L’entourage d’Obama parle fermement de l’Iran avant la visite de Netanyahou

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Par JOHN WALCOTT / BLOOMBERG 01/03/2012

La différence la plus significative entre Jerusalem et Washington se situe là où tracer la « ligne rouge » ; les officiels des USA déclarent que Netanyahou n’est pas convaincu de la résolution des USA d’arrêter la prolifération nucléaire en Iran.

Les officiels du gouvernement Obama adressent des avertissements croissants affirmant que les USA pourraient se joindre à Israël pour attaquer l’Iran si la république islamique ne dissipe pas les incertitudes sur l’objectif de son programme de recherche nucléaire dans la production d’armes.

Quatre jours avant que Premier ministre Benyamin Netanyahou n’arrive à Washington, le Chef d’Etat Major de la Force Aérienne des USA Norton Schwartz a déclaré aux reporters que les chefs de l’Etat Major ont préparé des options militaires pour frapper les sites nucléaires de l’Iran en cas de conflit.

« Avec ce que nous pouvons faire, vous n’aimeriez pas être dans le secteur » a dit Schwartz aux journalistes à Washington mercredi.

Les officiels du Pentagone ont déclaré que les options militaires commencent par la fourniture d’un réapprovisionnement aérien aux avions israéliens et comprennent aussi l’attaque de piliers du régime clérical, y compris le Corps des Gardiens de la Révolution et sa force d’élite ‘al Qods’, les bases régulières de l’armée iranienne et le ministères du renseignement et de la sécurité. Les officiels ont parlé sous condition d’anonymat du fait de la classification des plans du Pentagone.

« Il n’y a pas de groupe en Amérique plus déterminé à empêcher l’Iran de parvenir à une arme nucléaire que les chefs de l’Etat Major » a dit le Président des chefs de l’Etat Major Général de l’armée, Martin Dempsey, au comité des finances de la Chambre hier. « Je peux vous en assurer ».

A part cela, des officiels anonymes ont déclaré au ‘Washington Post’ que les planificateurs de l’armée américaine croient de plus en plus que des attaques avec 30.000 bombes de ‘l’US Air Force’, capables de faire sauter des bunkers, pourraient mettre hors d’usage l’usine d’enrichissement d’uranium profondément enterrée à Fordo en Iran.

Les rencontres échouent

Les derniers avertissements américains d’une possible action militaire contre l’Iran viennent après qu’une série de rencontres entre des officiels israéliens de haut rang et des officiels du gouvernement Obama aient échoué à résoudre les différences sur le moment où une attaque deviendrait nécessaire, selon des officiels des deux pays ayant participé aux discussions.

« Parce que dans l’esprit des Israéliens, il y a une incertitude sur la volonté du gouvernement d’agir, et plus important encore, dans l’esprit des Iraniens, il est très important que nous ne nous contentions pas de dire que toutes les options sont sur la table, mais aussi de montrer qu’elles le sont, par certains moyens ouverts » a déclaré dans un entretien téléphonique Mike Rogers, Représentant Républicain du Michigan qui préside le Comité du renseignement de la Chambre des représentants et était l’un des récents visiteurs d’Israël.

D’autres officiels américains parlant sous condition d’anonymat, les discussions s’étant tenues en privé et parce le gouvernement essaie de rassurer Israël et ses partisans américains sur sa détermination en modérant les craintes qui conduisent à faire monter le prix du pétrole.

Tracer la ligne rouge

La différence la plus significative entre les USA et Israël, disent les officiels américains, c’est où tracer la ligne sur le programme nucléaire de l’Iran.

Les officiels du gouvernement Obama ont suggéré que le déclencheur d’une action militaire devrait être une décision du chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei d’enrichir l’uranium au–delà du niveau actuel de 20 %, qui sous–tend la fabrication d’armes nucléaires de niveau 85 à 90 %

Les officiels du renseignement américain et israéliens ont déclaré qu’ils s’accordent sur le fait qu’une telle décision serait difficile à détecter peu après sa mise en œuvre.

Alors que leurs homologues américains sont centrés sur l’enrichissement, les officiels israéliens ont décrit le programme nucléaire iranien comme un tripode qui comprend aussi des efforts dans diverses localisations pour développer un missile à tête porteuse capable de transporter une arme nucléaire, un détonateur pour les explosions nucléaires et d’autres composantes d’un instrument nucléaire.

Cibles mesurées

Alors que les officiels israéliens ont dit aux Américains que leur capacité de frapper l’Iran est plus grande que la majorité des gens le croient, les installations nucléaires de l’Iran à Natanz et Fordo seraient extrêmement difficiles à détruire par la Force Aérienne des Israéliens avec son arme la plus lourde, le GBU–28 de 5.000 livres.

Le missile porteur de l’Iran et ses installations d’armement sur les complexes militaires de Parchin et de Bigdaneh sont plus vulnérables, au moins actuellement ont déclaré les officiels israéliens, selon les Américains qui les ont rencontrés.

L’Iran a interdit la visite des inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) sur le site de Parchin en février, et une explosion encore inexpliquée sur la base de missiles de Bigdaneh a éliminé un général du corps des gardes de la révolution.

Les Israéliens ont déclaré que ce qui les préoccupe, c’est que l’Iran pourrait achever son chantier sur les têtes porteuses, les détonateurs, les réflecteurs à neutrons et d’autres ingrédients d’une arme nucléaire, ou bien déplacer ce chantier vers des installations plus dures à frapper.

Dernier rapport du renseignement

Une récente analyse du renseignement des USA a conclu que, si l’Iran peut obtenir ses centrifugeuses pour produire de l’uranium de qualité militaire et assembler sur différents sites le 33–34 livres (15 à 20 kg) du matériel nécessaire à une arme, un système de transport et d’autres composants nécessaires, il pourrait fabriquer une arme nucléaire en deux mois, ont déclaré deux officiels américains qui ont lu l’analyse.

Soulignant davantage la question de l’agenda, les officiels américains et israéliens ont conclu que l’Iran pourrait se contenter d’un test sur ordinateur d’une nouvelle arme plutôt que d’en faire exploser une dans le désert, grâce en partie à la confiance que leur inspire l’assistance significative de la Corée du Nord. Ces officiels ont aussi parlé sous condition d’anonymat parce les affaires de renseignement sont classifiées.

Les officiels américains ont dit que leurs homologues israéliens sont moins enclins que le gouvernement Obama à laisser le temps d’agir à des sanctions économiques renforcées contre l’Iran pour une seconde raison : ils sont sceptiques sur le fait que les sanctions pourront jamais convaincre l’Iran d’abandonner sa poursuite d’une arme nucléaire.

Le rôle d’Israël

Lors de différentes réunions avec leurs homologues américains à Washington, Jerusalem et Tel Aviv, Netanyahou, Barak et Tamir Pardo, le chef du Mossad, ont mis en avant que seule une action militaire israélienne a empêché l’Irak et la Syrie de parvenir au nucléaire.

Ils ont aussi mis en avant qu’observer les dictateurs de l’Irak et de la Libye non nucléaires renversés par ou avec l’aide occidentale, associée avec une perception profonde qu’une Perse musulmane shi’ite est habilitée à détenir une arme que les Chrétiens, les Juifs, les sunnites [pakistanais], les Hindous, la Russie et la Chine possèdent tous, cela peut renforcer les intentions de l’Iran dans la poursuite du développement d’une arme.

Les visiteurs de haut rang comprenaient Ehud Barak, Pardo, le vice–président des USA Joe Biden, le secrétaire d’Etat à la défense Leon Panetta, le directeur de l’Agence Nationale américaine du renseignement James Clapper, le directeur de la CIA David Petraeus, Dempsey, le conseiller national à la sécurité des USA Tom Donilon, le conseiller de la Maison Blanche Dennis Ross, Rogers et C.A. Ruppersberger « le Hollandais », et le représentant Démocrate au Comité du renseignement à la Chambre des USA.

Israël met en question la résolution des USA

Ces discussions ne sont pas parvenues à dissiper les doutes des Israéliens sur la volonté du président Barack Obama de faire tout ce qui est nécessaire pour empêcher que la bombe ne tombe dans les mains iraniennes, ont dit les officiels américains. Ehud Barak a décrit une réunion hier avec Panetta comme seulement « importante et utile ».

Netanyahou et d’autres officiels israéliens, selon les officiels américains, ont dit qu’ils ne pensent pas que l’Iran soit convaincu de la détermination d’Obama. Ils ont ajouté qu’ils se fondent sur l’emphase permanente du gouvernement sur les sanctions.

Répondant à une questions lors d’une audition du sous comité des finances sur les affectations de la Chambre hier quant aux interrogations si Israël attaquait l’Iran, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a répondu : « Concentrons–nous sur les sanctions économiques alors que nous avons le monde avec nous maintenant. Nous pensons que nous progressons sur le front des sanctions ».

‘Les USA renforcent leur image de faiblesse’

Pourtant, les officiels israéliens ont aussi dit à leurs homologues américains qu’ils pensent que les Iraniens voient ce qu’ils considèrent comme un modèle de comportement de gouvernement irrésolu avec l’abandon de l’ancien Président égyptien Hosni Moubarak, un simple rôle de soutien dans le renversement de Mouammar Khaddafi de Libye, de l’indécision sur la façon de traiter la violence en Syrie et la précipitation dans le retrait d’Irak et d’Afghanistan répondant aux pressions politiques intérieures.

Enfin, les Israéliens ont déclaré à certains officiels américains que l’échec du gouvernement américain à effectuer des représailles contre l’Iran pour le complot visant à assassiner l’ambassadeur d’Arabie saoudite aux USA et leur incapacité à obtenir que l’Egypte libère le fils du secrétaire d’Etat aux transports Ray LaHood, qui est l’un des 16 activistes pro–démocratie accusés d’opérer sans la permission du gouvernement, tout cela a renforcé l’image d’une Amérique faible.

Certains Républicains partagent ces doutes, le Sénateur Lindsay Graham de Caroline du Sud, membre Républicain du Comité des Services Armés au Sénat, et ils disent que le gouvernement Obama devrait « être plus clair » dans sa détermination à empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires.

« Le monde du renseignement est incertain sur les intentions de l’Iran » a déclaré Graham aux journalistes lors d’une conférence de presse hier. « Vous n’avez pas besoin d’être Sherlock Holmes pour les comprendre ».

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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