Harcelée, la Turquie risque de perdre patience. Huit morts et une cinquantaine de blessés à Gaziantep

Au moins huit personnes ont été tuées et plus de cinquante autres ont été blessées ce lundi soir, dans l’attentat à la voiture piégée qui a frappé le centre–ville de Gaziantep, dans le Sud–Est de la Turquie, théâtre traditionnel des opérations terroristes du PKK, soutenu, financé et armé par le régime syrien pour harceler la Turquie. Damas avait longtemps hébergé et financé les séparatistes kurdes de Turquie, les exploitant pour harceler Ankara. La guérilla kurde a fait plus de 45.000 morts durant les années 1990. A la fin de la décennie, l’armée turque a sérieusement menacé d’envahir le nord de la Syrie et a massé ses troupes à la frontière. La Turquie a également exercé des pressions sur Damas en construisant une vingtaine de barrages sur l’Euphrate, privant la Syrie de ressources hydrauliques indispensables à son agriculture. Face à cette démonstration de force, et pour éviter la famine, après la destruction de l’agriculture syrienne, Hafez Al–Assad a livré aux Turcs Abdallah Oçalan, le chef du PKK, sans pour autant démanteler le parti des travailleurs, ni son potentiel terroriste. Depuis l’éclatement de la révolution syrienne, Bachar Al–Assad a remis au goût du jour l’appareil militaire du PKK, qui a multiplié les attentats et les attaques en Turquie. L’objectif de Damas est de menacer Ankara et de dissuader les Turcs d’intervenir, directement ou indirectement, contre le régime syrien. Ce lundi, les responsables turcs ont affirmé que leur pays a atteint ses capacités d’accueil des réfugiés syriens (75.000) et ont plaidé, pour la première fois de façon officielle et sans détour, pour l’installation d’une zone protégée en territoire syrien, afin d’y héberger les déplacés syriens. Ce qui stipule automatiquement une zone d’exclusion aérienne. Or, l’armée du régime utilise de plus en plus l’aviation pour bombarder les villes rebelles et l’Armée Syrienne Libre. Damas ne compte pas se priver de sa principale arme (aviation, hélicoptères), ni tolérer l’installation d’une zone protégée. La riposte syrienne ne s’est donc pas fait attendre. Sur ordre du régime de Bachar Al–Assad, le PKK a ainsi commis l’attaque terroriste la plus violente ces derniers mois, à Gaziantep. Selon les autorités locales, la puissante explosion s’est produite en fin de journée à quelques dizaines de mètres d’un commissariat de police, provoquant un important incendie. Plusieurs véhicules dont un bus municipal ont été détruits, et au moins huit personnes ont été tuées et 50 autres blessées. A Ankara, les observateurs s’interrogent sur le seuil de tolérance des autorités face aux provocations et aux harcèlements menés méthodiquement par Damas. Depuis le début de la crise syrienne, en mars 2011, ces observateurs reprochent aux responsables turcs de ” gesticuler sans agir, de multiplier les menaces sans jamais les mettre à exécution, de crier sans jamais se faire entendre… “. Les observateurs ajoutent qu’” en avalant les couleuvres, Ankara s’est dangereusement exposé au diktat syrien “. L’absence de réaction turque à la perte d’un chasseur F–4, abattu par la DCA syrienne en juin dernier, a renforcé le malaise en Turquie, et a encouragé la Syrie à poursuivre sa politique. Ce lundi, l’armée du régime a mené l’une des plus violentes attaques contre des positions de l’Armée Syrienne Libre dans la montagne de Lattaquié, non loin de la frontière turque. Le régime semble décidé à nettoyer ce territoire et à empêcher les insurgés d’y installer une zone d’exclusion. ” C’est sans nul doute le fruit des hésitations de nos politiques “, regrette un responsable turc, requérant l’anonymat. Dario S.

Lire l’article complet sur MediArabe.info

Share This

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.