Construire la paix et la démocratie au Proche-Orient

Les leçons européennes : mode d’emploi Aujourd’hui, le vent du changement et de l’histoire souffle sur les Pays arabes. En Tunisie, en Egypte mais aussi dans d’autres pays de la région du Golfe et du bassin méditerranéen, les peuples espèrent en des jours de liberté politique, culturelle et médiatique. Ils espèrent vivre dans un monde d’égalité, économique et sociale. Des peuples espèrent en un mot : la Démocratie. Ces événements historiques sont d’une importance cruciale pour notre région. Car ils représentent le meilleur moyen de fortifier la paix, développer les libertés, cultiver la tolérance et amener à une coexistence fraternelle au Proche-Orient. Se souvenir de l’Europe, de son histoire, éclairerait peut-être la lecture des événements d’aujourd’hui. Les leçons de la construction européenne pourraient se montrer utiles, pour conjurer cette période d’instabilité et les risques qui guettent ces changements politiques majeurs. Car l’idée de l’Europe est sortie des décombres de la guerre et de l’horreur de la Shoah pour créer un modèle de coopération politique et d’échanges économiques qui permettent aujourd’hui à près de cinq cent millions d’Européens de jouir de la liberté, de la sécurité et de la démocratie. Les leçons de la construction européenne prouvent que la création d’une communauté de pays qui partage des valeurs et des intérêts communs est indispensable pour maintenir la paix et la stabilité. Pourquoi ne pas se servir de cet exemple au Proche-Orient, aujourd’hui ? En 1989, l’Europe à nouveau, a connu le défi de mutations politiques majeures après la chute du Mur de Berlin. A travers différentes missions diplomatiques, dont celle auprès de l’UE à Bruxelles, j’ai pu observer comment l’Europe est parvenue à proposer et garantir l’accès à la démocratie aux pays dits de l’Est. Les Critères de Copenhague ont été le ciment qui permit à des pays vivant auparavant sous des régimes totalitaires, de mettre en place, à long terme, les fondements démocratiques en se basant sur un volet politique, réclamant un Etat de droit, de liberté, la défense des Droits de l’homme, ainsi que sur un volet économique. L’UE exigea de ces nouveaux régimes, le respect de ces critères, en échange de leur l’adhésion à l’Europe et d’un soutien financier massif. C’est dire que l’Europe, par son histoire, possède le savoir faire pour accompagner et orienter les mouvements populaires que nous connaissons dans le bassin méditerranée. Car l’instabilité règne aujourd’hui. Cette incertitude politique pourrait être kidnappée par les Extrémistes. En ces temps incertains, il faut encore se souvenir de l’Histoire de l’Europe. Les fanatismes savent utiliser le processus démocratique durant les périodes d’incertitudes, pour amener le pire au pouvoir. Au Proche-Orient, en 2006, n’oublions pas que le Hamas a pu participer à des élections au sein de l’AP, dont tout le monde, aujourd’hui, constate les effets désastreux. Après un violent coup de force contre leurs frères palestiniens, le Hamas se sert aujourd‘hui de Gaza comme champ de tirs de missiles sur les citoyens israéliens. Il retient en otage non seulement les libertés des Gazaouis mais le jeune Gilad Shalit, depuis plus de 4 ans, sans aucun respect des valeurs humaines élémentaires. Pour éviter un tel engrenage, il nous faut, nous, Etats démocratiques, développer et soutenir les bases de ces démocraties naissantes. Car il est impératif que les partis politiques qui naîtront de ces mouvements populaires, avant de s’engager dans un processus démocratique, en acceptent les valeurs et respectent les règles, toutes les règles ! Des critères clairs, comme le respect des droits, des minorités, des religions, des femmes, le rejet de la violence pourraient être élaborés par l’Europe, légitime de par son expérience et sa réussite. Ces critères devront aussi comprendre un volet sur l’économie, à travers le développement d’une économie de marché mais aussi un volet sur l’éducation, afin de construire un monde méditerranéen prospère et faire cesser toute forme d’incitation à la haine. En échange, les pays qui accepteraient les conditions européennes et rempliraient les critères pourraient bénéficier d’un statut privilégié avec l’UE. Afin d’intégrer et participer à différents programmes dans le domaine du développement, des technologies, de l’énergie, de l’environnement, de l’enseignement, la culture, autant de projets soutenus par une aide financière massive de l’Europe. A travers ce nouveau partenariat européen, ces pays agiraient désormais non en tant qu’observateurs, mais en tant qu’acteurs à part entière. Ces conditions, si elles sont réunies, acceptées et appliquées favoriseront un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. Elles seront le signe, tant attendu par Israël, d’une ouverture culturelle et sociale des Pays arabes, et de l’enracinement de véritables valeurs démocratiques dans la région. Elles seront la garantie que deux Etats pour deux peuples, deux Etats nations, juif et palestinien, pourront vivre côte à côte, en paix et en sécurité. La politique européenne de voisinage établie dans les années 2000 pouvait, jusqu’à présent, servir de direction aux relations entre les pays de la rive méditerranéenne et l’Europe. Mais aujourd’hui, il faut aller bien au-delà. Le modèle européen doit être à la base de ce nouveau projet. Comme elle a su se transformer en son temps, dépasser les guerres et les frontières pour amener la paix et la stabilité, les structures et l’expérience européennes sont aujourd’hui légitimes pour accompagner le processus de transformation que nous vivons dans le bassin méditerranéen Le grand défi pour l’Europe aujourd’hui doit être celui là et aucun autre. L’Europe a été créée pour servir d’exemple et de matrice démocratique. C’est peut être sa raison d’être et c’est aussi son avenir.

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1 comment

  1. Akerman Michel Netanya

    Vouloir appliquer aujourd’hui au Moyen Orient les principes et les valeurs qui ont permis la construction de l’Europe relève de l’utopie, du fantasme et du mensonge.
    “L’UE exigea de ces nouveaux régimes (les ex pays de l’Est) le respect de ces critères, en échange de leur l’adhésion à l’Europe”.
    Avec les rêves arabes d’une palestine Judenrein et un retour des “réfugiés” en Israël, nous sommes à des années lumière des exigences de l’UE mais, vis à vis des pays arabes, seule la haine d’Israël prévaut, à ce régime le Hamas est devenu fréquentable et le Fatah un mouvement « modéré » !
    A l’heure où la construction d’une maison en Judée ou Samarie suscite plus d’émois que les milliers de maisons détruites par le tsunami au Japon, on peut se demander si les leçons de l’histoire ont effectivement été comprises par les dirigeants européens ou américains.
    L’Europe qui se veut un exemple n’est en fait qu’un ensemble de pays qui, par lâcheté et antisémitisme larvé, ne fait rien contre Kadhafi qui élimine ses opposants, rien contre les nazis d’Iran qui sèment la guerre dans TOUS les pays musulmans, rien contre l’immigration due au malheur des pays d’Afrique soumis à des tyrans corrompus qui martyrisent et parfois affament leurs populations.
    Bel exemple !

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