Les factions palestiniennes sont-elles devenues indésirables en Syrie ? Ou s’agit-il d’une manœuvre ?

Selon le journal égyptien “Al Youm Al Sabeh” de ce mercredi, la Syrie aurait demandé aux dirigeants des factions palestiniennes de quitter immédiatement le pays. Khaled Mechaal du Hamas pourrait se réfugier au Qatar, et Abdallah Ramadan Challah, du Jihad islamique, s’exilerait en Iran. Le quotidien égyptien ” Al Youm Al Sabeh ” cite en effet des sources palestiniennes selon lesquelles ” le régime syrien a informé les dirigeants palestiniens qu’ils sont désormais indésirables en Syrie, et leur a demandé de quitter le territoire syrien immédiatement “. La direction du Hamas avait révélé, récemment, avoir reçu des conseils arabes lui suggérant de quitter Damas pour des raisons de sécurité. Ces mêmes sources ajoutent que ” les dirigeants du Jihad islamique songent à se réfugier en Iran et à transférer leurs activités vers Téhéran “. Alors que ces informations ne sont pas encore confirmées ou infirmées de sources officielles, le quotidien égyptien souligne que ” Khaled Mechaal, le chef du Bureau politique du Hamas, a récemment effectué une visite surprise au Qatar. Pour les uns, Mechaal aurait négocié son installation à Doha et le transfert du Quartier général de son parti islamiste. Pour d’autres, il aurait tenté une médiation entre le cheïkh Qaradaoui et le régime syrien, après les critiques formulées par l’imam à l’encontre de Damas “. En tout état de cause, deux lectures de cette évolution sont plausibles. Pour certains, le départ des factions vers d’autres pays serait motivé par la crainte de la chute du régime syrien ; un scénario qui ouvrirait la porte à la vengeance du peuple syrien contre tous ceux qui ont soutenu la dictature et réprimé la population (des terroristes palestiniens et du Hezbollah sont accusés d’avoir contribué à la répression) et qui ont bénéficié de financements étatiques syriens au détriment de la population et de son bien-être. Pour d’autres, la demande syrienne relèverait davantage d’une tentative de ” troquer le soutien aux factions terroristes palestiniennes contre la prolongation de l’immunité occidentale dont jouit le régime “. Toutefois, ce n’est pas la première fois que le régime syrien expulse ses invités encombrants pour éviter les pressions, avant de les récupérer après chaque tempête. En effet, des émissaires de Bachar Al-Assad auraient promis à Washington un changement radical de la politique syrienne, tant dans les dossiers palestinien (Hamas et Jihad islamique) et libanais (Hezbollah), qu’au niveau de son alliance avec l’Iran et au sujet du Tribunal international pour le Liban. Damas serait également prêt à relancer le processus de paix avec Israël. En contrepartie, Damas réclame des pressions américaines sur les médias occidentaux et arabes pour permettre au régime d’Assad d’éradiquer la contestation à huis clos ; des pressions sur certains pays arabes (Arabie saoudite et Jordanie) pour qu’ils s’abstiennent de tout soutien aux révolutionnaires [ Cliquez ici pour relire les révélations du quotidien koweïtien ” Al Raï Al Am ” ]. Rappelons dans ce cadre que la Syrie avait déjà contredit l’Iran et le Hezbollah en reconnaissant la légitimité de l’intervention saoudienne à Bahreïn. Ce faisant, Assad entend négocier la prorogation de l’immunité dont jouit son régime alaouite depuis 1970, et qui assure depuis lors la sécurité d’Israël au détriment des Palestiniens et des Libanais qu’il a toujours utilisés comme chair à canon pour harceler l’Etat hébreu. Cependant, les Syriens ne sont pas dupes. Ils estiment que le régime a perdu toute légitimité, et que l’immunité occidentale ne le sauvera plus. Sa tentative de rapprochement avec les Kurdes ne semble pas non plus convaincre cette composante du peuple syrien et qui l’a fait savoir depuis hier. Les Syriens craignent en effet un retournement de situation et prévoient un durcissement de la répression quand Assad aura berné les Etats-Unis et obtenu leur silence. Car, une fois stabilisé et renforcé, son régime se retournera contre ses engagements et reviendra dans le giron de l’Iran, d’autant plus que le régime des mollahs contrôle désormais des secteurs entiers de l’économie syrienne. Les Palestiniens découvrent, eux aussi avec amertume, qu’ils ont été manipulés et sacrifiés par le régime. Quant aux Libanais, ils redoutent les conséquences de la manœuvre syrienne sur leur pays qui a déjà payé le prix fort des compromis syro-américains. Pour rappel, il convient de visionner cette vidéo d’archive (d’où la qualité médiocre du document) pour rafraichir la mémoire et prévenir les opposants syriens de ce qui les attend si Assad parvenait à prolonger son règne. Si le dictateur syrien peut légitimement songer à solder ses dettes pour rester au pouvoir, aucune loi au monde ne pourra cependant effacer ses crimes.

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