La fin de la Palestine

Michael Freund – Adaptation française de Sentinelle 5772 Ó

Jerusalem Post 15/02/2012

Je n’ai jamais pensé dire cela, mais nous autres, membres de la Droite israélienne, avons une dette de gratitude envers Mahmoud Abbas.

En forgeant un accord d’unité avec le Hamas au début de ce mois à Doha, capitale du Qatar, le président de l’Autorité a, sans y prendre garde, donné corps à l’un des dogmes centraux de notre philosophie politique : les Palestiniens ne doivent pas se voir accorder un Etat.

Depuis la signature des Accords d’Oslo en septembre 1993, nous avons mis en garde contre l’établissement d’une entité palestinienne aux côtés d’Israël. Les arguments historiques, militaires et géopolitiques ont été mis en avant, de nombreux articles et documents ont été rédigés, et d’innombrables manifestations et protestations ont été organisées, toutes dans le but de démontrer combien téméraire serait une telle mesure.

De façon répétée, nous avons plaidé publiquement pour faire connaître les dangers inhérents à diviser le territoire d’Israël et mettre le cœur du pays à portée de l’artillerie ennemie. Année après année, nous avons insisté pour dire qu’une Palestine indépendante serait absorbée par la marée montante du fondamentalisme islamique et deviendrait l’avant–poste d’un extrémisme de type iranien.

Cela a souvent été un dur combat, d’autant que les media et la ‘communauté internationale’ a poussé et fait pression pour donner leur Etat aux Palestiniens, apparemment sans prêter attention aux conséquences.

Mais au début de ce mois, Abbas a fourni une confirmation décisive et irréfutable de tout ce que la Droite avait dit depuis près de 20 ans.

Quand il a siégé avec le voyou du Hamas, Khaled Mashaal, et l’émir du Qatar Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani le 6 février, fait risette aux caméras, puis donné son accord formel pour se joindre à la direction Fatah–Hamas, Abbas a validé les pires craintes de tout israélien.

Il a adoubé un mouvement terroriste engagé dans la destruction d’Israël, l’a légitimé en, accueillant le Hamas dans le courant politique palestinien dominant, et posé les bases de leur possible prise de contrôle de l’Autorité Palestinienne. Selon les termes de l’accord, Abbas dirigera un gouvernement d’unité qui supervisera les élections présidentielle et parlementaires en Judée, Samarie et à Gaza plus tard cette année.

Ainsi, en une descente en piqué, il a insufflé une nouvelle vie au mouvement jihadiste palestinien, soulevant leurs espoirs de s’emparer finalement des rênes du pouvoir à Ramallah, comme il l’ont fait à Gaza. Sur le plan sécurité, c’est la réalisation d’un cauchemar.

Si le Hamas l’emporte, cela signifiera que la même organisation qui s’est activé à tirer des roquettes sur le Sud d’Israël gagnera soudainement une place forte politique et institutionnelle à tout juste 10 km de Jerusalem. Et les partisans iraniens du Hamas jouiront d’un stimulus clair et caractéristique en resserrant leur nœud d’encerclement autour de l’Etat juif.

A moins que quelqu’un ne doute de la signification attachée par le Hamas à cet accord, il faut mesurer que Mashaal a déclaré que son but primordial est de « résister à l’ennemi [Israël] et d’atteindre notre objectif national ».

Le rôle du Qatar dans la construction de l’accord d’unité palestinien ne doit être sous–estimé.

Le petit Etat du Golfe a joué un rôle significatif au cours de l’année passée en aidant au renforcement de diverses forces islamistes à travers la région, depuis les ‘Frères Musulmans’ d’Egypte, au Parti Ennahda qui a pris le pouvoir en Tunisie. Les Qataris essaient maintenant clairement de mener aussi le Hamas au pouvoir de façon à faire avancer leurs propres intérêts, et ils feront sûrement un effort concerté pour voir cela aboutir.

Aussi dangereux que puisse être ce développement sur le terrain, il représente une opportunité significative en termes de diplomatie publique pour Israël. Formulé simplement, l’adoption du Hamas par Abbas doit être utilisé pour établir un puissant dossier contre la notion prévalente qu’une « solution à deux Etats » peut apporter la paix.

Après tout, le mirage de la modération entourant le Fatah et l’Autorité Palestinienne s’avère être désormais sans la moindre ambiguïté comme le produit de l’imagination de la Gauche.

Nous devons plaider le fait que c’en est fini de la Palestine, c’est le glas mortel de l’illusion que la direction palestinienne est intéressée par la réconciliation, le compromis et la paix. Car si Abbas et sa cohorte souhaitaient vraiment voir la fin du conflit, ils n’auraient pas joint leurs forces à ceux qui défendent une confrontation sans fin. En apposant sa signature sur l’accord d’unité, Abbas a donc réglé la discussion une bonne fois pour toutes.

Confronté à un choix, il a écarté la possibilité d’un armistice avec Israël, fermant ainsi la porte à la moindre chance de résolution. Abbas a choisi le Hamas plutôt que l’harmonie. Maintenant nous devons nous assurer qu’il paiera le prix de ce choix.

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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244 0 Feb 18, 2012

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