Breivik voulait décapiter l’ex-première ministre

OSLO ” Anders Behring Breivik a déclaré, jeudi, qu’il avait eu l’intention de décapiter l’ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland et de massacrer la totalité des centaines de jeunes militants travaillistes réunis sur l’île d’Utoya le 22 juillet 2011. Il en a tué 69. «Le plan était de décapiter Gro Harlem Brundtland en la filmant» pour publier la vidéo sur Internet, a-t-il déclaré devant la cour, en précisant qu’il s’était inspiré des pratiques d’Al-Qaïda. Mais l’ex-première ministre (1981-1996) avait déjà quitté l’île d’Utoya quand il est arrivé. Qualifiant les jeunes militants de «traîtres», Breivik a expliqué que «le but n’était pas de tuer 69 personnes à Utoya. Le but était de tous les tuer». Au quatrième jour de son procès à Oslo, l’accusé a aussi affirmé s’être entraîné sur des jeux vidéo et avoir initialement prévu trois attentats à la bombe suivis de plusieurs massacres par balles, mais que cela s’était avéré trop difficile à organiser. L’attentat contre le siège du gouvernement à Oslo et la tuerie d’Utoya ont fait un total de 77 morts. Anders Behring Breivik a expliqué à la cour qu’il avait également envisagé des attentats contre le bureau du Parti travailliste au pouvoir et une troisième cible, peut-être le palais royal. Mais «la famille royale n’aurait pas été atteinte car la plupart des nationalistes et conservateurs culturels, dont je suis, soutiennent la monarchie», a-t-il dit. «Il y aurait eu trois voitures piégées puis des opérations avec armes à feu», a-t-il expliqué. Il a renoncé à ce projet car c’était finalement «beaucoup plus difficile» que ce qu’il croyait. Breivik a ajouté qu’il pensait avoir «moins de 5 pour cent de chances de survie» après l’attentat d’Oslo, qui a fait huit morts. Mais la police n’a bouclé qu’une zone très limitée et il a pu se rendre en voiture puis en bateau jusqu’à Utoya, à 30 kilomètres de là. Portant une tenue de policier qu’il s’était confectionnée, et armé d’un fusil et d’un pistolet auxquels il dit avoir donné des noms d’armes des dieux nordiques, il a parcouru l’île en tuant autant de personnes que possible pendant près d’une heure et demie, avant de se rendre à la police qui avait tardé à arriver. Il a expliqué s’être rabattu sur ce camp faute d’avoir eu le temps de se préparer pour attaquer une conférence annuelle des journalistes norvégiens ou le congrès annuel du Parti travailliste. Pour la première fois depuis le début du procès, lundi, Breivik est entré dans la salle sans brandir le poing fermé, sur le conseil de ses avocats. Il affirme qu’il s’agit du salut de son groupe des «Chevaliers templiers», mais les enquêteurs ne croient pas à l’existence de cette organisation. Le jeune homme plaide non coupable car il dit avoir agi en état de légitime défense pour protéger l’Europe contre le multiculturalisme et une prétendue invasion d’immigrés musulmans. «Les nationalistes sont divisés en deux. Une moitié veut attaquer les musulmans et les minorités, l’autre moitié veut attaquer les élites, ceux qui sont responsables», a-t-il devisé. Il encourt jusqu’à 21 ans de prison ou une peine de détention illimitée jusqu’à ce qu’il ne soit plus considéré comme un danger pour la société. Il n’a exprimé aucun remords, affirmant même que si c’était à refaire, il le referait. L’un des enjeux du procès consiste à déterminer s’il est criminellement responsable de ses actes ou s’il doit être interné et soigné. Deux expertises psychiatriques ont abouti à des conclusions contraires et l’intéressé se dit sain d’esprit pour défendre ses «idées» politiques. Breivik a raconté jeudi qu’il s’était préparé à une éventuelle fusillade avec des commandos de la police à Oslo grâce à un jeu vidéo sur son ordinateur. «J’estimais mes chances de survie à moins de 5 pour cent», a-t-il lancé. Il a déclaré s’être entraîné plusieurs heures par semaine pendant 16 mois sur «Modern Warfare», principalement pour s’exercer à l’utilisation du viseur d’un fusil. Le jeune homme a avoué avoir décidé dès 2006 de mener ce qu’il envisageait comme une opération suicide. Dans un premier temps, il a pris une année sabbatique pour se consacrer à un autre jeu vidéo, «World of Warcraft», près de 16 heures par jour. Se couper de toute vie sociale pendant un an l’a aidé à se préparer aux attaques réelles, mais ce n’était «qu’un jeu». «Cela n’avait rien à voir avec le 22 juillet», a-t-il dit. Au procureur Svein Holden qui lui demandait comment les rescapés et proches de ses victimes réagiraient en le voyant sourire pendant l’audience, Breivik a répondu: «Ils réagissent probablement naturellement, avec horreur et dégoût», en précisant qu’il avait souri parce qu’il voyait où le procureur voulait en venir avec ses questions.

Lire l’article complet sur journalmetro.com

Share This

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.