Entre le 8 mars 1963 et le 8 mars 2011 : quatre douzaines d’années suffisent ! Les Syriens sont appelés à manifester le 8 mars prochain

Alors qu’une page sur Facebook a rassemblé, jusqu’au samedi 26 février, plus de 25.000 militants de la liberté en Syrie, et appelle à manifester contre la dictature, un collectif d’intellectuel, de médecins et d’avocats syriens vient de publier un “communiqué N°1″ et d’appeler le peuple et les officiers de l’armée à manifester pacifiquement le 8 mars prochain à travers tout le pays. Le communiqué N°1 , publié par plusieurs sites syriens et repris par les sites libanais, appelle ” les Syriens à se rassembler pacifiquement le mardi 8 mars prochain, après la prière, devant le Palais de justice de Damas, pour réclamer la réhabilitation de la constitution gelée depuis 48 ans, la levée de l’état d’urgence, l’autorisation de fonder des partis politiques et la suppression du ministère de l’Information “. Les signataires invitent les officiers de l’armée à protéger le peuple au lieu de protéger le dictateur qui humilie les Syriens : ” ne soyez pas des outils entre les mains du régime contre le peuple. Soyez fidèles à votre engagement de défendre la Patrie et le peuple “. Les auteurs appellent ” la police à ne pas décevoir le peuple et à s’abstenir de servir le tyran “. Cet appel intervient alors que les militants de la liberté s’apprêtent à fixer la date de leur mobilisation dans les jours à venir. Selon ” Elaph.com ” , ” une page dédiée sur Facebook rassemble jusque-là plus de 25.000 adhérents qui appellent à la fin de la dictature “. Ils doivent accentuer les manifestations, bien que celles-ci aient été systématiquement réprimées en Syrie. Ces deux initiatives rejoignent ” les appels lancés au président Bachar Al-Assad l’invitant à quitter le pouvoir et à le restituer au peuple “. L’ancien vice-président Abdelhalim Khaddam (exilé en France), l’écrivain Ahmed Mouloud Tayyar (exilé au Canada), et des dignitaires tribaux (comme notamment le chef de l’importante tribu des Terkaoui, Ali Hussein Terkaoui ), ont adressé trois lettres ouvertes à Assad depuis le 1er février, l’invitant à ” épargner le pays un bain de sang et à restituer le pouvoir usurpé par le Baas depuis 1963 “. En outre, selon le communiqué N°1 des intellectuels affirment bénéficier du soutien des tribus. Cette perspective inquiète le régime, car elle conduira indéniablement à la défection des militaires issus des tribus. Ce qui explique également l’utilité du déploiement de milliers de combattants du Hezbollah et des Pasdarans” target=”_blank” class=”external external_icon” rel=”nofollow”>Gardiens de la Révolution iranienne en Syrie pour défendre le régime et réprimer la population. La date choisie pour le début des manifestations en Syrie est très judicieux. Elle correspond en effet au 48ème anniversaire du coup d’Etat mené par le Baas, le 8 mars 1963. Pour les Syriens, ” quatre douzaines d’années de tyrannie et de dictature suffisent. Il est temps de prouver que le peuple syrien n’est pas moins courageux que les Tunisiens, les Egyptiens et les Libyens, et refuse l’humiliation “. Le mois de mars correspond également au début de la nouvelle année kurde, fête marquée en mars 2004 par un massacre commis par le régime contre les Kurdes à Qamichli (Est), que cette communauté promet commémorer comme il se doit ! L’étau semble se resserrer sur le régime syrien, qualifié de la pire dictature inspirée par la Corée du Nord et la Roumanie de Ceaucescu. Sa criminalité contre son propre peuple, connue depuis les massacres étatiques de Hama en 1982, mais également contre les Palestiniens (les massacres contre les camps palestinien au Liban et la guerre contre l’OLP de Yasser Arafat) et les Libanais (35 ans d’occupation, de pillage, d’assassinats politiques…) et son bellicisme en Irak (alliance avec Al-Qaïda), au Bahreïn (déstabilisation à travers les Chiites, Manama vient d’accuser la télévision officielle syrienne d’avoir diffusé des mensonges graves, en affirmant que l’Arabie saoudite a envoyé son armée pour réprimer au Bahreïn), et au Yémen (à travers les Houthi), dépassent de loin les défauts de Ben Ali, de Moubarak et de Kadhafi. Les Syriens affirment que ses jours sont désormais comptés. Khaled Asmar © .  

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