Frank J. Gaffney Jr. – Adieu au Super Etat Européen

Adaptation française de Sentinelle 5770 ©

En l’espace de deux semaines, trois gouvernements européens sont tombés, envoyant des ondes de choc à travers le Continent et remettant en question l’expérience qui a dévoré son avenir depuis des décennies : la construction d’un Super Etat socialiste, centralisé, dénommé « Europe ».

Il se peut que l’enlisement de la coalition du gouvernement aux Pays Bas, la répudiation de Nicolas Sarkozy en France et les fortunes naufragées des deux principaux Partis politiques grecs représentent plus qu’un rejet des mesures d’austérité dictées par Bruxelles sur l’ordre des Allemands.

Pour paraphraser Winston Churchill, ces développements politiques ne vont sûrement pas mettre fin à l’aventure rampante de l’écrasement de la souveraineté européenne ni même marquer le commencement de sa disparition. Mais ils peuvent simplement constituer la fin du commencement de la fin de l’Europe comme entreprise politique transnationale unique.

Pour s’en assurer, les électeurs français ont élus François Hollande, qui est pour l’Union Européenne et soutient de façon réfléchie la vision de ses fondateurs qui l’a vue évoluer depuis un pacte commercial intracommunautaire vers une union proto politique. Pourtant, son électorat, comme les Grecs et les Hollandais, ne veut prendre aucune part au principal projet de l’UE du moment – la discipline fiscale et l’austérité budgétaire.

Le problème est que de telles rebuffades menacent de mettre bas divers châteaux de cartes financiers construits dans les mois récents par l’allemande Angela Merkel avec l’aide de son très junior partenaire, le français Sarkozy. Ils se sont donnés pour objectif de faire croire qu’ils maîtrisaient les crises économiques béantes auxquelles font face les membres de l’UE loin devant la Grèce, dont l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Irlande et oui, la France. Mais comme des publics à travers le continent rechignent à prendre des remèdes amers ordonnés par Berlin et refusent d’abandonner leurs services sociaux coûteux, leurs semaines de travail raccourcies et leurs longues vacances, il y a peu d’espoir que le patient guérisse.

Malheureusement, plusieurs autres facteurs contrariants s’ajoutent au désarroi économique qui afflige l’Europe pour l’heure. Ils comprennent ainsi :

° Dans beaucoup de nations de l’UE, ils ont récolté ce qu’ils semé quand ce qui a été pour certaines nations des tentatives sur des décennies pour compenser des taux de natalité déclinant au sein de la population de souche en important des travailleurs immigrés, cela a transformé les pays hôtes. Le destin de M. Sarkozy a été finalement scellé par la décision des partisans du Parti anti–immigration de Marine Le Pen, le Front National, de ne pas voter pour lui au second tour de l’élection présidentielle. Des sentiments similaires ont vu les sympathisants du Parti fasciste de l’Aube d’Or gagner près de 7 % des suffrages ce dimanche aux dépens des principaux Partis.

° Etroitement liés aux préoccupations sur le nombre d’immigrants dans un pays européen après l’autre, il y a la perception que beaucoup d’entre eux sont des musulmans qui cherchent à imposer la doctrine suprématiste islamique là où ils résident. Des auteurs comme Bat Ye’or, Mark Steyn et Bruce Bawer l’ont observé : les courants sont dans la direction de telles populations exerçant une influence politique disproportionnée et établissant des zones interdites d’accès et d’autres statuts privilégiés. De tels développements alimentent un sentiment d’injustice et de scandale de la part des habitants de souche.

° L’hostilité montante envers « l’autre » dans certaines parties de l’Europe déclenche aussi de nouveau un antisémitisme élargi. Les Juifs sont dissuadés de porter leur tenue religieuse en public alors que des attaques contre eux et leurs synagogues sont devenues de plus en plus fréquentes et violentes. Beaucoup fuient leur pays natal, et ceux qui restent derrière commencent à avoir peur – pour de bonnes raisons – à un degré qu’ils n’ont pas connu depuis la Deuxième Guerre Mondiale.

Pour toutes ces raisons, L’Europe peut se retrouver bientôt dans un autre de ces cataclysmes horribles qui l’ont défigurée pendant presque toute son histoire connue. En fait, nous sommes devenus tellement habitués à la tranquillité et à la prospérité que le Continent a connues au cours du demi–siècle passé que la plupart d’entre nous a oublié que de telles conditions sont la véritable exception plutôt que la règle.

On ignore comment un nouvel épisode de désordre ou même une guerre pourrait être précipités en Europe. La seule menace d’une telle perspective peut déclencher – comme cela s’est produit dans le passé – un effort redoublé pour soutenir l’Union Européenne et sa monnaie commune déclinante, l’euro. Les forces déchaînées en ce moment, cependant, peuvent s’avérer résistantes à de telles exhortations pour perpétuer ce qui est de plus en plus perçu comme une entreprise punitive et anti démocratique.

Inutile de le dire, si l’Europe tombe une fois de plus dans le tourbillon de la privation économique, un « nettoyage » religieux et/ou ethnique et peut–être des conflits qui sont survenus si souvent ici, notre tranquillité et notre prospérité seront gâchées aussi. Nous devons cependant résister à la tentation d’essayer de soutenir l’Union Européenne comme solution à des telles perspectives et investir, au lieu de cela, dans des efforts pour œuvrer sur place avec des gouvernements nationaux pour les rendre plus responsables et disciplinés – quelque chose dont le projet nommé « Europe » n’a pas été capable, et en pratique, ne pourra jamais être.

A tout le moins, nous ne pouvons pas nous attendre à ce que ce qui émergera du naufrage de dépenses extrêmement prodigues et de la subordination de la souveraineté qu’est l’Europe, apporteront les partenaires fiables et les armées robustes dont on nous dit qu’elles nous permettront de réduire en toute sécurité nos propres capacités et notre part de la charge avec nos alliés. Si l’histoire peut servir de guide, il est aussi probable que nous aurons peur de combattre de nouveau en Europe – peut–être catalysée par une Russie toujours plus belliqueuse de nouveau formellement dirigée par Vladimir Poutine – que nous bénéficierons d’une aide substantiellement plus grande de ce côté.

Lire l’article complet sur jewishworldreview.com

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