Israël, une terre promise pour le capital-risque

Avec plus de 1200 millions de dollars investis annuellement dans près de 300 jeunes sociétés technologiques, Israël s’est imposé comme la deuxième destination mondiale du capital-risque derrière les Etats-Unis. En levant près de 350 millions de dollars en janvier 2010 auprès de diverses banques, la start-up israélienne Better Place, qui vise le leadership mondial des infrastructures pour les véhicules électriques, incarne pleinement ce dynamisme. Comment ce jeune pays de 7 millions d’habitants, évoluant au cœur d’une situation géopolitique complexe, a-t-il réussi à attirer depuis une vingtaine d’années des investisseurs financiers venant du monde entier? Alors même que le capital-risque européen a du mal à se relever de l’éclatement de la bulle internet ” à l’exception de la Suisse ou de certains pays nordiques -, Israël a su réunir les conditions d’un capital-risque alternatif, performant et dynamique, qui concurrence aujourd’hui la célèbre Silicon Valley. En intégrant l’OCDE en mai 2010, Israël a démontré la bonne gouvernance de son économie, ainsi qu’une solide productivité qui garantit son attractivité aux investissements étrangers. D’une économie principalement agricole, Israël est devenu un acteur mondial dans les domaines de l’innovation et de la R & D (Recherche & Développement). Les technologies de l’information et de la communication ” qui ont crû à un rythme de près de 11% par an depuis 10 ans ” représentent désormais la moitié des exportations et près de 20% de la valeur ajoutée produite dans ce pays. Seule la Corée du Sud fait actuellement mieux. Israël a ainsi fait émerger des leaders globaux du high-tech, à l’image de Checkpoint, spécialiste mondial de la sécurité des réseaux informatiques. Ce pays également à l’origine de nombreuses technologies de ruptures (innovations technologiques qui portent sur un produit ou un service et qui finissent par remplacer des technologies dominantes sur un marché) utilisées au quotidien par des millions de consommateurs, telles que les cartes mémoire développées par la société israélienne M-System. En s’appuyant sur une volonté politique forte, Israël a créé un environnement propice à la R & D. Les grands groupes de technologie mondiaux, tels que Microsoft, Intel ou LG, ont ainsi établi depuis plusieurs années leurs propres centres de recherche dans le pays Avec près de 5% du PIB consacré à la R & D civile -l’un des taux les plus élevés au monde ” et une interaction permanente entre son infrastructure de recherche militaire et les centres universitaires, le pays est devenu l’un des principaux contributeurs de brevets au niveau international rapporté à sa population. Avec le plus fort taux mondial de dépenses consacrées à l’éducation (près de 9,5% du PIB) et grâce à une immigration continue et qualifiée, l’industrie high-tech israélienne peut s’appuyer sur une population jeune, éduquée et à l’esprit entrepreneurial. On compte en Israël près de 135 ingénieurs pour 10 000 habitants, soit le double des USA, du Japon ou de l’Allemagne. Cet environnement favorable offre donc un terrain de jeu attractif aux investisseurs locaux et internationaux. Sequoia, l’icône du capital-risque de la Silicon Valley qui a notamment incubé et accompagné la croissance de sociétés comme Yahoo!, Cisco ou encore Google, ne s’y est pas trompé en s’implantant localement dès 1999. Une cinquantaine de gérants de capital-risque ” dont des pionniers locaux comme Pitango, Evergreen, ou Giza ” se partagent un marché qui a financé près de 391 sociétés l’année passée pour un montant investi supérieur à 1200 millions de dollars. Le modèle israélien se distingue du modèle traditionnel du capital-risque, qui finance le développement d’une société, de la R & D au produit final, pour ensuite l’introduire en bourse. Ce modèle reste malheureusement dépendant de marchés boursiers volatils pour matérialiser la valeur créée. Il se confronte également au défi que constitue le long et incertain chemin de la création d’entreprise. Le capital-risque israélien est plus simple et efficace. En se positionnant très en amont sur des technologies innovantes issues du monde universitaire, les investisseurs se bornent volontairement à financer les premières étapes de la R & D, pour créer en quelques années non plus une entreprise aboutie, mais une plate-forme technologique qu’une autre société high-tech pourra acquérir. Israël est donc devenu le «shopping rnall» des grands groupes de technologie mondiaux, qui préfèrent acquérir la technologie, qu’ils vont pouvoir simplement «plugger» dans leur plate-forme produits et de distribution, plutôt que d’internaliser des coûts de R & D. Le nombre croissant de sociétés israéliennes vendues au cours des 10 dernières années auprès de grands groupes internationaux illustre ce modèle de sous-traitance du développement technologique, qui offre en parallèle la liquidité recherchée par les acteurs du capital-risque. La création de valeur peut être plus modeste, mais en revanche elle est plus régulière. La forte demande technologique mondiale et l’actuelle abondance de ressources financières au sein des grands groupes de technologie assure par conséquent au capital-risque israélien un avenir serein. Olivier Carcy Responsable des activités de Private Equity de Crédit Agricole

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