Liban : le Hezbollah appelle à rompre tout lien avec le Tribunal international

La propagande du Hezbollah, bien rôdée, se met en place. Elle invente et gonfle les chiffres, accuse le Tribunal international de vouloir espionner les Libanais, et fait du TSL un instrument israélo-américain pour le délégitimer. Réussira-t-elle à dix jours du sixième anniversaire du 14 mars ? Le Hezbollah a appelé, ce vendredi, par la voix du député Mohammed Raad, à ” rompre définitivement le protocole liant le Liban au Tribunal international pour le Liban (TSL) “, qui doit juger les commanditaires et les assassins de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, et d’une trentaine d’autres personnalités politiques, militaires, intellectuelles et civiles, depuis 2005. Selon le député, la demande du Hezbollah vient en riposte à la demande formulée par le procureur du Tribunal, le juge canadien Daniel Bellemare, auprès du gouvernement libanais. Le Hezbollah et ses alliés affirment que ” les enquêteurs demandent la ” data ” (base de données) du ministère des Télécommunications, ainsi que les empruntes digitales des 4 millions de Libanais “. Ils tentent de remonter les Libanais, avides de justice, contre cette ” tentative de les espionner pour le compte d’Israël et des Etats-Unis, dont l’objectif est de détruire la Résistance et de la désarmer… “. Or, selon plusieurs sources médiatiques libanaises et arabes (” Beirut Observer “, ” Middle East Transparent “, ” Al-Hayat “, ” Elaph.com “, ” AFP “, ” Al-Jarida “…), le TSL a demandé la collaboration de quatre ministres : Ghazi Al-Aradi (Transports), Charbel Nahhas (Communications), Ziad Baroud (Intérieur) et Gebran Bassil (Energie), pour des faits très précis. Selon ces sources, les enquêteurs cherchent à vérifier certaines données avant la publication de l’acte d’accusation, qui serait très imminent. Ils cherchent ainsi ” auprès du ministère des Transports des informations sur les travaux de réfection de la chaussée, quelques heures après l’explosion contre Hariri. Du ministère de l’Intérieur ils demandent des explications sur un millier de personnes proches du Hezbollah qui auraient bénéficié de vrais-faux passeports (des vrais passeports falsifiés par la direction de la Sûreté général, détenue depuis des années par un proche du Hezbollah, et sous l’autorité du ministère). Au ministère des Télécommunications, le TSL a demandé les enregistrements de certaines communications suspectes. Et enfin, au ministère de l’Energie, des renseignements sur les propriétaires de certains compteurs électriques, indispensables pour vérifier certaines adresses “. Or, ces quatre départements sont dirigés par des ministres proches du Hezbollah ou par des ministres qui ” se placent au centre “, et qui sont terrorisés par le Hezbollah (Ghazi Al-Aridi, proche de Walid Joumblatt, qui navigue entre opposition et majorité, et Ziad Baroud à l’Intérieur, qui joue l’équilibrisme). De ce fait, les quatre ministres sont suspectés d’avoir sciemment gonflé les chiffres, affirmant que Bellemare veut espionner 4 millions de Libanais, refusant de collaborer. Mais, selon plusieurs sources, ” cette situation risque d’envenimer la situation et menace le Liban d’être mis au ban des Nations, puisque le Tribunal avait été instauré par le Conseil de sécurité sous le chapitre VII, ce qui autoriserait les Nations unies à recourir à la force pour faire appliquer ses résolutions “. Ce regain de tension intervient notamment dix jours avant la commémoration de la marche géante qui a vu naître ” l’Alliance du 14 mars “, en 2005, et qui a sonné le lancement de la ” Révolution du Cèdre ” conduisant au retrait de l’armée d’occupation syrienne. Aujourd’hui, tout semble calculé en fonction du calendrier. Une telle tension, en l’absence d’un gouvernement – ou en présence du gouvernement Mikati en gestation, et qui serait une vitrine du Hezbollah – le Parti de Dieu compte terroriser les souverainistes et les partisans de l’alliance du 14 mars, et les pousser à boycotter la manifestation. D’ailleurs, selon plusieurs sources, celle-ci pourra avoir lieu le dimanche 13 et non pas le lundi 14 mars. Car, plusieurs partisans se sont plaints de leurs supérieurs hiérarchiques, tant dans l’administration que dans le secteur privé (partisans du Hezbollah et de ses alliés), qui leur refusent une journée de congé. Ne pouvant pas participer à la manifestation, celle-ci pourrait être avancée d’un jour. Khaled Asmar © .  

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