Victor PEREZ – France 2 et Charles Enderlin, véritables symboles de la désinformation française

S’il n’y a qu’un seul mérite à attribuer à Philippe Karsenty, il est celui d’avoir contraint France 2 et Charles Enderlin à dévoiler, lors des différents procès les opposant, tout le matériau à leur disposition concernant l’affaire A-Dura. Ainsi, chacun a pu s’apercevoir que les rushs (1) tournés concernant strictement cette affaire avaient une durée de moins d’une minute et non pas vingt-sept ou dix-huit comme annoncés. Mieux ! Que l’agonie de Mohamed A-Dura, retirée au montage par les soins de l’envoyé permanent à Jérusalem, selon ses propres affirmations, n’existe pas. Pire ! Qu’une image montrant l’enfant soulevant le coude et la jambe droite, alors qu’il est déclaré mort, fut supprimée de l’attention des téléspectateurs.

Chacun se demandera donc ce qui a autorisé Charles Enderlin et sa chaîne à justifier le commentaire qu’il fit ce soir-là : « Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne (…) une nouvelle rafale, Mohamed est mort et son père gravement blessé » ?

Malgré ces mensonges et manipulations et suite au dernier verdict de la Cour d’Appel, Charles Enderlin a assuré sans rougir que « la vérité est établie » (2) et que « attention, il y a une justice en France » (3). On s’attend donc à de nouveaux procès !

Ainsi, le livre de Gérard Hubert (z‘’l) « Contre-expertise d’une mise en scène » (4) sera certainement interdit et la maison d’édition condamnée à de lourds dommages et intérêts. On s’étonnera toutefois que cela ne soit pas déjà le cas alors que le livre est en vente depuis 2003 !?

La Metula News Agency a publié depuis plusieurs années, des dizaines d’articles minutieux. Tous concluant à une mise en scène et au mensonge. Stéphane Juffa, le rédacteur en chef de l’agence israélienne a proposé publiquement, depuis plusieurs années, de se rendre à toutes convocations judiciaires en France. On s’étonne encore une fois qu’à ce jour aucune plainte ne fut dressée à son encontre. Chacun se souviendra parallèlement des efforts faits par la direction de France 2 en 2004 pour empêcher les représentants de cette agence de visionner les rushs. Le débat contradictoire n’est apparemment pas la spécialité de la chaîne !

Daniel Leconte d’Arte, Denis Jeambar, directeur de L’Express et Luc Rosenzweig ancien rédacteur en chef du Monde ont pu visionner ces rushs cette année là. Si Luc Rosenzweig penche pour la mise en scène, les deux autres ont affirmé par écrit dans le Figaro (5) que « Le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles Enderlin donne le gamin pour mort, tué par les Israéliens, c’est-à-dire le soir même sur le journal de France 2, rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens. Tout, bien au contraire, à commencer par l’emplacement des uns et des autres sur le terrain, incriminerait plutôt une ou des balles palestiniennes ».

Esther Shapira et la chaîne publique ARD ont édité à ce jour, sur cette même affaire, deux documentaires qui ont été diffusé dans plusieurs pays, mais pas en France, et sont en libre circulation sur le net. Qui imaginera France 2 et Charles Enderlin les poursuivre judiciairement ? A ce jour, aucune plainte n’est déposée contre la journaliste allemande qui assure par ailleurs que « Charles Enderlin n’est pas une personne aussi digne de confiance et respectable » (6) que les gens le croient, est « un menteur » (7) et « n’ayant pas effectué un travail de professionnel » sur l’affaire.

On l’excusera du peu !

On ajoutera à cette toute petite liste le rapport du gouvernement israélien de 2013 se basant sur ce même reportage et concluant, lui-aussi, que le 30 septembre 2000 aucun enfant A-Dura ne fut « assassiné » ni leurs père « blessé ». Aux dernières nouvelles, les avocats israéliens de France 2 ‘’s’en chargent’’. Si à ce jour aucune plainte n’est encore déposée contre le gouvernement et/ou les membres de la commission ayant rédigé le rapport cela est probablement dû à ce que la diffamation est probablement trop difficile à trouver !

Peut-on, avant de clore cette liste non exhaustive, oublier le Dr David, ce chirurgien israélien qui a affirmé, preuves à l’appui, que les blessures du père de Mohamed A-Dura était antérieures à la scène décrite dans le reportage ? Et il en était d’autant plus certain qu’il faisait partie des médecins qui avaient soigné Jamal A-Dura en 1994. Traîné en justice pour diffamation, il a été relaxé.

Pour pousser la réflexion à la limite du ridicule on pourrait presque imaginer une plainte à venir contre la Cour d’Appel de Paris ayant innocenté Philippe Karsenty en 2008 après avoir visionné ces mêmes rushs. Des rushs soustraits de la réflexion de la Cour d’Appel de 2013 par la Cour de Cassation, et permettant ainsi à Charles Enderlin, par le verdict de culpabilité prononcé, d’affirmer dans les médias amis que la « vérité est établie » et à France Télévisions d’assurer que « Par-delà la reconnaissance apportée à un journaliste et à une entreprise, c’est aussi celle de tous ceux qui font le métier d’informer avec professionnalisme ».

Un ‘’professionnalisme’’ qui a tout fait pour empêcher qu’une commission d’enquête neutre soit instituée, telle celle qui fut décidée entre le Crif et Patrick de Carolis, alors PDG de France Télévisions. Une profession qui s’est réunie à travers une pétition (8) pour soutenir Charles Enderlin et sa version contestée de son reportage. Des syndicats de cette même profession qui ont soutenu celui-ci et qui, par ailleurs, ont tout fait pour nuire à Clément Weill-Raynal, tenant d’une interprétation différente sur cette affaire.

Si le métier a soutenu dans sa quasi-totalité France 2 et Charles Enderlin, il ne faut pas oublier ces politiques qui se sont tus, voire ont récompensé ce dernier en lui remettant, sur décret du Président de la République du 13 juillet 2009, la légion d’honneur. Un titre galvaudé au vu et au su du questionnement encore actuel que posent ce fameux reportage et la mauvaise foi qui l’accompagne !

Devant le manque permanent de bonne foi de la chaîne et de son envoyé permanent à Jérusalem, devant leurs tentatives d’intimidations judiciaire et leur refus total d’aborder le fond de l’affaire et face à la solidarité de la profession faisant bloc, empêchant ainsi tout libre débat, nul ne doutera plus que la désinformation n’est pas en terre étrangère en France. Charles Enderlin et France 2 en sont devenus les symboles les plus parlants.

Victor PEREZ ©

Liens :

(1) : https://vimeo.com/59503659

(2) : https://geopolis.francetvinfo.fr/charles-enderlin/2013/06/26/la-diffamation-de-p-karsenty.html

(3) : https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/information/76172/affaire-al–durah-la-reaction-de-charles-enderlin.html

(4) : https://www.amazon.fr/Contre-expertise-dune-mise-en-sc%C3%A8ne/dp/2877810666

(5) : https://www.lefigaro.fr/debats/2006/10/19/01005-20061019ARTWWW90323-guet_apens_dans_la_guerre_des_images.php

(7) : https://jssnews.com/2013/02/11/lettre-ouverte-desther-schapira-a-charles-enderlin/

Lire l’article complet sur victor-perez.blogspot.co.il

Share This

About the author

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.