prochaines élections législatives, prévue au printemps 2013, et fait tout pour imposer une nouvelle loi électorale et un découpage des circonscriptions qui le favorisent, au risque de reporter le scrutin. Pour toutes ces raisons, l’axe composé par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah a plus que jamais besoin d’une guerre extérieure qui lui procurerait une diversion et une nouvelle légitimité “. Notre interlocuteur rappelle à cet égard que ” l’incursion du drone du Hezbollah en Israël, samedi, constitue cette provocation destinée à attirer Israël dans une nouvelle guerre salutaire ! “. Il ajoute que ” cette incursion intervient après les tentatives syriennes de provoquer une guerre avec la Turquie, restées vaines “. Mais selon le quotidien libanais ” Annahar “, ” la Turquie refuse de se lancer dans une guerre contre la Syrie, bien que le Parlement ait autorisé le gouvernement Erdogan à la livrer. Le premier ministre turc refuse de donner à Assad cette chance et de contribuer à son sauvetage ” conclut le quotidien de Beyrouth. Après l’échec des multiples provocations syriennes directes à travers les bombardements du territoire turc, et indirectes à travers le terrorisme du PKK, Téhéran et Damas auraient choisi de provoquer Israël à travers le drone. En le dirigeant vers Dimona, le Hezbollah veut s’assurer d’une riposte israélienne immédiate, la cible étant particulièrement sensible. Pour étayer son analyse, notre interlocuteur affirme que les Syriens et le Hezbollah sont particulièrement embarrassés par les révélations des dernières semaines. La télévision ” Al Arabiya ” publie en effet des documents classés ” top secret “, détournés par des officiers syriens déserteurs. Ces documents dévoilent, entre autres, l’implication syrienne dans les tentatives de déstabiliser le Liban (affaire de Michel Samaha) et dans les assassinats politiques au pays du Cèdre ; l’implication de Damas dans la déstabilisation de la Jordanie et du Qatar (incendie du Villagio Mall, au printemps dernier) ; la présence de combattants du Hezbollah en Syrie pour défendre la dictature ; l’assassinats des pilotes turcs dont l’appareil a été abattu en juin dernier et capturés vivants… Les documents attestent également de l’implication du Hezbollah dans les assassinats et tentatives d’assassinats politiques au Liban (des soupçons sur les tentatives contre Marwane Hamadé, May Chidiac, Boutros Harb et Samir Geagea, une implication présumée dans les assassinats de target=”_blank” class=”external external_icon” rel=”nofollow”>Rafic Hariri, ss=”external external_icon” rel=”nofollow”>Georges Haoui Gébran Tuéini, Walid Eïdo, Pierre Gemayel, Antoine Ghanem notamment). Après leur acharnement à imploser le Liban et à exporter la guerre en Turquie, ces pays bandits se livrent à une fuite en avant en provoquant Israël. Notre source espère que ” l’Etat hébreu ne tombe pas dans ce piège, au risque de prolonger Assad au pouvoir et de confirmer les soupçons sur une collusion entre les deux camps, officiellement ennemis jurés “. Stefano B. C.

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«La chute d’Assad sera un coup énorme pour l’Iran»

INTERVIEW VIDÉO – Pour le vice–premier ministre israélien, Dan Meridor, les risques liés à l’après–Bachar sont de moindre importance.

Vice–premier ministre en charge du Renseignement et de l’Énergie nucléaire, Dan Meridor estime qu’il faut profiter de «la très large coalition» qui s’est formée, y compris avec la plupart des pays arabes, pour stopper l’Iran dans sa marche vers la bombe atomique.

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Un Arabe israélien poursuivi pour espionnage au profit du Hezbollah

Un tribunal israélien a mis en accusation hier un Arabe israélien pour espionnage au profit du Hezbollah, soupçonné d’avoir livré des informations sur les déplacements du président Shimon Peres, a annoncé le service de sécurité intérieure, cité par l’AFP dans une dépêche datée de Jérusalem.

Milad Mohammad Khatib, du village de Majdel Kroum, dans le nord d’Israël, est poursuivi pour espionnage, contact avec un agent ennemi, assistance à l’ennemi en temps de guerre et complot pour aider l’ennemi, a précisé le Shin Beth dans un communiqué,

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Des milliers de Jordaniens manifestent à l’appel des Frères musulmans

Les Frères musulmans rejettent les initiatives de Abdallah II pour calmer le jeu.

Des milliers de personnes ont manifesté hier à Amman à l’appel de l’opposition islamiste pour réclamer des réformes de fond, malgré l’annonce par le roi Abdallah II de la dissolution du Parlement et la convocation d’élections anticipées. Au moins 2 000 policiers ont été déployés dans le centre de la capitale pour cette manifestation qui a eu lieu après la grande prière de la mi–journée.

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Deux journalistes séquestrées par le Hezbollah à Nabichit

Le site d’informations nowlebanon a relaté hier les détails de la séquestration temporaire de deux de ses journalistes par des membres du Hezbollah dans la Békaa, le jour de l’explosion du dépôt de munitions du parti de Dieu à Nabichit.

« Des agents du Hezbollah ont séquestré deux collaboratrices de nowlebanon, Ana–Maria Luca et Naziha Baassiry, alors qu’elles accomplissaient leur travail de journalistes, souligne le site. Les deux collègues se trouvaient dans la région pour couvrir les obsèques du cadre du Hezbollah Ali Nassif (…) à Bouday, à Baalbeck, lorsqu’elles ont eu vent d’une explosion survenue dans une demeure à Nabichit (il s’est avéré plus tard qu’il s’agit d’un stock d’armes du Hezbollah). Nos deux collaboratrices ont alors pris la route pour Nabichit, avec le chauffeur qui les accompagnait. » À peine leur voiture arrivée à l’entrée du village, deux jeunes hommes vêtus en civil se sont approchés du véhicule. Ils ont sommé le chauffeur de s’arrêter, puis l’ont sorti brutalement de la voiture. L’un des deux éléments s’est ensuite emparé des clés du véhicule, obligeant le chauffeur à s’asseoir sur le siège du passager à l’avant. Il a ensuite conduit la voiture vers les collines avoisinantes, pour une durée de dix minutes, veillant à ce que les trois passagers éteignent leur portable. Arrivés à un endroit inconnu, plusieurs agents du Hezbollah sont sortis d’une maison isolée et ont tenté de contraindre les deux collègues à sortir du véhicule, ce qu’elles ont refusé de faire.

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Un commandant du Hezbollah tué alors qu’il accomplissait son «devoir de jihad» en Syrie

Durant les derniers dix–huit mois, le Hezbollah a généralement nié être impliqué dans l’action militaire aux côtés des forces syriennes, en dépit d’accusations émanant des rebelles et de leaders de l’opposition. Les rapports concernant les funérailles d’un leader du Hezbollah mort en Syrie semblent indiquer que l’organisation a choisi de ne plus cacher sa participation aux combats en Syrie.

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Charles Krauthammer, – Romney gagne par deux hipons

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

Washington Post 04/10/2012

Ca a été la plus grande défaite depuis Azincourt. Si vous insistez, depuis le débat Carter–Reagan. Avec une remarquable démonstration de confiance, de connaissance et de sang–froid, Mitt Romney a gagné le premier débat de 2012 dès le départ.

Romney n’a pas seulement démontré une maîtrise bien informée d’une myriade de questions intérieures. Il a été audacieux dessus, prenant le président frontalement, n’attaquant pas seulement implacablement, mais en répondant à chaque charge soulevée contre lui – avec une réfutation en trois points.

Et il a dégagé un coup tactique en s’extrayant bien du piège pour détruire les millions de dollars de pubs négatives qui le dépeignaient personnellement, comme Gordon Gekko – un vautour capitaliste rapace qui ne licencie pas seulement les travailleurs de l’acier, mais tue aussi leurs épouses – et politiquement, comme ayant l’intention de lever les impôts de la classe moyenne tout en les abaissant pour les riches.

La campagne de Romney a laissé aller ces pubs sans répondre. Mais une stratégie à la « tuez Romney » ne peut marcher que jusqu’à ce que les gens voient eux–mêmes Romney. Dans la nuit de mercredi, ils l’ont vu. Concernant l’assassinat de son personnage, tout ce que Romney avait vraiment à faire était de sortir sans cornes sur la tête. Confiant, souriant et non menaçant, il n’apparaissait pas tel un homme qui jouit de tuer les femmes des travailleurs de l’acier licenciés.

La barre n’était pas haute, je l’admets, mais rappelez–vous : c’est le président Obama qui a placé la barre. Et il a réussi. Romney a souffert de taux de défaveur hautement négatifs (50%) et sans précédent, le plus haut niveau à cette date avancée pour tout compétiteur au cours des trois décennies passées.

Pour la politique, Romney a dû enfin expliquer aux 60 millions de téléspectateurs américains qu’il projette de baisser les impôts pour tout le monde, en particulier pour les classes moyennes. Et pour les riches, il a dû expliquer la différence entre abaisser les taux des impôts et la réduction de leur montant. Il répéta au moins deux fois que les riches continueraient à payer le même pourcentage de la charge des impôts, alors que diminuer les taux encouragerait la croissance économique.

Sa réussite dans cet exercice face à un Obama sidéré fait plus que rallier la base conservatrice. Cela peut affecter les indécis – les partisans déçus d’Obama en 2008, en attente d’une raison de faire le saut. Ils ont regardé Romney dans ce débat et se sont demandé : est–ce là ce gars si nul, égoïste, hors de portée dont ont nous a parlé dans les publicités et dans la presse dominante ?

Puis ils ont vu Obama – détaché, sinueux, peu sûr. Cela peut–il être le gars branché, ‘cool’, ayant une bonne maîtrise, que ses acolytes et les media nous ont raconté ?

Obama a été défait mercredi en partie par son arrogance méprisante. Vous pouviez le voir songer de manière ennuyée : « Pourquoi dois–je être sur la scène avec ce plouc, quand j’ai été en tête à tête avec Poutine ? » (Et a perdu chaque round, dirais–je. Mais ce n’est pas la façon dont Obama le voit).

Obama n’a jamais tiré sa meilleure arme, les 47 pourcent. Pas une seule fois. Ca s’appelle s’asseoir sur son avance, paresseusement et avec suffisance. Je parie qu’il le mentionnera au cours du prochain débat, plus d’une fois – et probablement dès son coup d’envoi.

D’un autre côté, Obama n’est tout simplement pas si bon. Pas sans téléprompteur. Il n’est même pas tellement bon lors de conférences de presse – circonstance où il est encore en charge, choisissant parmi les questionneurs et contrôlant le temps de ses propres réponses.

A la fin du débat, Obama semblait petit, incertain. C’est Romney qui avait l’aspect présidentiel.

Les campagnes de réélection après un mandat d’échec – tellement failli qu’Obama s’est à peine soucié de défendre son cas, préférant tout reprocher à son prédécesseur – s’articulent presque entièrement sur la question de savoir si le compétiteur peut franchir le seuil d’acceptabilité. Romney a passé le seuil mercredi soir.

Reagan a gagné son élection (Carter était en tête à cette époque) quand il désamorça sa caricature de cow–boy sauvage, extrémiste et belliciste. Dans son débat avec Carter, il était affable, bienveillant et raisonnable. Voilà pourquoi avec une seule mince ligne, « Vous encore une fois ici », l’élection était gagnée.

Romney devait montrer quelque chose d’un peu différent : qu’il n’est pas le ploutocrate, maladroit, hors de portée, que les publicités payées par Obama et les media non payés ont décrit. Il l’a fait de façon décisive.

Voilà pourquoi MSNBC [chaîne d’infos câblée en continu, NdT] est au bord du suicide. Voilà pourquoi les sondages montrent que, avec une marge d’au moins 2 à 1, les électeurs se sont majoritairement prononcés pour Romney dans le débat.

Et il a gagné gros d’une manière inhabituelle. Cela aurait pu être le seul débat présidentiel jamais gagné aussi certainement en l’absence de quelque gaffe évidente et ruineuse, comme celle de Gerald Ford « Il n’y a pas de domination soviétique de l’Europe de l’Est ».

Romney a gagné par deux hipons.

letters[at]charleskrauthammer.com

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