Israël-Turquie: retour au beau fixe ?

Les relations extrêmement tendues entre Israël et la Turquie sont-elles déjà un mauvais souvenir ?

C’est le message surprenant qu’a transmis le bureau national de lutte contre le terrorisme en annulant subitement, ce mardi, tous les avertissements adressés récemment au public israélien, lui recommandant d’éviter de partir en vacances en Turquie.

Dans l’annonce qui a été publiée, il est spécifiée notamment que “vu le calme rétabli en Turquie et l’absence de manifestations massives contre Israël dans le pays “, les mises en garde n’étaient plus nécessaires. Le bureau conseille quand même aux Israéliens de s’éloigner de tout rassemblement en Turquie et d’éviter aussi toute discussion politique avec la population locale. Dans ce contexte qui se veut rassurant, on ne peut oublier que les dirigeants turcs maintiennent leur politique hostile vis-à-vis d’Israël. Pas plus tard que lundi, le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu s’est rendu à Damas pour y rencontrer notamment le président Assad. Et il a également eu un entretien avec le chef du “ bureau politique “ du Hamas Khaled Mashaal. Ce revirement semble inquiéter Mordehaï Keidar, enseignant et chercheur au département des études arabes de recherches stratégiques Begin-Sadate à l’université Bar Ilan. Il a souligné, dans son analyse, que le bureau de lutte contre le terrorisme « tentait de convaincre les Israéliens que les précautions prises jusqu’à présent n’étaient motivées que par des considérations purement sécuritaires et nullement politiques ». « Pourtant, rappelle-t-il, il faut tenir compte des déclarations anti-israéliennes enflammées du Premier ministre turc Erdogan et de son ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, quand même responsable de la politique étrangère de son pays. Keidar précise, dans ce contexte, que de nombreux efforts sont déployés dans les coulisses en Occident pour convaincre la Turquie de tenir un langage plus modéré. Et celle-ci visiblement serait prête à baisser le ton, suite à toutes ces pressions. Et puis, elle doit aussi tenir compte de son opposition, conduite par des éléments laïcs, qui refuse une islamisation trop prononcée de la Turquie et peut mettre en péril son pouvoir. Pour Mordehaï Keidar, « Erdogan comprend qu’il est allé trop vite en direction de l’islamisation et que cela risque d’entraîner pour lui des problèmes avec l’Europe et les Etats-Unis ». Et d’ajouter: « Israël, qui souhaite rétablir ses liens avec la Turquie, a été choisi pour permettre à Erdogan de dissimuler pour l’instant la vérité sur ses tendances et ses ambitions “. Le problème avec nous, poursuit Keidar, c’est que nous pensons que tout va bien de nouveau alors que la situation est incertaine et dépend des caprices d’Erdogan “.

Lire l’article complet sur israel7.com

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