France-Syrie : visite officielle de Bernard Accoyer chez le dictateur de Damas ! Il n’a rien appris de l’expérience de Ben Ali en Tunisie ! (document vidéo)

Alors que le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer s’apprête à se rendre en visite officielle en Syrie, du 26 au 28 janvier, Human Rights Watch épingle, dans son rapport sur les droits de l’homme, le régime syrien, parmi d’autres dictatures, et accuse les pays occidentaux de complaisance à leur égard. Pourtant, “les responsables français, éclaboussés par la chute de Ben Ali en Tunisie, n’ont pas encore séché” !! Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale, sera accompagné d’une délégation de députés issus tant de la majorité que de l’opposition. Ce qui atteste que l’aveuglément n’a pas d’étiquette politique. Marc Le Fur (UMP), vice-président de l’Assemblée nationale et vice-président du groupe d’amitié France-Syrie, Jean-Claude Guibal (UMP), Jérôme Lambert (PS) et François Loncle (PS), membres du même groupe d’amitié, feront le voyage à Damas alors que la dictature syrienne assène les coups aux intérêts français dans la région, notamment au Liban. Si cette visite s’inscrit dans la perspective du renforcement du dialogue entre les parlementaires français et syriens, ses retombées, le jour où le peuple syrien se révoltera, seront proportionnelles à la complicité et à la complaisance françaises avec la dictature. IMG/flv/torture_baas_syrie.flv La torture en Syrie, une monnaie courante que Monsieur Accoyer ne doit pas ignorer. En effet, Human Rights Watch (HRW) indique, dans la partie consacrée à la Syrie de son rapport 2011 publié ce lundi , qu'” un grand nombre de gouvernements ont tendance à accepter les prétextes et arguments fallacieux avancés par des gouvernements répressifs, préférant adopter des stratégies complaisantes basées sur le dialogue privé ou sur la coopération, au lieu d’exercer de réelles pressions visant à assurer le respect des droits humains “. Et d’ajouter, le rapport 2011 souligne qu'” au lieu de faire preuve de fermeté à l’égard des chefs d’Etat responsables de violations de droits, de nombreux pays, dont plusieurs États membres de l’Union européenne, adoptent des politiques qui ne comportent aucun élément de pression susceptible d’inciter à un changement de politique dans ce domaine “. Selon le rapport de HRW, les autorités syriennes continuent à violer fréquemment les droits civils et politiques des citoyens, et notamment en arrêtant des militants politiques et des défenseurs des droits humains, en censurant des sites web, en plaçant en détention des blogueurs, et en imposant des interdictions de voyager. L’état d’urgence décrété en 1963 demeure en vigueur, et les multiples agences de sécurité syriennes continuent à arrêter des personnes sans mandat d’arrêt et à les maintenir en détention sans contacts avec l’extérieur pendant des périodes prolongées. La Cour suprême de sûreté de l’État (CSSE), un tribunal d’exception dénué de presque toutes garanties de procédure, condamne régulièrement des activistes kurdes et des islamistes à de longues peines de prison. L’adoption au mois de janvier 2010 d’une nouvelle loi contre le trafic d’êtres humains a été la seule avancée positive au cours de l’année dernière. Mais les procès devant la CSSE se multiplient et les condamnations sont de plus en plus sévères, à l’exemple du docteur Kamal Al-Labwani, médecin et fondateur du Rassemblement Libéral Démocratique, qui purge une peine de 15 ans d’emprisonnement pour avoir plaidé pour des réformes pacifiques ! Selon le rapport de HRW, la Syrie de Bachar Al-Assad peut facilement battre la paranoïa de la Tunisie de Ben Ali. En effet, quelques semaines avant la chute du dictateur de Tunis, celui de Damas a renforçait la loi syrienne relative à la presse, donné au gouvernement une mainmise absolue sur les médias et étendu son contrôle aux médias en ligne. La censure des sites web politiques est généralisée et touche des sites populaires tels que Blogger, Facebook, et YouTube. D’ailleurs, en décembre 2009, les services de sûreté de l’Etat avaient arrêté Tal Al Mallohi, une blogueuse étudiante de 19 ans, à cause d’un poème critique qu’elle avait écrit. Jusqu’à ce jour, les services de sécurité syriennes lui interdisent tout contact avec l’extérieur (…). Un tribunal militaire a condamné en juillet Haytham Al Maleh, un éminent avocat des droits humains – et ancien juge – âgé de 80 ans, à trois ans de prison pour ” affaiblissement du sentiment national ” et ” diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte au moral de la nation “. Cette condamnation faisait suite à la diffusion par une chaîne de télévision d’opposition d’une interview téléphonique d’Al Maleh, dans laquelle il critiquait les autorités syriennes. En juin 2010 est intervenu l’arrestation et la détention de Kamal Sheikho, un membre des Comités de défense des libertés démocratiques et des droits de l’Homme en Syrie (CDF). Le 23 août, un autre membre des CDF, Ismail Abdi, qui détient la double nationalité syrienne et allemande et qui vit en Allemagne depuis 1997, a eu le même sort. Il était venu en Syrie en vacances. Un juge l’a interrogé en octobre, sur des accusations d’affaiblissement du sentiment national et d’appartenance à un groupe interdit. Les multiples services de sécurité de la Syrie continuent d’arrêter des personnes sans mandat d’arrestation et refusent fréquemment de révéler pendant des semaines et parfois des mois les lieux où elles sont détenues -ce qui revient de fait à leur disparition forcée. Le sort de Nabil Khlioui, un homme de la région de Deir Al Zawr détenu en 2008 à cause de liens supposés avec les islamistes, demeure inconnu. Les autorités ont aussi gardé le silence quant au sort d’au moins 20 Kurdes détenus depuis 2008 à cause de liens supposés avec un mouvement séparatiste kurde.

Lire l’article complet sur MediArabe.info

Share This

About the author

1 comment

  1. Akerman Michel Netanya

    La Syrie qui a accueilli en grand nombre d’anciens nazis après la seconde guerre mondiale pour former sa police secrète, qui a tué des milliers d’opposants (30000 dans la ville d’Hanna durant la dictature d’ Assad père) est cajolée par les munichois français. Tout comme pour son attitude avec l’Algérie, l’Egypte, le Liban, la Tunisie, la Libye ou le Maroc, la France (de gauche comme de droite) devra rendre des comptes, la lâcheté et la bassesse ont des limites !
    Shabbat Shalom.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.