Gaby Nasr – Espions en CDD

Tant qu’à faire, puisque la moitié au moins des Libanais sont des espions pro-israéliens à temps partiel, qu’attend-on pour rouvrir ces paradis des droits de l’homme, jadis administrés par les Syriens ? Des amours de petits hôtels de luxe qu’on retransformerait en hôtels de luxation.

Il faut dire que les frérots nous ont laissé de beaux restes architecturaux, tant sous terre que sur le front de mer : des chambres à volonté, certes un peu juste, mais pouvant facilement caser une paire de jambes, des bras, un torse et une tête à condition que l’ensemble soit ajusté à la verticale, ou alors peut-être en pièces détachées ; de l’électricité à tous les étages, grâce à l’EDL qui fournirait gratos les câbles, les branchements et jusqu’aux pinces des gégènes pour faire parler les récalcitrants. La convivialité par le jus d’électron, rien de tel pour mieux souder la fraternité libano-syro-iranienne.

Les bonnes vieilles méthodes de chez nous, finalement il n’y a que ça de vrai. Battre le suspect tant qu’il est chaud, le cogner encore et encore. Et c’est bien le diable si le steak haché ainsi obtenu ne finit pas par avouer avoir transmis aux Hébreux les analyses d’urine ultrasecrètes d’un ponte du Hezbollah.

Et toujours en accompagnement mélodieux, cette même langue de bois certifiée conforme et validée ISO 9000 : le Tribunal spécial est une instance pourrie et politisée… sauf s’il désigne les Israéliens dans l’assassinat de Rafic Hariri. Fantasme ? Qu’à cela ne tienne, à défaut de juifs à se mettre sous la dent, on s’astiquera bien le neurone orphelin pour tenter de faire porter le chapeau aux Américains. Délire ? Allez, on sera bon prince et l’on consentira à l’extrême rigueur à faire plonger Oussama Ben New York dans la béchamel… Comme ça, le crime restera dans la famille sunnite, ce qui arrangerait bien les barbus d’en face. La vengeance est un falafel qui se mange froid.

Pendant des années on a promis aux Libanais l’…tat de droit. Ils ont eu les années, une carcasse d’…tat aussi. Seul le droit a pris des contours tordus. Avec la parano de la sécurité et l’espionnite aiguë, il leur reste forcément encore du pain sur la planche.

  • …Et du beurre sur les épinards pour les pieds nickelés des services, à qui l’on doit le minable spectacle de cette république des grandes oreilles et des trous de serrure.
  • Le citoyen a beau avoir l’esprit ouvert, à ce rythme il finira, lui, par avoir un trou dans la tête

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