Le Hezbollah décrète la mobilisation générale. Si les ingrédients d’une guerre préventive ne manquent pas, les Chiites libanais le laissent-ils les sacrifier pour sauver l’Iran ou la Syrie ?

Le Hezbollah décrète la mobilisation générale. Si les ingrédients d'une guerre préventive ne manquent pas, les Chiites libanais le laissent-ils les sacrifier pour sauver l'Iran ou la Syrie ?

Le quotidien koweïtien “Al Seyassah” du mardi 15 novembre affirme que le Hezbollah a décrété la mobilisation générale. Après avoir placé ses combattants en état d’alerte maximum, le Parti de Dieu a appelé les réservistes et demandé à ses dirigeants de se cacher. Un dispositif qui laisse planer le risque d’une guerre généralisée. Selon le quotidien, ces mesures ont été prises depuis plusieurs jours, mais accélérées depuis le discours de Hassan Nasrallah, vendredi 11 novembre, à l’occasion de la Journée du Martyr. A cette occasion Nasrallah a mis en garde contre toute tentative de s’en prendre militairement à l’Iran, réitérant sa confiance dans les capacités de la République islamique à riposter partout dans le monde. Concernant la Syrie, Nasrallah a prévenu que toute guerre contre le régime s’étendra à toute la région, avec la promesse que la Résistance mettra en échec le plan américano-sioniste une nouvelle fois, comme elle l’avait vaincu en 1982, en 2000 et en 2006. Depuis ce discours, les combattants du Hezbollah sont en état d’alerte, poursuit le journal, et les permissions sont annulées. Le plan B de la mobilisation a été mis en place, ce qui signifie que les batteries de missiles doivent être prêtes à l’emploi dans 12 heures maximum. Jamais ce niveau de mobilisation n’a été atteint, y compris lors de la guerre de l’été 2006. Selon le journal, le parti a donné les ordres à ses dirigeants politiques pour se cacher (ils seraient terrés dans des abris souterrains spécialement conçus à cet effet, pour éviter les frappes aériennes et les liquidations. Et ce, pour que leur éventuelle disparition n’affecte pas le moral des combattants). Le quotidien koweïtiens croit également savoir que toutes les équipes combattantes, et plus particulièrement les unités balistiques, sont mobilisées. Ces mesures, conjuguées au ton du discours guerrier véhiculés par les responsables du parti contredisent les assurances de Hassan Nasrallah selon lequel Israël n’osera pas attaquer le Liban, de peur de la riposte douloureuse et ravageuse de la Résistance. Cependant, selon plusieurs sources syriennes, ” en cas de guerre régionale, le Hezbollah devra se passer des services de quelque 5.000 combattants d’élite, déployés en Syrie pour seconder les miliciens du régime de Bachar Al-Assad “. La semaine dernière, six membres du parti auraient péri dans des combats avec l’Armée Syrienne Libre composée de déserteurs de l’armée nationale. Les mêmes sources ajoutent que ” la milice Amal de Nabih Berri, président du Parlement libanais, a de son côté dépêché près de 3.000 de ses miliciens en Syrie, dans le même objectif “. Les opposants syriens assurent aussi que plusieurs dizaines de milliers de Pasdarans” target=”_blank” class=”external external_icon” rel=”nofollow”>Gardiens de la Révolution iranienne sont postés en Syrie, particulièrement autour des casernes de l’armée pour empêcher tout mouvement massif de désertion. Pour le moment, on ignore si la mort du général Hassan Moghaddam, le père du programme balistique (et/ou nucléaire) iranien, dans l’explosion de deux entrepôts de munitions, près de Téhéran, samedi 12 novembre, va affecter les capacités de l’Iran, ou au contraire, elle va conduire à une escalade régionale pour le venger, d’autant que de forts soupçons planent sur un rôle israélien dans ces explosions (sabotages). Officiellement, ces déflagrations ont fait 17 morts, mais des sources arabes et iraniennes parlent de plus de 30 morts. L’importance des pertes subies s’expliquent par le déplacement du Guide Ali Khamenaï en personne aux obsèques des ” victimes “. La mise en état d’alerte du dispositif balistique du Hezbollah au Liban, comme le décrit le quotidien Al-Seyassah, pourrait servir dans trois conditions : venger le général Hassan Moghaddam, surtout si l’implication israélienne dans son assassinat était vérifiée ; riposter contre toute attaque contre l’Iran et ses installations nucléaires ; et enfin, en cas d’opérations militaires sous couvert de protéger la population en Syrie (un scénario libyen). Mais selon d’autres sources, le Hezbollah pourrait provoquer une guerre préventive contre Israël, justement pour perturber le calendrier de l’Etat hébreu et l’empêcher d’anéantir le programme nucléaire de Téhéran. Ces mêmes sources rappellent que le Hezbollah avait procédé à la même fuite en avant, un certains 12 juillet 2006, pour détourner l’attention du programme nucléaire iranien et retarder l’établissement du Tribunal international pour le Liban. Rien ne l’empêche aujourd’hui de récidiver, le Parti ne cesse de marteler qu’il est prêt à tout sacrifier pour le Guide iranien et son concept de Wilayat e-Faguih. Reste à savoir si les Chiites libanais sont encore capables de supporter une nouvelle aventure pour les beaux yeux du petit Guide Nasrallah et de son aîné Khamenaï ? Dario S.

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288 0 Nov 15, 2011

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