Attentat à Beyrouth : les souverainistes accusent la Syrie (commanditaire) et le Hezbollah (exécutant)

Des appels se multiplient demandant la démission du gouvernement et l’expulsion de l’ambassadeur de Bachar Al–Assad

Depuis l’annonce de la mort du général Wissam Al–Hassan, avec son chauffeur et six autres civils, dans l’attentat commis ce vendredi à Ashrafieh, les souverainistes libanais ont spontanément manifesté leur colère en coupant les routes, en incendiant des pneus… D’autres au contraire ont offert des gâteaux aux passants, comme dans la banlieue sud de Beyrouth.

Les réactions populaires spontanées ont accentué la tension déjà palpable au Liban depuis que le Hezbollah multiplie les provocations, tantôt en envoyant un drone dans l’espace israélien, tantôt en envoyant ses combattants contribuer au génocide en Syrie, ou encore en élevant au rang de martyrs les responsables syriens tués. Le parti de Hassan Nasrallah ne manque pas une occasion sans accuser les souverainistes et plus particulièrement le général Wissam Al–Hassan de faciliter l’envoi d’armes et de combattants aux révolutionnaires syriens, tout en justifiant sa propre participation à la guerre aux côtés du dictateur Assad. C’est le comble de l’hypocrisie, estiment les Libanais. Une hypocrisie qui permet cependant d’identifier le commanditaire et l’exécutant du crime d’Ashrafieh.

Il était de ce fait facile, pour les responsables de l’Alliance du 14 mars, d’accuser le régime syrien d’être le commanditaire de l’assassinat d’Al–Hassan, et le Hezbollah d’en être l’exécutant. Le premier ministre Najib Mikati en a également pris pour son grade. Il est ce soir sommé de démissionner. Le président de la République, Michel Sleimane, lui aussi menacé par la Syrie et le Hezbollah, est quant à lui invité à expulser l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth, considéré comme un véritable officier des services d’Assad (Moukhabarate), en costume de diplomate.

Plusieurs syndicats libanais ont appelé leurs adhérents à respecter le mot d’ordre de grève, pour ce samedi, et à manifester leur colère. D’ores et déjà, plusieurs villes sont en deuil, comme Saïda, ou sous très haute tension, comme Tripoli, où des tirs ont été échangés entre souverainistes et pro–Assad. Dans la capitale, plusieurs axes routiers sont coupés, et l’armée tente de renforcer son dispositif pour parer à toute éventualité, notamment à l’occasion des obsèques de Hassan.

Les militants du Courant du Futur ont appelé à observer un sit–in au centre–ville de Beyrouth. Ils ont dressé plusieurs tentes sur la Place des Martyrs, et entendent s’y installer durablement. Les partis politiques de l’Alliance du 14 mars représentés à Paris, ainsi que l’opposition syrienne qui accuse Assad d’avoir commis l’attentat dans une tentative d’exporter sa crise, appellent conjointement les Libanais, les Syriens, et les amis des deux peuples, à manifester ce samedi depuis la Place de la Nation jusqu’à la Place de la Bastille, à partir de 15h00. Une manifestation qui entend dénoncer le dictateur syrien et ses crimes tant en Syrie qu’au Liban. Les organisateurs espèrent former un cortège imposant, proportionnel à la criminalité dénoncée.

Mediarabe.info

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522 0 Oct 21, 2012

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