Obama et l’Egypte

L’éditorial de Pierre Rousselin. 01/02/2011 ” Le Figaro – Si Barack Obama hésite sur l’attitude à adopter à l’égard de l’Egypte, il sait ce qu’il ne doit pas faire : suivre l’exemple de Jimmy Carter, au moment de la chute du chah d’Iran, en 1979. Comme le soulèvement en Egypte, la révolution iranienne avait commencé par une succession de manifestations de plus en plus impressionnantes ” mais où les islamistes n’étaient pas les plus visibles ” réclamant le départ d’un dirigeant autoritaire, allié stratégique des Etats-Unis au Moyen-Orient. A l’époque, la hantise était que l’Union soviétique profite d’une crise pouvant se propager dans la région. Aujourd’hui, tout le monde redoute une nouvelle poussée des islamistes, qui se sont, entre-temps, implantés en Iran, au Liban et en Palestine. L’affaire iranienne avait éclaté au milieu du mandat de Jimmy Carter. Elle a beaucoup contribué à sa défaite face à Ronald Reagan, en 1980. L’année prochaine, l’Egypte et les rapports avec le monde arabe pourraient bien peser très lourdement sur la présidentielle. Les Etats-Unis avaient soutenu le chah jusqu’au bout, même quand ses jours étaient comptés. Carter n’a pas voulu pousser Téhéran à réprimer l’opposition, comme le lui conseillait Zbigniew Brzezinski. Mais, dans le même temps, il répugnait à «lâcher» un allié. Washington a payé très cher ces hésitations avec la prise d’otages à l’ambassade des Etats-Unis, qui a permis à l’ayatollah Khomeyni de radicaliser la révolution islamique et a évincé Carter de la Maison-Blanche. En Egypte, Barack Obama a pris ouvertement ses distances avec Hosni Moubarak, ce qui n’a pas manqué de fragiliser le vieux raïs. Le président américain appelle publiquement à une transition démocratique. Le sénateur John Kerry, dont les liens avec la Maison-Blanche sont étroits, vient de publier une tribune intimant Moubarak d’abandonner le pouvoir. En phase avec l’armée égyptienne, financée par Washington à raison de 1,3 milliard de dollars par an, le Pentagone lui demande d’éviter un bain de sang. Des contacts ont été établis avec Mohammed ElBaradei et donc avec les Frères musulmans. L’ancien diplomate chevronné Frank Wisner est sur place pour veiller au grain. Si, malgré les apparences, Barack Obama est aussi actif, c’est parce qu’il joue sa présidence, ces jours-ci, au Caire.

Lire l’article complet sur ambisrael.fr

Share This

About the author

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.