Ishaï invite Goldstone, Netanyahou désapprouve

Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann, ont été stupéfaits d’apprendre que le ministre de l’Intérieur, Elie Ishaï, avait téléphoné au juge Goldstone pour l’inviter en Israël. Ils ont réagi à la démarche d’Ishaï en déclarant qu’elle était en contradiction avec la politique du gouvernement, et que le ministre avait outrepassé ses prérogatives. Cette invitation, bien que ne provenant pas d’une décision prise de concert par les autorités intéressées, intervient quelques jours seulement après les déclarations du juge employé par l’Onu, qui a exprimé des regrets concernant le rapport qui porte son nom accusant Israël de crimes de guerre. Pour les membres du gouvernement, une telle initiative n’est pas bonne pour Israël. Certes, un programme est en train d’être mis en place suite à ce revirement. Ses responsables sont le ministère des Affaires étrangères, le bureau du Premier ministre, ainsi qu’une équipe désignée spécialement par Netanyahou. Elle est dirigée par le docteur Dore Gold. Cependant, le ministre de l’Intérieur n’a pas consulté les différents responsables qui s’occupent de cette affaire. Un fonctionnaire de Jérusalem a fait savoir que l’initiative d’Yshaï n’a pas été agréée par la commission mise en place par le gouvernement pour étudier les conséquences du rapport Goldstone, ni par aucune autre autorité compétente. Le bureau du ministre de l’Intérieur a réagi en publiant le communiqué suivant: «Le ministre Ishaï a invité Goldstone à titre privé. L’invitation n’a pas été remise au nom du gouvernement israélien ni d’aucune autorité officielle. Le ministre considère que c’est uniquement d’une façon non officielle et indirecte qu’il sera possible d’influer sur la position du juge envers Israël. Le ministre Ishaï est persuadé que tout individu pour lequel l’image d’Israël est chère à ses yeux approuvera cette initiative.» Selon les autorités, il est encore tôt pour se réjouir. En effet, les regrets exprimés en fin de semaine par Goldstone dans le Washington Post, quand il a affirmé que s’il avait su alors ce qu’il sait aujourd’hui, la face du rapport en eût été changée, n’ont pas force de loi. Pour le gouvernement, Goldstone reste responsable d’un grave préjudice causé à l’Etat d’Israël. Pour les autorités de Jérusalem, le fait qu’Israël ait refusé a priori de collaborer avec la commission dirigée par Goldstone consiste dans l’intention préméditée de ce dernier d’accuser Israël de crimes de guerre, avant même que des éléments ne soient rassemblés. Lieberman s’est félicité d’avoir refusé de coopérer avec la commission, au regard des regrets de Goldstone, et aussi pour ne pas créer un précédent selon lequel les secrets militaires pourraient être exposés à des instances étrangères et hostiles. Les propos recueillis par le site d’information Ynet auprès de responsables politiques à Jérusalem sont les suivants: «Cet homme a provoqué des dégâts d’une ampleur telle que personne n’en avait provoquée avant lui. A cause de lui, des centaines, voire des milliers de soldats et d’officiers font l’objet d’une instruction judiciaire un peu partout dans le monde. Même les regrets qu’il a exprimés ne contiennent aucune implication juridique ou autre qui pourront empêcher la poursuite des accusations.» De son côté, le vice ministre Danny Ayalon a indiqué qu’Israël avait toutefois contacté l’Onu, à la suite de l’expression et de la publication des regrets du juge, pour qu’elle invalide le rapport, malgré les faibles chances: «Comme en 91, avec l’annulation de la déclaration comparant le sionisme au racisme, a-t-il précisé. C’est pourtant notre objectif. Mais pour qu’il puisse être atteint, nous aurons besoin de la coopération des Etats-Unis et de quelques Etats européens importants, comme l’Allemagne, l’Italie et la France. Il se peut que les Russes se joignent aux efforts discrètement. Il y va de l’intérêt de la France et de l’Italie, qui agissent en Libye selon la même méthode. Un tel soutien pourra leur donner l’avantage au niveau de l’opinion et de la politique contre les organisations terroristes, et contre ceux qui attaquent en se cachant derrière des zones d’habitations.»

Lire l’article complet sur israel7.com

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