La «loi Bishara» adoptée en commission

A l’issue de débats houleux, la commission de la Knesset a voté à la majorité (8 voix contre une) pour la présentation en troisième lecture du projet de loi visant à priver de sa retraite l’ancien député arabe Azmi Bishara, tant qu’il ne reviendrait pas en Israël pour subir un interrogatoire sur ses activités douteuses : il est en effet soupçonné d’avoir trahi le pays, alors qu’il siégeait à la Knesset, en communiquant des renseignements confidentiels à l’ennemi. Seul le député d’extrême gauche Haïm Oron, du parti Meretz, a voté contre cette loi. Depuis que Bishara a quitté Israël en juin 2007 pour échapper à la justice, il a reçu de la Knesset une pension s’élevant au total à 512 197 shekels. Plus précisément, il a touché d’une part une retraite mensuelle de 7 248 shekels dont le montant global est de 316 993 shekels et d’autre part une allocation correspondant à six salaires, c’est-à-dire 195 524 shekels. Plusieurs députés, profondément choqués par les avantages octroyés à Bishara, ont décidé de proposer une loi devant le priver de tous ces privilèges. Il s’agit d’Israël Hasson (Kadima), de Yariv Lévine (Likoud) et de Moshé Matalon (Israel Beteinou) dont le projet de loi a été adopté il y a deux mois par la Knesset en première lecture. Lévine a déclaré lors des débats qu’il était intolérable que l’Etat d’Israël continue à verser de l’argent à un homme qu’il voyait tous les soirs, sur la chaîne télévisée Al Jazeera, vanter les bienfaits de l’islam extrémiste et pousser à des actes de violence. Et d’ajouter : « Bishara a trahi son pays, mais celui-ci continue à l’entretenir ». La loi Bishara stipule qu’un député, en exercice ou ayant quitté son poste, sera privé de tout paiement s’il est soupçonné ou condamné pour des délits passibles d’au moins dix ans de prison et s’il refuse de se présenter aux interrogatoires ou de se faire emprisonner en cas de condamnation. Comme on pouvait s’y attendre, le député Jamal Zahalka, chef du groupe parlementaire de Bishara, a protesté contre la décision de la commission, prétendant qu’il s’agissait d’un acte de « vengeance » allant à l’encontre de la démocratie et de la loi. Zahalka a ensuite proposé une solution de « compromis » : l’ancien député Bishara renoncerait à sa pension et en échange, le projet de loi serait annulé. Cette suggestion a fait bondir le député Matalon qui a demandé à Zahalka s’il avait demandé l’accord de l’intéressé. Celui-ci lui ayant répondu qu’il l’avait obtenu et qu’il était donc en contact permanent avec lui, Matalon a déclaré qu’il devrait lui aussi subir un interrogatoire. De son côté, le député Likoud Ophir Akounis a salué la nouvelle mesure adoptée contre Bishara, affirmant « qu’elle infligeait un coup dur aux terroristes qui ne pourraient plus utiliser la Knesset pour fouler du pied la démocratie israélienne ».

Lire l’article complet sur israel7.com

Share This

About the author

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.