Caroline Glick – Le message défaitiste de la Gauche

Caroline Glick – Le message défaitiste de la Gauche

Jerusalem Post 03/01/2011 Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Alors qu’elle promettait autrefois la paix et la prospérité, la Gauche israélienne opère maintenant dans un univers fermé dans lequel la réalité n’a aucune place et où les opinions opposées sont systématiquement ignorées.

La Gauche israélienne était autrefois un lieu d’optimisme. Mais ce n’est plus le cas. Elle promettait autrefois la paix et le bonheur. Mais ce n’est plus le cas.

Aujourd’hui la Gauche n’a plus une lueur d’espoir, elle est marquée par l’irrationalité et l’illusion. Elle opère ans un univers fermé dans lequel la réalité n’a aucune place et où les opinions opposées sont systématiquement ignorées.

Le défaitisme de la Gauche m’a été rapporté jeudi dernier pendant la conférence de Samarie sur la loi et les media au Centre Universitaire d’Ariel. J’ai participé à un groupe de discussion intitulé : « L’idée d’une ‘solution à deux Etats’ est-elle réalisable ou condamnée à l’échec ? »

Les deux premiers intervenants du panel étaient le Dr. Martin Sherman de l’Université de Tel Aviv et moi-même. Sherman expliqua dans les détails comment un Etat palestinien en Judée, Samarie et à Jerusalem mettra en danger Israël.

Sans le contrôle de ces zones, Israël ne disposera pas de frontières défendables. Et puisqu’il n’y a pas de direction palestinienne voulant accepter le droit à l’existence d’Israël, cette vulnérabilité stratégique sera un grand obstacle à notre survie.

Aussi bien Sherman et moi-même avons expliqué dans le détail que du fait du rejet palestinien et plus largement du monde arabe, du droit d’Israël à l’existence, le modèle politique de la « solution à deux Etats » est illusoire. Ce n’est pas un modèle politique, c’est un fantasme. Un débat sur une solution à deux Etats n’est pas un débat politique, mais un débat sur l’attractivité d’un rêve fumeux.

Notre opinion a été soulignée la semaine dernière dans un éditorial de couverture par le vice-président de la Knesset Ahmed Tibi dans le ‘Washington Times’. Tibi appelait le gouvernement Obama à mettre fin au soutien des USA à l’Etat juif. Au lieu de soutenir l’Etat juif, Tibi demandait aux USA de soutenir la partition du territoire à l’Ouest du Jourdain entre un Etat arabe de ‘Palestine’ judenrein, et un Etat non juif dans le reste de la zone.

Selon nos arguments au groupe de discussion, et la déclaration internationale de guerre effective de la part de Tibi contre Israël au nom de la communauté arabe, on pouvait s’attendre à ce que, à la conférence d’Ariel, les intervenants de Gauche auraient trouvé fort difficile de maintenir leur allégeance à la formule à deux Etats. De même, du fait que le chef négociateur de l’AP Saeb Erekat ait publié un article dans le ‘Guardian’ il y a deux semaines où il appelait implicitement à la destruction d’Israël, on aurait pu se pardonner de croire que l’ancien billettiste d’opinion du journal ‘Ma’ariv’ Ben Dror Yemini et Shaul Arieli du Conseil pour le Paix et la sécurité financé par l’UE, puissent avoir diminué leur soutien aux cadeaux de terre israélienne.

Mais on aurait tort de penser cela. Persistant dans la pratique de routine de la Gauche, plutôt que de faire face à des avis opposés ou bien à la réalité, nos collègues de discussion ont fait mine de nous ignorer.

J’ai consacré la plus grande part de mon intervention à discuter d’une politique non fondée sur le fantasme. Une telle politique, que j’appelle le ‘Plan de Stabilisation’, implique un ensemble d’opérations militaires et de respect de la loi, une offensive juridique politique et internationale, et l’application de la loi israélienne dans la vallée du Jourdain et les principaux blocs d’implantation israéliens en Judée et Samarie. Comme je l’ ai dit, cette politique a ses avantages et ses inconvénients. Mais c’est une politique, pas un fantasme.

Yemini a fait du bon travail en démontrant la campagne européenne de délégitimation d’Israël. Il a condamné ouvertement le ‘New Israel Fund’ et ‘J Street’ pour leurs efforts de délégitimation d’Israël. Il a mis en colère ses collègues de Gauche avec ses mises en garde sur le rejet permanent du droit à l’existence d’Israël par le Fatah. Pourtant, malgré tout cela, dans ses remarques, Yemini a ignoré ce que j’avais affirmé quelques instants auparavant et déclaré qu’il n’y avait pas d’alternative à la solution à deux Etats. La communauté internationale, qui mène une guerre politique contre Israël, n’acceptera rien moins que cela. Capituler est la seule option.

Arieli pour sa part a deux options. Nous pouvons céder volontairement ou bien nous pouvons être obligés par la communauté internationale de capituler. Si nous voulons demeurer partie intégrante du monde occidental, nous ferions mieux de le faire nous-mêmes. La solution à deux Etats, dit-il, est le seul espoir d’Israël.

Arieli a assuré à l’auditoire qu’Israël n’a aucune raison de se soucier de céder des frontières défendables parce que tout fonctionnera à merveille. Si nous y allons avec la première option et nous nous dénions les moyens de défendre ce qui restera de notre pays après avoir retourné à la fourche la Judée, la Samarie et Jerusalem aux Palestiniens qui rejettent notre droit à un Etat, nous serons définitivement en sécurité.

Pendant ses remarques, Arieli a mis en avant à plusieurs reprises que sa position est la même que celle de la chef de l’opposition Tzipi Livni. Et il avait raison.

Dans son entretien vendredi avec le rédacteur en chef du Jerusalem Post David Horowitz, Livni a aussi mis en avant qu’Israël n’a pas d’autre option que de capituler. Israël perdra tout soutien international, pour ne rien dire son caractère juif si nous ne donnons pas aux Palestiniens ce qu’ils veulent.

La critique cinglante par Livni du Premier ministre Benyamin Netanyahou tourne autour de ce qu’elle considère son insistance à mettre des limites à la portée des cessions israéliennes. Livni a admis que le chef du Fatah Mahmoud Abbas a rejeté la précédente offre généreuse du précédent Premier ministre Ehud Olmert d’un Etat palestinien à Jerusalem, et sur la majorité de la Judée et de la Samarie, et a Gaza. Mais elle a nié que son acte signifie que le chef Palestinien ne soit pas intéressé par un Etat palestinien.

De manière ridicule, Livni a proclamé que ce que son propre patron a offert au chef palestinien n’avait aucune importance. Livni a affirmé que comme ministre des affaires étrangères d’Olmert, elle était la seule en capacité de faire des offres au nom d’Israël. Comme elle déclare qu’elle ne fit pas d’offre, en ce qui la concerne, le fait qu’Abbas ait rejeté celle de son patron est sans importance.

Comme Yemini et Arieli, Livni ne voit pas d’autre option que de capituler. Et comme eux, elle admet que capituler n’apportera pas la paix. Comme elle le dit, un accord de capitulation « serait très fragile, et pourrait être accompagné par du terrorisme ».

Comme elle le résume, si elle fait valoir son modèle et qu’Israël cède la boutique, « je n’ai aucune illusion sur le ‘Nouveau Moyen Orient’. Je ne crois pas que au moment où un accord sera signé, nous vivrons dans un monde de conte de fées, de prospérité et de bonheur ».

Tout de même, en ce qui la concerne, c’est le seul choix d’Israël.

Et ce n’est pas seulement vis-à-vis de Palestiniens que la Gauche perçoit qu’Israël n’a pas d’autre choix que de capituler. Il en est de même concernant le Hezbollah et la Syrie. Dans son entretien, Livni a défendu son rôle dans la production de la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui posa les termes mettant fin à la guerre avec le Hezbollah en 2006.

La résolution 1701 pour sa plus grande part a été le pire échec de la diplomatie israélienne de mémoire récente. Elle a mis le Hezbollah – organisation terroriste illégale dirigée par l’Iran – sur un pied d’égalité avec Israël. Elle a renforcé le Hezbollah dominant le gouvernement libanais et son armée en lui permettant de se réarmer et a ainsi ouvert le voie non seulement au réarmement du Hezbollah, mais aussi à sa prise de contrôle du gouvernement et de l’armée libanais. De plus, elle a augmenté le pouvoir des forces de l’ONU se compromettant avec le Hezbollah au Sud Liban.

Tout cela a fait de la 1701 un désastre stratégique pour Israël. Mais Livni refuse de le reconnaître. Dans son entretien, elle a défendu la 1701 en prétendant qu’à l’opposé du Premier ministre Ehud Barak en 2000, avec le retrait du Sud Liban, la 1701 a donné à Israël la légitimité de frapper le Hezbollah dans le futur.

Comme elle le dit : « Pour la première fois, nous avons créé une situation dans laquelle le réarmement n’était pas légitime, avec les conséquences naturelles en option si nous devons les utiliser ».

Ironiquement, c’est précisément ce que Barak a déclaré qu’il faisait en se retirant en 2000. En mars 2006, exactement quatre mois avant la guerre qui devait voir la diabolisation d’Israël sur pratiquement toutes les scènes diplomatiques, Ari Shavit du journal ‘Ha’aretz’ proclama qu’en se retirant à la frontière internationalement reconnue avec le Liban en mai 2000, « Barak avait construit le mur invisible de la légitimité internationale » pour les opérations de combat futures au Liban. Et depuis 2006, la campagne internationale pour refuser à Israël le droit à l’autodéfense n’a fait que gagner du terrain.

De même pour la Syrie, sous la conduite du gouvernement Obama, aujourd’hui la Gauche israélienne fait une reviviscence de sa vieille pulsion à céder les Hauteurs du Golan. La Gauche soutient que le dictateur syrien Bashar Assad est enclin à abandonner son alliance stratégique avec l’Iran et qu’en cédant une frontière défendable dans le Nord, Israël le convaincra de le faire et ainsi d’affaiblir l’Iran. Bien sûr, la réalité raconte une histoire opposée. Si Israël se rend indéfendable, cela suscitera la guerre.

De plus, le pouvoir croissant d’Assad n’est dû qu’à son alliance avec l’Iran. Comme Michael Young du journal ‘Lebanon Daily Star’ l’a écrit la semaine dernière : « Washington veut négocier avec la Syrie pour qu’elle abandonne des alliances que les Syriens n’abandonneront jamais volontairement, parce que ce faisant, cela affaiblirait tellement Damas politiquement que cela dénouerait l’objet même de la négociation ».

Les Américains ne se soucieraient pas de la Syrie si elle était modérée. Les USA ne chercheraient pas à se concilier Assad s’il ne permettait pas au Hezbollah d’utiliser la Syrie comme base logistique, s’il n’avait pas commandité l’assassinat de l’ancien Premier libanais Rafik Hariri ou s’il n’était pas le partenaire junior de l’Iran dans sa guerre par procuration contre les USA en Irak. Si Assad n’était pas un proliférateur nucléaire avec l’Iran, la Corée du Nord et le Venezuela, il serait traité avec la même approche que le dictateur égyptien Hosni Moubarak.

Pourtant, rien de cela ne compte pour la Gauche. Dans son optique, Israël peut totalement faire changer la Syrie – et l’Iran – en se refusant la capacité de défendre le Nord d’Israël.

Pour soutenir cette vision, Aluf Benn dans le numéro de vendredi du ‘Ha’aretz’ a écrit que le chef d’Etat Major Général sur le départ, le Rav Alouf Gabi Ashkenazi a l’intention d’entrer en politique en se faisant le champion de la cession israélienne du Golan. Ashkenazi – qui a joui d’une relation privilégiée avec l’administration Obama – a été le principal opposant à une frappe de Tsahal contre les installations nucléaires de l’Iran. Son mentor personnel est le Major Général (2ème section) Uri Saguy. Celui-ci a servi comme principal champion d’une cession des Hauteurs du Golan depuis plus d’une décennie.

Jusqu’à ce que le processus de paix n’engendre le jihad palestinien et que les cessions du Sud Liban et de Gaza n’apportent la guerre, le message de la Gauche était : “Rejoignez nous et nous vous apporterons la paix et la prospérité”.

C’était un message optimiste, attractif et il fit gagner à la Gauche une paire d’élections. Mais maintenant que leurs plans ont tous échoué, le message de la Gauche est devenu : « Rejoignez nous, parce que la résistance est futile. Nous sommes condamnés ».

Ce n’est pas un message attractif. Et heureusement, il n’est pas vrai non plus.

Ce qui est vrai, c’est qu’avec la réalité de l’échec des illusions de la Gauche, son message défaitiste a fait perdre à la Gauche le soutien du public.

 

caroline[at]carolineglick.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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