Des interrogations inquiétantes sur la brève mission de la marine iranienne à Tartous

En l’absence d’informations crédibles sur la nature de la mission des navires de guerre iraniens en Syrie, les hypothèses les plus folles et les plus inquiétantes vont bon train. La “très courte durée” de l’escale iranienne à Tartous justifie ces interrogations et tend à étayer certaines hypothèses. La brève escale des deux bâtiments de la marine nationale iranienne dans le port syrien de Tartous suscite des interrogations légitimes sur la réelle nature de cette mission. Arrivés samedi dans le port syrien, le destroyer ” Naghdi ” et le ravitailleur ” Kharg ” l’ont quitté mardi, alors que l’Iran présentait cette visite comme le signe fort de son soutien au régime de Bachar Al-Assad. Téhéran avait officiellement évoqué une mission de ” formation de la marine syrienne ” ! Mais le retour rapide vers leur port iranien d’attache est diversement interprété. En effet, plusieurs observateurs qui rappellent qu’aucune formation de la marine ne peut s’achever en trois jours, ” ces navires sont venus ravitailler le régime, à court de munitions “. Ils s’appuient sur les images prises dans le Canal de Suez, sur le chemin du retour, pour estimer que ” la ligne de flottaison, notamment du ravitailleur iranien Kharg, prouvaient un chargement très léger “. Les observateurs en concluent que ” les navires iraniens sont venus décharger leur cargaison à Tartous “. D’autres observateurs vont encore plus loin en émettant l’hypothèse selon laquelle ces navires ne seraient pas repartis vides. ” Ils auraient emporté du matériel sensible (des composants légers) pour l’empêcher de tomber entre les mains de l’opposition syrienne, le jour où le régime de Bachar Al-Assad sera renversé “. Selon cette lecture, il pourrait s’agir soit de ” composants d’armes chimiques et bactériologiques, soit de composants entrant dans la fabrication de missiles balistiques “. Les tenants de cette hypothèse rappellent à cet égard que Homs et Alep sont les régions qui concentrent les principales installations balistiques syriennes et, du fait que les deux villes menacent actuellement d’échapper au contrôle de Damas, ” il fallait au régime d’évacuer des éléments compromettants sur ses Armes de destruction massive “. Selon la même lecture, ” les navires auraient pu également rapatrier en Iran des composants nucléaires, la Syrie étant suspectée d’avoir développé un programme clandestin avec l’appui de Téhéran, afin d’y produire une partie du programme nucléaire iranien, tel un puzzle dont les pièces sont éparpillées entre les deux pays pour échapper aux inspections “. Enfin, de rares Syriens ont une lecture complémentaire qui vient s’ajouter aux précédentes. Selon eux, ” les navires iraniens auraient pu transférer en Iran des détenus syriens, les prisons syriennes étant surpeuplées. Le nombre des opposants arrêtés depuis le début de la révolte, en mars 2011, dépassent selon ces sources les 150.000 personnes “. Pour l’étayer, les tenants de cette hypothèse estiment que ” la perspective du déploiement de forces arabes ou islamiques en Syrie, dans le cadre d’une solution parrainée par la Ligue arabe, dévoilerait l’ampleur de ces arrestations. Pour devancer cette évolution, le régime aurait ainsi transféré ses opposants vers des prisons iraniennes “. En attendant d’y voir plus clair, il convient de s’armer d’une grande prudence et de la précaution d’usage dans la lecture de ces hypothèses aussi folles qu’inquiétantes. Mais les antécédents de l’Iran et de la Syrie en matière de manœuvres politiques, de mensonges diplomatiques, de tromperies avec l’AIEA, d’exécutions sommaires de leurs opposants et d’opacité médiatique… permettent aux experts et aux observateurs d’avoir ce genre d’interprétations aussi farfelues ! Mediarabe.info

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272 0 Feb 23, 2012

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