Caroline Glick – Délégitimer les délégitimeurs

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

Jerusalem Post 04/11/2011

La seule manière de vaincre ceux qui nient nos droits sur notre terre, notre nation et notre histoire est de montrer leur corruption, et leurs intentions haineuses envers le Peuple juif.

Vous devez le rendre aux Palestiniens.

Ils ont décidé d’abandonner le processus de paix et de rechercher une reconnaissance internationale de « l’Etat de Palestine » – un Etat en état de guerre de facto avec Israël. Et ils poursuivent leur but implacablement.

Cette semaine, leurs efforts ont produit leur premier fruit avec de vote pour accepter à l’UNESCO – l’Organisation de l’ONU pour l’Education, la Science et la Culture – la “Palestine” comme Etat membre de plein droit.

Ce n’est pas une coïncidence si l’OLP / AP a décidé de poser la candidature comme membre de la « Palestine » à l’UNESCO en premier. Depuis 1974, l’UNESCO a été un partenaire enthousiaste dans la tentative des Palestiniens d’effacer l’histoire, le patrimoine et la culture juifs sur la terre d’Israël dans la mémoire historique.

En 1974, l’UNESCO a voté le boycott d’Israël et le « retrait de l’assistance d’Israël dans les champs de l’éducation, de la science et de la culture du fait de l’altération persistante d’Israël des paramètres historiques de Jerusalem ».

Les décisions de l’UNESCO de nier les liens juifs avec Jerusalem et ce qui reste d’Israël historique ont continué sans interruption depuis. Par exemple, en 1989, l’UNESCO a condamné « l’occupation de Jerusalem par Israël », proclamant qu’il détruisait la ville par des « actes d’interférence, de destruction et de transformation ».

En 1996, l’UNESCO a tenu un symposium sur Jerusalem à son siège de Paris. Aucun groupe juif ou israélien n’avait été invité à participer.

Au début de 1996, le ‘Wakf’ arabe a commencé de détruire systématiquement sur le Mont du Temple les objets datant du Second Temple. La destruction a été entreprise pendant les excavations illégales sous le Mont du Temple et réalisées pour construire une mosquée illégale et non autorisée à la place des Ecuries de Salomon.

L’UNESCO ne s’est jamais souciée de condamner cet acte. Elle demeura silencieuse en dépit du fait que les actes du Waqf constituaient une grave transgression des propres lois internationales concernant les antiquités et les sites sacrés que la Charte de l’UNESCO lui enjoint de protéger. De même, l’UNESCO n’a jamais condamné la profanation de la Tombe de Rachel, du Tombeau de Joseph ou de toutes les synagogues antiques à Gaza et à Jericho qu’ils ont rasées totalement.

Le motif de la grave faute de l’UNESCO quant à ses responsabilités est clair. Loin de remplir ses missions de protection des sites du patrimoine mondial, depuis 1974 l’UNESCO a été un partenaire de l’un des plus grands crimes culturels de l’histoire humaine – la tentative palestinienne et panarabe d’effacer l’histoire juive sur la terre d’Israël de la mémoire historique. Et les crimes de l’UNESCO dans ce domaine sont sans fin. En 2009, elle a nommé Jerusalem « capitale de la culture arabe ».

En 2010, elle a dénommé la Tombe de Rachel et le Caveau des Patriarches à Hébron “mosquées musulmanes”. La campagne de l’UNESCO à l’encontre de l’histoire juive n’est pas limitée à Israël. En 1995, elle a adopté une résolution marquant le 50ème anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Malgré les requêtes d’Israël, la résolution n’a fait aucune mention de l’Holocauste.

En décembre 2010, l’UNESCO a publié un rapport sur l’histoire de la science dans le monde arabe. Son rapport a listé le grand docteur juif et universitaire rabbinique Rabbi Moshe Ben Maimon – Maïmonide – comme un musulman rebaptisé « Moussa ben Maimoun ».

A la lumière de la politique et des actions antijuives virulentes de l’UNESCO, il n’est pas surprenant qu’elle ait collaboré avec la tentative de l’OLP / AP d’obtenir la reconnaissance d’un Etat, en état de guerre avec Israël.

Mais plus surprenant que le comportement de l’UNESCO a été le comportement de tous les Etats de l’UE à l’exception de cinq.

A par la République tchèque, l’Allemagne, la Lituanie, les Pays Bas et la Suède, tous les Etats membres de l’UE ont soit voté en faveur de la qualité de membre de la Palestine, soit se sont abstenus.

La raison qui en fait une surprise est que l’UE a fait du renforcement des institutions de l’ONU et de l’accélération du processus de paix entre Israël et les Palestiniens pour faciliter l’indépendance palestinienne les objectifs centraux de sa politique étrangère. Et en soutenant ou en ne parvenant pas à s’opposer à la demande d’Etat membre palestinienne, les Européens ont miné les deux objectifs.

L’ UNESCO a été affaibli par le vote pour deux raisons. D’abord, depuis que la loi américaine interdit au gouvernement de financer des agences de l ’ONU qui acceptent la « Palestine » comme nation membre en dehors du cadre d’une paix négociée avec Israël, en acceptant la « Palestine », l’UNESCO a réduit son budget des 22 pourcents apportés par la contribution des USA.

Ensuite, en acceptant les Palestiniens comme Etat membre, l’UNESCO a miné sa légitimité et sa viabilité organisationnelle. Accepter la « Palestine » représente une transgression de la charte de l’organisation. La charte stipule que seuls des Etats peuvent être acceptés comme membres.

De plus, cela représente une répudiation des objectifs de l’UNESCO posés dans sa charte. Ces objectifs impliquent entre autres choses la promotion de la coopération dans l’éducation et l’avancement de l’état de droit. Comme un récent rapport de l’Institut pour le Contrôle de la Paix et de la Tolérance Culturelle dans l’Education à l’Ecole (IMPACT–SE) l’a montré, les livres scolaires de l’AP demeurent imprégnés de haine antijuive à tous les niveaux du parcours éducatif.

En autorisant cette transgression de la charte de l’ONU, les Européens ont tourné en dérision les règles de l’ONU et ainsi affaibli non seulement l’UNESCO mais aussi le système de l’ONU dans son ensemble.

La proclamation de soutien des Européens à la cause de la paix entre Israël et les Palestiniens s’est révélée fausse à l ‘UNESCO. Le processus de paix entre Israël et l’OLP / AP est justifié par l’engagement de cette dernière à ce qu’un Etat palestinien puisse s’élever uniquement à la suite d’un traité de paix avec Israël. En soutenant la transgression par les Palestiniens de cet engagement fondamental à l’UNESCO, les Européens ont diminué la possibilité d’obtenir une paix négociée conduisant à un Etat palestinien.

Ce que nous montre le comportement des Européens à l’UNESCO, c’est que exactement comme l’UNESCO veut miner sa mission pour nuire à Israël, de même les Européens veulent miner les objectifs déclarés de leur politique étrangère si de cette manière, cela nuit à Israël.

Cet état des affaires a des conséquences importantes pour Israël. A ce jour, Israël a mis le renforcement des bonnes relations avec les Etats membres de l’UE à un haut niveau de la liste de ses priorités. A la lumière du comportement des Européens à l’UNESCO, ce classement doit être revu. Les Européens ne méritent pas une si haute considération de la part d’Israël.

Enfin, le vote de l’UNESCO a démontré des vérités troublantes sur la position du président Barack Obama à l’égard d’Israël. Obama a été largement félicité par les dirigeants juifs américains ainsi que par le Premier ministre Benjamin Netanyahou pour son engagement annoncé à mettre un veto au projet de résolution au Conseil de Sécurité recommandant que l’OLP / AP se voit accordé la qualité d’Etat membre de plein droit à l’ONU. La promesse d’Obama – obtenue sous la pression massive du Congrès – est donnée comme preuve tonitruante de son engagement dans l’alliance des USA avec Israël.

Mais la réponse d’Obama à la demande de l’OLP / AP comme membre de l’UNESCO nous raconte une autre histoire. Dans la progression du vote, le gouvernement américain a fait tout son possible pour ne pas menacer l’UNESCO. Il n’a pas menacé de retirer les USA de l’organisation. Au lieu de cela, quelques jours seulement avant le vote, la sous–secrétaire d’Etat américain à l’éducation Martha Kanter s’est adressée à l’organisation et a fait l’éloge « des grandes choses qui sont arrivées à l’UNESCO », au cours de l’année passée. Kanter a alors annoncé la demande des USA à une réélection au bureau exécutif de l’UNESCO.

L’administration américaine n’a pas attaqué la décision comme une de celles qui sapent les chances de la paix. Elle n’a pas remarqué qu’en acceptant la décision de l’AP / OLP d’agir unilatéralement, l’UNESCO rendait à tout le moins difficile l’accès à un accord de paix négocié entre Israël et les Palestiniens. Plutôt, la porte–parole du Département d’Etat Victoria Nuland s’est contenté de clamer que la décision était « regrettable et prématurée ».

Les officiels de l’administration n’ont pas dit clairement que selon la loi des USA, tout financement américain prendra fin si la demande de membre palestinienne était approuvée. Plutôt ; les officiels du gouvernement américain ont joint leurs forces aux officiels de l’ONU pour faire du lobbying au Congrès et changer la loi.

Comme Claudia Rosett l’a rapporté dans le magazine ‘Forbes’ mardi, David Killion, l’ambassadeur des USA à l’UNESCO, a présenté à la limite des excuses pour l’arrêt du financement des USA quand il déclara : « Nous regrettons sincèrement que les efforts vigoureux et bien intentionnés de nombreuses délégations pour éviter ce résultats n’aient pas abouti ».

Killion ajouté : « Nous promettons de poursuivre nos efforts pour trouver des moyens de continuer à soutenir et renforcer le travail important de cette organisation vitale ».

Ainsi après que l’UNESCO ait fait un pied de nez aux USA, miné sa mission, transgressé sa propre charte et sérieusement diminué les chances d’une paix palestinienne avec Israël en acceptant la « Palestine » comme Etat membre, le gouvernement Obama a réagi avec des excuses presque obséquieuses.

Pour comprendre la signification complète du comportement du gouvernement américain, il est important de le comparer avec la réponse de cette administration à la décision du gouvernement israélien à la suite du vote à l’UNESCO, approuvant la construction de logements pour les Juifs à Jerusalem, Ma’aleh Adumim et Efrat. Toutes les unités de logements seront construites dans des zones qui demeureront partie intégrante d’Israël même après un accord de paix. Et le gouvernement américain le sait bien.

Mais en parlant de la décision du gouvernement, un officiel américain a déclaré à ‘Reuters’ : « l’administration est profondément déçue par cette annonce. Nous continuons de dire clairement au gouvernement israélien que ses actions unilatérales comme celles–là vont à l’encontre des efforts pour reprendre des négociations directes et ne font pas avancer l’objectif d’un accord raisonnable et nécessaire entre les parties ».

Ainsi d’un côté, la décision des Palestiniens d’abandonner le processus de paix et le soutien de l’UNESCO à leur décision est seulement « regrettable et prématurée ». Mais d’un autre côté, la décision d’Israël de ne pas faire de discrimination contre les droits de propriété juifs saperait les efforts pour reprendre les pourparlers de paix et nuirait aux perspectives d’un accord.

Depuis sa prise de fonction, Netanyahou a de façon répétée caractérisé les efforts des Arabes et des gauchistes pour délégitimer Israël de « menace stratégique » contre l’Etat. En vérité, il exagère le danger. La délégitimation est une menace politique, pas une menace stratégique. Israël ne sera pas détruit par l’ONU ou par des professeurs d’Oxford ou de Columbia ou par des syndicats en Norvège.

Mais pourtant c’est une menace qu’Israël ne peut pas ignorer.

Depuis septembre 2009, en citant la nécessité de démontrer la malhonnêteté des accusations des délégitimeurs à l’encontre d’Israël, Netanyahou a abandonné son opposition de toute une vie à un Etat palestinien. Il la cru qu’Israël devait adouber l’OLP / AP comme partenaire légitime de paix de façon à prouver aux semblables d’Obama et à ses partisans qu’Israël à le droit à l’existence. Dans le même temps, et en échange de la concession prodigieuse de Netanyahou, l’OLP / AP a abandonné les pourparlers de paix et fait escalader sa guerre politique pour criminaliser Israël et le délégitimer.

L’acceptation par l’UNESCO de la “Palestine” démontre que la stratégie politique choisie par Netanyahou est malavisée.

En acceptant la légitimité de l’exigence palestinienne d’un Etat, Netanyahou a concédé les droits d’Israël sur la Judée et la Samarie, et a placé à un niveau minimum son droit à une souveraineté exclusive sur Jerusalem. Ce faisant, Israël n’a donné aux partisans des Palestiniens à l’ONU, en Europe et à la Maison Blanche aucune raison de revoir leurs préjugés anti–Israël.

Avec les Palestiniens réaffirmant leurs droits implacablement, et Israël concédant ses propres droits, pourquoi quiconque devrait–il prendre le parti d’Israël ?

Enfin, la seule manière de vaincre ceux qui délégitiment Israël et dénient nos droits sur notre terre, notre nation et note histoire est de montrer leur corruption et leurs intentions haineuses, malveillantes et malhonnêtes à l‘égard du Peuple juif et de l’Etat juif. C’est–à–dire, la seule façon de vaincre les délégitimeurs est de les délégitimer en affirmant fièrement et invariablement les droits légaux et historiques d’Israël et la justesse de notre cause.

caroline[at]carolineglick.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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