La guerre de Gaza : les principaux titres de la presse arabe

L’Arabie saoudite privilégie l’apaisement. L’Algérie parle de crimes israéliens, pourtant incomparables avec ceux de ses alliés libyen et syrien

Les journaux sont divisés en fonction de leur nationalité et appartenance idéologique

La presse arabe a diversement traité la situation à Gaza, reflétant les divergences d’appréciation entre les différents pays. Voici un apperçu des principaux titres :

Le quotidien « Al–Quds Al Arabi » évoque ce matin « le rappel des 16.000 réservistes israéliens et l’engagement de la marine israélienne dans la guerre contre Gaza ». Le quotidien s’inquiète également « des répercussions de cette guerre sur l’Egypte, invitée par les Etats–Unis à user de son influence sur le Hamas pour arrêter la violence ». Ce qui justifie, selon « Al–Quds Al Arabi », l’appel lancé par l’ambassade américaine au Caire à ses ressortissants de « rester vigilants en Egypte ». Washington redoute des manifestations violentes au Caire en soutien à Gaza.

Le quotidien « Asharq Al Awsat » titre à sa une : « les missiles palestiniens aux portes de Tel–Aviv ». Le quotidien décrit les dégâts causés par les bombardements israéliens de Gaza, et ceux des centaines de missiles palestiniens de fabrication iranienne en Israël. « Asharq Al Awsat » ne cache pas ses regrets que « l’élimination du chef militaire du Hamas, Ahmad Al–Jaabari, ait soudé les Palestiniens qui surmontent ainsi leurs divisions » et rappelle que « Jaabari était le principal négociateur de la libération de Guilad Shalit ». A cet égard, le quotidien koweïtien « Al Seyassah » rappelle que « Jaabari était sur le point de conclure une trêve durable avec Israël ».

« Asharq Al Awsat » publie une tribune de Imad Eddine Adib, dans laquelle il estime que « la guerre de Gaza n’est qu’un exemple miniaturisé du conflit régional plus large ». Il écrit : « il ne s’agit pas simplement d’une affaire de roquettes tirées sur Israël. Mais plutôt d’une tentative de mettre en échec l’expérience des islamistes au pouvoir. Ce conflit risque d’attirer l’Egypte, le Qatar et l’Iran et son règlement dépendra de l’évolution des négociations entre l’Iran et les Etats–Unis. Il n’est pas exclu, de ce fait, d’assister à une nouvelle tension au Liban, pour le prendre en otage et l’utiliser dans ces négociations comme un atout dans le jeu iranien ». « Asharq Al Awsat » n’exclut pas de ce fait que « le conflit s’étende et oppose Israël et les Etats–Unis à l’Iran, et conduise à la fermeture du détroit d’Ormue dans le Golfe ».

Ce scénario semble conforté par les propos de Hassan Nasrallah. Le secrétaire général du Hezbollah est apparu à la télévision, hier soir, pour le lancement des festivités de la fête de Ashoura. Si la presse libanaise est absente des kiosques, ce vendredi, journée chômée au Liban (nouvel an du Hégire), c’est le quotidien égyptien « Mesraoui » qui relaye, ce matin, les propos de Nasrallah, qui « a pressé les Arabes, les musulmans et tous les peuples libres, à soutenir Gaza et la résistance palestinienne contre les sionistes ». Selon la télévision « Al–Manar » du Hezbollah, « Nasrallah considère la bataille de Gaza comme la sienne ».

Le britannique Patrick Seale, considéré comme un « fin connaisseur » de la région, écrit dans le quotidien « Al Hayat » une tribune pour le moins décousue. Il évoque pêle–mêle « la prochaine confrontation qui opposera Barack Obama à Benyamin Netanyahou, le danger islamiste dans la région, le conflit entre Israël et l’Iran, ainsi que le Hezbollah et le Hamas ». Seale invite le président américain, à peine réélu, à « profiter de la dynamique de sa victoire pour engager le bras de fer avec Israël et imposer la solution des deux Etats. Un Etat palestinien indépendant favorisera la paix régionale ». Mais l’auteur s’interroge sur « les capacités d’Obama à faire face à Israël », accusant « les Juifs américains de l’entraver, s’il décidait à s’engager sur une telle voie ». Seale accuse « Israël de menacer les pays du Golfe dès que la Syrie achève son autodestruction », une autodestruction syrienne attribuée indirectement à l’Etat hebreu. Une tribune décousue qui confirme les accusations portées récemment contre Patrick Seale faisant de lui un porte–parole du régime syrien en Occident.

Le quotidien algérien « Echorouk » semble ce matin se réjouir que « la résistance palestinienne soit parvenue à toucher le cœur de l’Etat sioniste avec ses missiles ». Il titre : « les missiles palestiniens frappent Tel–Aviv pour la première fois, et font cinq morts sionistes ». Son rival « El Khabar » donne la parole à l’ancien premier ministre Ahmed Ouyahia, lequel s’interroge : « où sont les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme ? » Et d’ajouter : « Israël commet des crimes à Gaza et personne ne bouge !! ». [Ouyahia semble avoir oublié les positions du régime algérien qui a défendu Moammar Kadhafi, quand l’ex–dictateur libyen massacrait ses citoyens. Ouyahia fait aussi semblant d’oublier que l’Algérie continue de défendre le régime syrien, notamment au sein de la Ligue arabe. Alger n’a pas reconnu la Coalition de l’opposition. Pourtant, son allié Bachar Al–Assad a massacré plus de 30.000 syriens, et fait disparaitre plus de 50.000 autres. Un chiffre incomparable avec les victimes palestiniennes, de l’aveu même du peuple syrien…].

C’est sans doute pour faire face à cette hypocrisie que le quotidien saoudien « Al–Watan » s’est distingué ce matin en relayant l’entretien téléphonique entre le roi Abdallah Ben Abdelaziz et le président égyptien Mohamed Morsi. Le quotidien souligne que lors de cet entretien, le souverain saoudien a affirmé au président égyptien que « la situation à Gaza nécessite la plus grande sagesse ». Il a conseillé au Caire « d’éviter les réactions passionnelles et de privilégier les ates réfléchis et l’apaisement ».

Mediarabe.info

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490 0 Nov 16, 2012

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