La Russie et la menace d’un nouveau conflit dans le Caucase

L’Arabie saoudite a déployé des efforts considérables, ces dernières années, pour se rapprocher de la Russie afin d’infléchir la position de Moscou dans le dossier nucléaire iranien. Si les observateurs ont lié ce rapprochement à l’accalmie constatée dans le Caucase, ils n’excluent pas, aujourd’hui, que la position russe dans la crise syrienne puisse favoriser une relance de la guérilla islamiste en Tchétchénie et au Daguestan. En février 2007, l’Arabie saoudite a reçu, avec les honneurs, le président russe d’alors, Vladimir Poutine, qui fut le premier dirigeant russe – et soviétique – à se rendre dans le royaume saoudien. Lors cette visite historique, Riyad et Moscou ont signé plusieurs protocoles d’accord, renforçant leur coopération économique tant dans le pétrole et le gaz que dans le domaine spatiale et militaire. Selon les analystes, ” l’ouverture saoudienne en direction de la Russie, et la diversification des partenaires économiques et militaires, visait en réalité à amadouer la Russie et à l’éloigner de l’Iran. Les concessions saoudiennes auraient ainsi reporté l’inauguration de la centrale nucléaire de Boushahr pendant plusieurs mois “. En contrepartie, ajoutent les observateurs, ” l’Arabie saoudite aurait ôté sa couverture politique et médiatique de la guérilla islamiste en Tchétchénie, permettant à Moscou d’éradiquer les indépendantistes du Caucase “. Aujourd’hui, outre le dossier nucléaire iranien, le conflit d’intérêt entre les Arabes en général et l’Arabie saoudite en particulier, et la Russie, porte désormais sur la Syrie. Moscou continue à soutenir Bachar Al-Assad et à rejeter les solutions préconisées tant par la Ligue arabe que par la communauté internationale. Les Russes ont usé de leur droit de veto à deux reprises au Conseil de sécurité, et viennent de voter contre le plan arabe à l’Assemblée générale des Nations unies. De ce fait, les relations entre Moscou et Riyad risquent de se dégrader. Or, à l’approche des présidentielles russes, la perspective de l’élection de Vladimir Poutine inquiète les observateurs. En effet, les opposants russes craignent une nouvelle répression que pourrait mener le régime pour favoriser l’élection du Premier ministre ; les partenaires étrangers redoutent une élection truquée ; et la communauté internationale s’inquiète d’une possible reprise de l’activisme indépendantiste dans le Caucase pour accentuer les pressions sur Moscou et lui arracher des concessions. D’ores et déjà, les médias russes affirment, ce vendredi 17 février, qu’au moins 13 policiers ont été tués et 17 autres blessés durant ces cinq derniers jours, dans des combats avec des groupes rebelles à la frontière avec la Tchétchénie et le Daguestan. Certains experts n’hésitent pas à lier la résurgence de la guérilla islamiste (sunnite) dans le Caucase au soutien russe, jusque-là indéfectible, à l’axe chiite composé de l’Iran et de la Syrie, sans pour autant accuser les pays sunnites de soutenir cette guérilla. Mais il est légitime de s’interroger si l’axe sunnite en général, et l’Arabie saoudite en particulier, passeront sous silence la reprise de la répression dans le Caucase, ou au contraire, le condamneront-ils pour obtenir des concessions russes en Iran et en Syrie ? Une telle évolution risque de mettre un terme au rapprochement russo-saoudien entamé en 2007 et de relancer une nouvelle forme de guerre froide. Stefano B.C.

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224 0 Feb 18, 2012

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