Caroline B. Glick – Où va Tsahal ?

The Jerusalem Post 28 Octobre 2011

C’était un Shabbat après–midi normal dans le quartier Ramot de Jerusalem. Les enfants étaient dehors pour rendre visite à leurs amis et jouer dans les rues vides, Mais la tranquillité de la scène vola en éclats en un instant, quand un terroriste palestinien prit par surprise Yehouda Ne’emad et son ami et commença de poignarder Ne’emad à l‘abdomen et dans l‘épaule.

La voisine de Ne’emad, une file de 12 ans, dit aux journalistes que ce ne fut que grâce à D.ieu qu’elle–même et son frère de six ans n’avaient pas été aussi agressés. Après avoir poignardé Ne’emad, le terroriste palestinien se lança à l‘attaque des deux enfants.

« Ce ne fut que grâce à D.ieu que je pus m’enfuir, dit–elle. Je suis certaine que je n’aurais pas pu m’enfuir seule, parce qu’il allait bien plus vite que moi ».

Tsahal, qui ne parvint pas à empêcher l’attaque, ne joua aucun rôle dans leur sauvetage. Une semaine plus tard, le terroriste était toujours en liberté.

On peut pardonner à celui qui pense que Tsahal puisse considérer que Ne’emad poignardé, ainsi que l’escalade aiguë du terrorisme et le sabotage depuis Ashdod jusqu’à la Galilée et au Goush Etzion au cours de ces quelques derniers jours est un appel au réveil. Le temps est venu d’augmenter les opérations de contre–terrorisme de Tsahal en Judée et en Samarie pour mettre fin à la vague actuelle de terrorisme avant que les palestiniens n’aient l’opportunité de disposer de leurs machines à tuer prêtes à l’emploi.

Mais de façon choquante, il semble que vaincre les terroristes est en dernière place sur l’agenda de Tsahal. Des déclarations émanant des échelons au sommet de Tsahal indiquent que ses commandants sont inconscients que c’est leur devoir de combattre et de vaincre les terroristes.

La libération par Israël de centaines d’assassins palestiniens de masse condamnés, en échange de Gilad Shalit a été une décharge d’adrénaline pour le Hamas et le Fatah aussi. Le Hamas considère l’échange comme une justification de sa démarche de meurtre au nom du jihad. Le Fatah considère l’échange comme un défi à son pouvoir qui ne peut être surmonté qu’en prouvant qu’il peut accroître sa propre agression terroriste contre Israël.

Plutôt que de relever ce nouveau défi par une initiative antiterroriste agressive, cette semaine, les officiers du Quartier Général ont déclaré au journal ‘Ha’aretz’ que le renseignement militaire, l’administration civile et le Shin Beth (l’agence de sécurité israélienne) croient que la meilleure manière de répondre à l’ascension du Hamas est de libérer des terroristes du Fatah et donner plus de territoire aux forces de sécurité alignées sur le terrorisme du Fatah en Judée et en Samarie.

C’est à dire que ceux qui sont chargés de combattre les terroristes du Hamas recommandent de renforcer les terroristes du Fatah. Et ils procèdent ainsi au moment où la direction du Fatah refuse de n’avoir rien à faire avec le gouvernement israélien et que le chef du Fatah Mahmoud Abbas prépare son sommet avec le chef du Hamas Mahmoud Haniyeh.

Plutôt que d’identifier et de faire face à ces dangers croissants aussi bien du Hamas et du Fatah, les commandants en chef de Tsahal ont fait des déclarations cette semaine indiquant que l’armée croit que sa mission la plus importante en Judée et en Samarie, c’est de combattre les Juifs.

Cette semaine, le Brigadier Général Nitzan Alon a achevé sa période de deux ans comme commandant de Division en Judée et Samarie. Lors de sa cérémonie d’adieu, tenue deux jours après l’attaque terroriste à Jerusalem, Alon a indiqué que le défi central auquel fait face Tsahal en Judée et Samarie, c’est l’éviction des Israéliens de leurs foyers.

Comme il l’a formulé : « Il est probable que Tsahal sera réquisitionné pour réaliser, avec la police et l’administration civile, des missions qui n’appartiennent pas au consensus national, et de le faire dans le cadre d’un conflit croissant avec les franges extrémistes s’élargissant dans la société israélienne ».

Pendant sa période de commandant de division, Alon a donné l’ordre à ses soldats de tirer avec des balles en caoutchouc, sur des résidents israéliens s’ils tentaient de s’opposer à une expulsion par la force, de communautés promises à la destruction aux avant–postes ; Alon poursuivit en parlant du grave risque de « Juifs terroristes ».

Il déclara : « Déjà aujourd’hui, il y a une minorité extrémiste, marginale par la taille mais pas par l’influence, responsable de la montée grave des actes qualifiés de ‘valse des étiquettes’ mais qui sont vraiment du terrorisme. Ces actes doivent non seulement être condamnés ; leur prévention, et l’arrestation de leurs auteurs, doivent être entrepris plus efficacement que ce que nous avons fait jusqu’à présent ».

En ce qui concerne Alon, les « terroristes juifs » posent une menace à Israël qui est exactement aussi dangereuse – si ce n’est plus – que celle posée par les vrais terroristes tout juste libérés de prison. Et depuis les déclarations de soutien du commandant central, le Major Général Avi Mizrachi à la fête d’adieux d’Alon, il semble que Mizrachi soit d’accord avec lui.

Mais comment cela se peut–il ? Aucun « terroriste juif » n’a jamais poignardé ou assassiné des enfants palestiniens. Aucun « terroriste juif » n’a envoyé des missiles vers des quartiers résidentiels palestiniens ou attaché des bombes sur sa poitrine pour se faire exploser dans des cafés ou des bus palestiniens. De quel terrorisme juif parlent–ils ?

C’est vrai, au début de ce mois, il y a eu une attaque incendiaire à la mosquée de Tuba Zanghariya en Galilée. Alors que les media ont été prompts à jeter le blâmer sur des assaillants juifs inconnus, il est difficile de voir pourquoi ils seraient les coupables évidents ou même les plus probables.

Des résidents de Tuba Zanghariya ont mis le feu à leur propre clinique et à leur centre communautaire. Ils volent et tuent couramment du bétail appartenant à des fermiers juifs dans des communautés voisines et mettent le feu à leurs champs.

A côté de cela, la police a arrêté deux suspects juifs mais elle a dû les libérer cette semaine par manque de preuve. La police a arrêté un troisième suspect cette semaine mais n’est pas parvenue à convaincre un juge de le placer en détention pour 10 jours. Le juge a reproché à la police de l’avoir seulement demandé, puisqu’ils n’avaient aucune preuve de culpabilité.

De toute manière, pourquoi les Juifs de Judée et Samarie feraient–ils tout ce chemin vers la Galilée pour attaquer une mosquée, Il y en a bien d’autres plus près de leur foyer;

La vérité est que les attaques de ‘valse des étiquettes’ ne sont pas des actes de terrorisme. Ce sont des actes de hooliganisme qui exigent une condamnation criminelle. Mais leurs auteurs juifs ne sont pas des terroristes. Ce sont des hooligans insignifiants.

Le fond de l’affaire, c’est qu’il n’y a pas d’infrastructure terroriste juive en Judée et Samarie ou nulle part ailleurs. Et il n’y en a jamais eu. Cela a été rapporté cette semaine par Amir Oren dans Haaretz.

Entre autres choses, l’article d’Oren traitait de la Commission Shamgar en 1994 formée à la suite du massacre par Baruch Goldstein de fidèles arabes au Tombeau des Patriarches à Hébron. Oren a révélé qu’après le massacre, le Shin Beth a recommandé de former de faux groupes juifs terroristes de façon à fournir un cadre organisationnel à de prétendus terroristes juifs qui auraient permis au Shin Beth de les retrouver et de les arrêter. La commission adopta la recommandation dans son rapport final. Evidemment, s’il avait existé une infrastructure terroriste juive, le Shin Beth n’aurait pas eu besoin d’en fabriquer des fausses.

Aussi, qu’est–ce qui a conduit Alon à concentrer son attention pour combattre une menace terroriste juive inexistante ? Au cours de ses deux années en Judée et en Samarie, Alon s’est distingué comme l’un des commandants les plus politisés de Tsahal. Il a constamment débordé les limites de son autorité, contredit la stratégie politique du gouvernement et défendu les positions de la Gauche radicale. Par exemple, dans un entretien ce mois–ci avec le journal ‘New York Times’, Alon a indiqué qu’à l’opposé du gouvernement, il soutient le retrait complet de Tsahal de Judée et de Samarie et ne croit pas qu’un retrait serait dangereux pour Israël.

Dans le même entretien, Alon a reproché au Congrès d’avoir menacé de couper le financement des USA aux forces de sécurité alignées sur le terrorisme de l’Autorité Palestinienne, proclamant qu’elles sont une force stabilisatrice dans la région. Il est difficile de croire à un autre exemple d’officier de Tsahal indiquant au Congrès comment dépenser l’argent du contribuable américain.

Mais alors que l’activisme politique d’Alon est plus prononcé que celui des ses collègues, il est loin d’être le seul commandant qui interprète mal les responsabilités de l’armée.

Prenez par exemple le comportement de Tsahal le 25 septembre, le jour où Mahmoud Abbas était à New York pour demander la qualité de membre des Palestiniens comme Etat à l’ONU. Quelques heures avant le discours d’Abbas, 300 Palestiniens de Kusra en Samarie ont attaqué un peloton de soldats de la Brigade Kfir commandée par le lieutenant Maor Asayag. Quand l’un des soldats fit savoir que sa vie était menacée, Asayag lui ordonna de faire feu en légitime défense. La vie de son soldat fut sauvée et un agresseur palestinien de 34 ans fut tué.

Pour ces actes, La semaine dernière Asayag s’est vu retiré son commandement et il a été interdit de service ultérieur dans les forces combattantes par son commandant de bataillon, le lieutenant–colonel Yoav Tzikrun. Choqués et en colère à la suite du retrait de leur commandant, les soldats d’Asayag ont écrit ne lettre à Tzikrun pour défendre le comportement d’Asayag comme exemplaire. Ils ont aussi soulevé leur souci de sa punition pour des raisons politiques et exigé qu’il soit replacé à son commandement. Pour leurs efforts, les soldats ont reçu une sévère réprimande de Tzikrun.

Asayag n’a pas été la seule victime de la décision de Tsahal de placer la politique avant le devoir pendant la session de l’Assemblée Générale de l’ONU. Ce jour–là, la police, le commandement central et le bureau du porte–parole de Tsahal ont faussement rapporté que le meurtre terroriste d’Asher Palmer et de son nourrisson Yonathan était un simple accident de voiture. Tous les deux furent tués par des Palestiniens qui jetèrent des pierres sur le pare–brise de leur voiture alors qu’ils roulaient sur l’autoroute. Il fallut deux jours et l’ordonnance de la Cour pour obliger Tsahal à reconnaître que le père et le bébé avaient été assassinés.

Sans surprise, la politisation des officiers supérieurs de Tzahal a démoralisé les jeunes officiers et les sous–officiers. Soldats et officiers qui ont risqué leur vie depuis des années dans des opérations destinées à capturer les mêmes terroristes que ceux tout juste libérés par leurs commandants contre Shalit se sont sentis trahis par leurs commandants qui ont soutenu l’échange.

Comme l’un des officiers l’a déclaré à ‘Arutz 7’ : « Cela peut bien ne pas être agréable à dire, mais nous nous demandons quel était le besoin de prendre de tels risques ? Ce ne sont pas des amateurs, lançant de cockails–Molotov ou des lanceurs de pierres. Ce sont de vrais tueurs. Nous les connaissons et leur libération est frustrante ».

A la suite de la Seconde Guerre du Liban en 2006, le corps des officiers supérieurs de Tzahal a été soumis à une mise en cause publique bien méritée pour sa performance médiocre pendant la guerre. Non seulement les commandants ont échoué à produire et à réaliser un plan pour vaincre le Hezbollah, préférant à la place laisser les politiciens mettre ensemble une « solution politique ». Mais ils ont aussi échoué à mener leurs soldats au combat, choisissant de rester en arrière dans des postes de commandement dotés d’air conditionné à regarder le combat sur des écrans de télévision.

Trois commandants de division et le commandant du Quartier Général Nord furent démis de leurs fonctions pour leurs échecs opérationnels et normatifs, et le Chef d’Etat Major Général d’alors, le Lieutenant–Général Dan Halutz fut finalement mis à la retraite d’office.

On a pu croire largement que l’opprobre public a obligé les rangs supérieurs de Tzahal à reconnaître que leur devoir est de défendre la patrie, et de vaincre l’ennemi, et pas de se comporter en politiciens.

Malheureusement, le comportement actuel de Tsahal indique que rien n’a changé.

Avec les ‘Frères Musulmans’ en hausse à travers tout le monde arabe, et avec le Hamas assimilant le Fatah en Judée et en Samarie, Israël a besoin de Tzahal pour se défendre. On ne peut plus se permettre la situation actuelle avec des commandants politisés qui mettent en avant des menaces inexistantes et punissent des officiers engagés à faire leur boulot.

Lire l’article complet sur jewishworldreview.com

Share This

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.