Victor PEREZ – La Nakba de Rue89


Rue89 est un site de gauche et donc peu sympathisant d’Israël et de ses soutiens. Dès lors qu’une polémique se créée autour du passé, du présent ou même du futur de l’état juif, il se fait un devoir de présenter et défendre les faits selon la vision qui le lèse le plus.

 

Plusieurs associations juives françaises se sont insurgées, nous rapporte un article de ce site intitulé « Des difficultés d’enseigner le conflit israélo-arabe en France» (1), de voir en page 139 d’une nouvelle édition scolaire et lors d’un chapitre concernant « L’ONU et la question palestinienne, 1947-1948 » , une photographie de ‘’Palestiniens’’ chargeant une camionnette avec pour seule légende : « La Nakba. Les conquêtes de l’armée israélienne ont entraîné l’exode de près de 700 000 Palestiniens ».

 

Dans la partie vocabulaire de ce chapitre nous rappelle Rue89, le terme «Nakba » est défini ainsi : « Nakba : (“catastrophe” en arabe) expulsion de populations palestiniennes pendant la guerre israélo-arabe de 1948 ».

 

Ainsi, les termes « ‘’conquêtes’’,’’ ont entraîné’’ et ‘’expulsion’’ » employés dans le nouveau manuel de clase de première ne sont pas, selon Sébastien Ledoux (2) historien et Samuel Ghiles Meilhac (3) sociologue -tous deux rédacteurs de l’article-, « contestables » comme l’affirme après relecture l’éditeur Hachette.

 

A preuve selon ces derniers, « l’historiographie israélienne elle-même. Les positions des « nouveaux historiens » israéliens qui avaient, voici une vingtaine d’années, mis en cause le discours officiel autour de la création d’Israël, en mettant entre autres en avant les conséquences de la guerre de 1948 sur les populations civiles palestiniennes, sont maintenant intégrées dans les milieux académiques israéliens ».

 

– Que ces ‘’nouveaux historiens’’ ne soient qu’une toute petite poignée et que leur lecture de l’histoire soit très controversée au sein même des universités israéliennes ne sera pas signalé ici aux lecteurs. Quand bien même cette approche de l’histoire ne serait pas pleinement contestée, elle n’en resterait pas moins minoritaire au sein des historiens. Ce qui ne peut donc justifier son enseignement sans une sérieuse mise en garde.

 

– Il ne sera pas dit également dans l’article, que nulle académie israélienne n’adopte à ce jour une version stipulant que l’état d’Israël, renaissant alors, avait des projets de « conquêtes », responsables en conséquence de « l’exode de près de 700 000 Palestiniens », ni que ces derniers ne furent « expulsés » par les soins d’une armée et d’un peuple en prise alors dans un combat existentiel.

 

Les ‘’nouveaux historiens’’ ne sont donc ici que l’alibi d’une propagande qui se cache et qui dénonce, sans ciller, ces associations juives françaises -récalcitrantes à cette version de l’histoire- d’avoir une « logique politique qui suit les courants politiques israéliens » (sic) !

 

Raisonnement qui autorise en conséquence ces ‘’intellectuels’’ évidemment ‘’neutres’’ à faire accroire que la version première du livre scolaire serait ainsi conforme à la réalité.

 

Une réalité qui, cependant, a vu le monde musulman refuser la résolution 181 ainsi que toutes les précédentes. Puis cinq de leurs armées tenter de jeter les Juifs à la mer et inspirer, par cela, la crainte dans les cœurs de tous les habitants de cette contrée jusqu’à contraindre, entre autres, des rescapés de la Shoa à prendre les armes et les Arabes de Palestine à fuir ou à s’éloigner le temps, selon les promesses, que le terrain redevienne judenrein.

 

On ne peut donc douter par ce scénario avéré et vérifiable que les « conquêtes » ne furent qu’une conséquence du choix guerrier musulman et que l’exode des « 700.000 Palestiniens » n’est que le fruit d’une décision de la communauté musulmane. Un fruit avarié que l’on tente de mette au débit des Israéliens en leur imputant des « expulsions » jamais démontrées ni prouvées et de toutes évidences difficiles à mettre alors en place par ce jeune état en guerre.

 

Une autre expulsion fut cependant avérée en Judée, Samarie et la bande de Gaza, sans oublier Jérusalem-est : celle illustrée par l’absence totale de Juifs dans ces régions conquises en 1948 par la Transjordanie et l’Egypte. Une ‘’Nakba’’ juive qui a duré jusqu’en 1967 et, évidemment, qui n’intéresse pas nos deux ‘’chercheurs’’ si prompts de la plume dès lors qu’il faut contourner l’histoire afin de nuire au Sionisme et ses valeurs.

 

Au final, s’il existe une quelconque difficulté à enseigner le conflit israélo-arabe en France et ailleurs, elle se trouve dans la Nakba intellectuelle que nous imposent les médias et leurs ‘’experts’’ au service d’une ‘’vérité’’ qui n’en est pas.

 

Victor PEREZ ©

 

Liens :

 


 

(2) : coauteur d’un rapport de l’INRP sur « L’Enseignement de l’esclavage en France » (2011)

 

(3) : auteur de « Le Crif, de la résistance juive à la tentation du lobby » (2011).

 

La suite sur le blog de Victor Perez: 

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350 0 Jul 12, 2011

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