Les signes de l’effondrement de Bachar Al-Assad se multiplient

Les signes de l'effondrement de Bachar Al-Assad se multiplient

Après la tentative avortée de transférer la famille du président Assad vers la région Alaouite de Kardaha, sur la côte, les signes de l’effondrement du régime syrien se multiplient. Bachar Al–Assad utilise les minorités comme “bouclier” pour se protéger contre d’éventuelles poursuites judiciaires et pénales pour “génocide”. Il vient aussi de multiplier les centres de décisions pour éviter tout coup d’Etat interne. Les signes de l’affaiblissement du régime ne manquent pas, et son acharnement à reprendre les villes rebelles par le feu et le sang, en les détruisant sur la tête des habitants, le prouve. Dimanche dernier, le régime a tenté de transférer la mère d’Assad Anissa, son épouse Asma et ses enfants, ainsi que l’épouse et les enfants de Maher Al–Assad et de Rami Makhlouf (le cousin) par l’aéroport, vers la région natale montagneuse de la côte ouest, pour les mettre à l’abri, au sein de la communauté alaouite – qui a pourtant appelé à la dissocier de la famille Assad et du clan au pouvoir. Les combats qui ont eu lieu sur la route de l’aéroport de Damas ont mis en échec cette tentative , et les femmes du clan présidentiel auraient rejoint la montagne côtière par la route, dans un convoi de 12 voitures. Parmi les signes qui ne trompent pas figurent également la ” promotion inattendue et inhabituelle ” de plusieurs dizaines d’officiers, tous issus des minorités. Assad a ” violé le code militaire ” pour que ces nouveaux hauts gradés lui soient redevables, affirment des sources syriennes. Des officiers alaouites, chrétiens et druzes ont ainsi gravi les grades ” deux par deux ” et se retrouvent en première ligne dans la répression. Selon plusieurs sources syriennes, ” cette manœuvre vise à protéger Assad d’éventuelles poursuites pénales pour génocide “. Nos sources expliquent que ” si le dictateur échappe au lynchage et à la mort, il pourra attribuer la répression à ces officiers, en prétextant qu’ils sont issus des minorités et ont réagi par peur de la majorité “. L’autre signe qui ne trompe pas, et qui atteste de l’approche de la fin du régime, est la nomination, pour la première fois de l’histoire du pays, de trois vice–ministres de la Défense. Le ministre Daoud Rajha, un chrétien servant de vitrine minoritaire au régime , doit ainsi partager ses prérogatives déjà très symboliques avec les généraux Assef Chawkate, Talal Tlass et Ibrahim Al–Hussein. Aussi, Assad a redistribué les missions comme suit : le général Hassan Turkmani (ancien ministre de la Défense, vice–président adjoint pour les affaires militaires) pour superviser les opérations militaires, le général Jamil Al–Hassan (chef des Renseignements de l’armée de l’air, l’équivalent de la Gustapo, qui aurait été blessé la nuit dernière ) pour traquer les opposants. Al–Hassan aurait donné ses ordres pour que ” les opposants soient davantage éliminés qu’arrêtés “. Outre ses nouvelles fonctions, Assef Chawkate est chargé, avec Maher Al–Assad, de surveiller de très près les familles des officiers susceptibles de déserter, pour se venger contre ces familles. En résumé, Bachar Al–Assad accentue la répression, mais cherche parallèlement à ” maintenir l’équilibre entre les différents centres de décision, craignant qu’un pôle ne prenne le dessus et ne tente un coup d’Etat interne pour sauver le régime “. Mais ces manœuvres ne semblent pas porter leur fruit. Malgré la politique de terre brûlée menée par le régime, la situation continue à lui échapper dans plusieurs grandes villes, comme Alep, Hama et Homs notamment. Malgré la contre–offensive meurtrière menée autour de Damas, l’Armée Syrienne Libre accentue ses pressions sur le régime. Ses rangs gonflent de jour en jour au fil des désertions qui saignent l’armée régulière. Ce mardi, de nouvelles unités déployées à Idlib ont rejoint l’ASL. L’armement de cette dernière, jusque–là modeste, devrait évoluer rapidement en fonction des stocks récupérés dans les casernes conquises, comme la nuit dernière à Homs . Cette évolution confirme les prévisions de plusieurs experts stratégiques selon lesquels ” les jours du régime sont comptés “. Stefano B.C.

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