De la fumée à Fukushima

La crise nucléaire japonaise n’a pas été solutionnée. Alors que les autorités japonaises se sont montrées rassurantes en affirmant que la centrale de Fukushima était de nouveau sous contrôle, après le rétablissement de l’électricité qui, selon eux, était le seul facteur manquant pour refroidir les réacteurs, une fumée noire s’est élevée mercredi au-dessus du réacteur n° 3. Cette information a été publiée par les responsables du fonctionnement de la centrale japonaise. Les équipes chargées du refroidissement du réacteur ont par conséquent été immédiatement évacuées. Des personnalités haut-placées des forces de sécurité du Japon ont pris la décision de ce départ précipité, considérant qu’il était risqué de rester sur place. Ces derniers jours, le danger représenté par le réacteur mis à nu par l’explosion se fait de plus en plus critique. La pression y est toujours aussi élevée, et on ignore si la décision de libérer dans l’atmosphère des vapeurs radioactives afin de provoquer sa diminution a fini par être prise. De leur côté, les autorités françaises ont signalé un passage plus que probable d’un nuage radioactif dans le ciel français entre les journées de mercredi et de jeudi. La population japonaise est surtout préoccupée par les résultats du raz-de-marée, dont la hauteur aurait été de 23 mètres, qui a littéralement effacé des localités entières du littoral. Ishinomaki, Aomori, Iwate, Miyagi, Fukushima, Ibaraki et Chiba, font partie des villes du nord-ouest du Japon dévastées par le tsunami. En effet, le nombre de victimes confirmé s’élève mercredi à 9408, alors que 14716 personnes sont encore portées disparues. En revanche, les activités se poursuivent normalement dans les autres villes. La population circule en plein air, et les enfants sortent même dans les cours de récréation. Mais des contrôles de la radioactivité de l’eau effectués entre mardi et mercredi dans des stations d’épuration à Tokyo ont mis à jour un rayonnement largement au-dessus du seuil de tolérance, puisqu’il atteint le double de la valeur autorisée pour la consommation des nourrissons. Cette information a terrorisé nombre de parents de jeunes enfants. A ce jour, le gouvernement japonais se charge du ravitaillement de la population de Fukushima et des alentours, des poisons ayant été décelés dans 11 sortes de légumes. En Israël, le Contrôleur de l’Etat a rédigé un rapport extrêmement pessimiste. Lindenstrauss a stigmatisé le dysfonctionnement des rouages qui mènent à la prise de décisions. Il a comparé la situation d’aujourd’hui avec les conclusions d’un rapport publié en 2001 quant aux mesures que les autorités devaient prendre pour prévenir les conséquences d’un possible tremblement de terre en Israël, d’où partent les plaques continentales de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie. Dans le nouveau rapport publié ce mercredi, Lindenstrauss constate qu’aucune des mesures suggérées alors n’ont été prises en compte. Il reproche en outre au ministre de la Protection de l’environnement de ne pas avoir concrétisé les décisions de diverses commissions concernant les usines qui emploient des produits dangereux, qui pourraient se répandre dans la nature ou dans l’atmosphère en cas de tremblement de terre. Il regrette également la réduction des budgets consacrés à la lutte contre les tremblements de terre au cours des années. Le ministère de l’Intérieur a réagi au rapport en signifiant qu’il avait œuvré en faveur du programme de renforcement des bâtiments. Le ministère du Logement, de son côté, a fait part de son entière acceptation du rapport, en indiquant la raison du manque de mesures prises sur le terrain: «Le traitement des tremblements de terre dépend avant tout d’importants moyens et de subventions allouées au renforcement de la structure des immeubles. Une telle décision doit provenir du ministère des Finances. Toutes les mesures qui s’imposent à ce sujet et qui nécessitent d’importants budgets sont immédiatement rejetées, dès qu’on en parle». Le Premier ministre japonais a considéré la catastrophe qui frappe le Japon comme la plus grave depuis Hiroshima. 1.5 millions d’habitants sont privés d’eau courante et 2.5 millions de logements n’ont plus d’électricité. Lindenstrauss a précisé: «Le Japon considérait qu’il était prêt à supporter un fort tremblement de terre. Malgré tous les préparatifs investis, la catastrophe a fait plus de dix mille morts. En cas de catastrophe de la même envergure en Israël, la situation sera beaucoup plus tragique».

Lire l’article complet sur israel7.com

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