Caroline B. Glick – L’Europe fait la guerre à Israël : Comment l’Etat juif doit répondre

Adaptation française de Sentinelle 5773 ©

Jewish World Review 26 juillet 2013 / 19 Menachem-Av, 5773

Malgré le statut de Goliath de l’UE, il y a des options réalistes.

Cette semaine, l’UE a pris trois mesures qui prouvent dans leur ensemble les mauvaises intentions de l’Europe à l’égard de l’Etat juif.

D’abord, vendredi dernier, l’UE a annoncé qu’elle impose des sanctions économiques à Israël. Ces sanctions refusent le financement de l’UE aux entités israéliennes ayant leur adresse au-delà des lignes d’armistice de 1949, et le financement de l’UE aux entités israéliennes dans tout le pays réalisant des activités au-delà des lignes d’armistice de 1949.

Les lignes au-delà des lignes d’armistice délimitées par la directive de l’UE comprennent la Bande de Gaza, qu’Israël a évacuée il y a huit ans ; les Hauteurs du Golan, qui sont sous souveraineté israélienne depuis 1981 ; Les parties Est, Nord et Sud de Jerusalem, qui sont sous souveraineté israélienne depuis 1967 ; et la Judée et la Samarie, dont Israël a partagé la direction avec l’OLP depuis 1994 selon les accords signés sous la supervision des représentants de l’UE.

La seconde mesure de l’UE a été la publication mardi de la lettre de la Commissaire à la Politique Etrangère de l’UE Catherine Ashton à ses collègues Commissaires, les informant que d’ici la fin de l’année, l’UE publiera des obligations contraignantes pour l’étiquetage spécial des produits israéliens fabriqués par des Juifs, au-delà des lignes d’armistice de 1949 et exportés vers les Etats membres de l’UE.

Cet acte est potentiellement plus dommageable que l’interdiction du transfert de capitaux de l’UE vers les entités israéliennes avec les « mauvaises » adresses. Etiqueter des produits israéliens est un moyen de signaler aux consommateurs européens qu’ils doivent considérer tous les produits israéliens moralement inférieurs aux autres biens et mener un boycott de la consommation contre les produits israéliens. En effet, le ministre des affaires étrangères lithuanien Linas Linkevicius a décrit l’étiquetage proposé comme une alternative à un plus large boycott de tous les produits israéliens.

La troisième mesure de l’UE a été de définir « l’aile militaire » du Hezbollah comme une organisation terroriste, mais de ne pas toucher à aucune des autres institutions liées au Hezbollah. Alors que la décision a été applaudie par des politiciens israéliens très désireux de dénier l’animosité de l’Europe, la caractérisation partielle du Hezbollah comme entité terroriste est un autre acte d’agression contre Israël.

En prétendant que le Hezbollah a une aile « politique légitime » – mensonge transparent que même le Hezbollah a démenti – l’UE assure que le personnel et les institutions du Hezbollah peuvent continuer de trouver un havre de sûreté en Europe aussi longtemps qu’ils évitent de s’attaquer à des Européens non juifs. Les agents du Hezbollah peuvent continuer de lever des fonds, de planifier des attaques, de recruter des terroristes en Europe aussi longtemps que le Hezbollah qualifie ces activités de « politiques ». En d’autres termes, toutes les opérations du Hezbollah dirigées contre Israël et les Juifs resteront légales en Europe.

Au-delà de la démonstration fondamentale et obsessionnelle de l’hostilité de l’UE envers l’Etat juif, ces trois mesures prises prétendent à l’allégeance des protestations de l’UE à la loi internationale et à l’engagement de parvenir à la paix entre les Palestiniens et Israël.

Comme ambassadeur, Alan Baker, l’ancien conseiller juridique au ministère des affaires étrangères [des USA] a écrit, dans un article un article publié dans le JCPA (Jerusalem Center for Public Affairs), que les actions de l’UE contre les entités israéliennes qui opèrent au-delà des lignes d’armistice de 1949 ne sont pas conformes à la loi internationale. La déclaration de l’UE sur la présence d’Israël au-delà des lignes d’armistice de 1949 est illégale n’est corroborée par aucun traité ni usage. De fait, elle est explicitement réfutée par les traités et usages.

Les droits juridiques d’Israël à la souveraineté sur la Judée et la Samarie et Jerusalem sont reconnus par la loi des Nations à travers le Mandat de la Ligue des Nations sur la Palestine de 1922, qui appelait aussi à une « prochaine installation juive » sur ces zones. L’attribution par ce Mandat de droits souverains sur toutes ces zones au Peuple juif, et la reconnaissance des Juifs comme Peuple d’origine de ces zones, n’a pas été abrogée par aucun traité postérieur. Au contraire, ils ont été renforcés par l’Article 80 de la Charte de l’ONU.

De plus, comme Baker l’a noté, l’UE proclame faussement que les communautés juives au-delà des lignes d’armistice de 1949 sont illégales selon l’article 49 de la 4ème Convention de Genève de 1949. Mais des interprétations autorisées de l’Article 49 montrent clairement que cet Article 49 ne s’applique pas à de telles communautés.

Les lignes que l’UE pointent comme frontière légale d’Israël n’ont jamais été des frontières ni jamais légales. Les lignes d’armistice de 1949, que l’UE qualifie faussement de frontières de1967, ne représentent rien de plus que les lignes où les forces israéliennes ont arrêté les armées d’invasion arabes qui attaquèrent illégalement l’Etat juif naissant après sa déclaration d’indépendance le 15 mai 1948. Les accords d’armistice ont explicitement déclaré que les lignes d’armistice n’ont aucune signification légale en termes de revendications des parties sur les territoires au-delà des lignes.

Finalement, comme Baker l’a noté, l’UE a soutenu elle-même de façon répétée des résolutions de l’ONU et des accords internationaux qui reconnaissent la légalité du contrôle continu d’Israël et de la présence civile sur ces zones. En conséquence, ses propres actions contredisent sa déclaration que la présence d’Israël et la présence de communautés civiles israéliennes au-delà des lignes d’armistice de 1949 sont illégales.

Au-delà des déclarations juridiques infondées contre Israël, aussi bien dans l’intention d’étiqueter les produits israéliens et dans ses actions liées au Hezbollah, l’UE elle-même agit en violation de la loi internationale. L’intention de l’UE d’étiqueter les produits israéliens implique l’imposition de barrières au commerce en contravention avec les règles légalement contraignantes de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

En autorisant le Hezbollah à continuer d’opérer dans l’UE, celle-ci viole la Résolution contraignante de l’ONU n°1373 de 2001 qui interdit l’utilisation du territoire d’un Etat membre au bénéfice de groupes terroristes.

La ministre de la justice Tzipi Livni a qualifié l’imposition de sanctions économiques de l’UE « d’appel à un réveil retentissant », en ajoutant : « J’espère que désormais, tous ceux qui pensaient qu’il est possible de poursuivre avec le gel [dans les pourparlers de paix avec l’OLP] comprendront que nous devons agir pour ouvrir des négociations, parce que cela est la seule manière de protéger les intérêts d’Israël en général ».

Cette opinion, vision officielle de la Gauche, est fondée sur un déni complet de la réalité.

L’UE a annoncé ses sanctions le jour même où le secrétaire d’Etat américain John Kerry a annoncé avoir convaincu l’OLP de reprendre les pourparlers de paix avec Israël. La confluence de ces évènements ne pouvait pas démontrer plus clairement que l’attaque diplomatique de l’UE contre Israël n’a rien à voir avec la conduite de négociations avec l’OLP. Si le principal intérêt de l’UE était de ramener Israël et l’OLP à la table de négociation, Bruxelles sanctionnerait les Palestiniens qui ont refusé de négocier avec Israël depuis 2008.

En imposant des sanctions l’UE ne cherche pas à faire avancer la cause de la paix. Elle espère obliger Israël à abandonner ses revendications historiques légitimes comme Peuple d’origine de la Terre d’Israël sur les territoires attribués au Peuple juif sous le Mandat sur la Palestine par la loi internationale de la Ligue de Nations en 1922. Elle espère obliger Israël à céder son droit à des frontières défendables et à se transformer volontairement en un grand invalide stratégique indéfendable, totalement dépendant de la bonne volonté de puissances extérieures pour sa survie.

La question est : Qu’est-ce qu’Israël doit faire ?

Si Israël devait combattre le feu par le feu et imposer des contre sanctions sur les biens européens, il entamerait une guerre économique qu’il perdrait et a donc tout intérêt à éviter. Mais l’incapacité d’Israël à répondre de cette manière à l’agression européenne ne signifie pas qu’il est sans options.

L’Europe use de sanctions économiques pour étendre son pouvoir sur les décisionnaires politiques israéliens. Israël doit agir ainsi pour diminuer le pouvoir politique de l’Europe en Israël.

L’UE a fait savoir elle-même à Israël comment procéder dans le paragraphe 15 de la directive des sanctions. Elle indique : « Les réquisitions [interdiction du transfert de fonds européens à des entités israéliennes opérant au-delà des lignes d’armistice de 1949]… ne s’appliquent pas aux activités qui, bien que réalisées dans ces territoires… ont pour objet de bénéficier à des personnes sous la protection de la loi humanitaire internationale vivant dans ces territoires [c.a.d. les Palestiniens] et/ou faisant la promotion du processus de paix au Moyen-Orient en ligne avec la politique de l’UE ».

En d’autres termes, les ONG israéliennes qui reçoivent l’assistance de l’UE sont exemptées de l’interdiction de financement si elles s’engagent à saper les droits d’Israël sur la zone. De la façon dont l’UE le voit, les ONG qui reçoivent de l’argent de l’UE sont des agents de l’UE, faisant progresser les objectifs de l’UE dans le domaine intérieur israélien, et comme telles, doivent être exemptées des sanctions économiques de l’UE.

Lors d’un meeting en 2010 avec des diplomates américains ‘fuité’ par Wikileaks, Jessica Montell, Directeur Général du groupe de pression israélien pro-palestinien dûment enregistré ‘B’Tselem’ a en effet admis que son organisation cesserait d’exister sans le financement européen. Selon le compte-rendu du meeting, Montell « a estimé que son budget de 9 millions de Shekels (2,4 millions de $) est financé à 95 % depuis l’étranger, en majorité par des pays européens ».

Pour enrayer l’élan de la nouvelle guerre économique de l’Europe, la première réponse d’Israël aux sanctions de l’UE doit être l’adoption rapide par la Knesset d’une loi exigeant que toutes les entités israéliennes qui acceptent d’opérer sous les recommandations d’un financement de l’UE doivent être enregistrées comme des agents étrangers et déclarer toutes les contributions de l’UE. Ces contributions devront être taxées au taux d’imposition social le plus élevé.

Les officiels de l’UE ont déclaré de façon répétée qu’ils cherchent à saper le contrôle israélien sur la zone C. Cette zone C est celle de la Judée et de la Samarie, où selon des accords entre l’OLP et Israël, Israël exerce la majeure partie de l’autorité civile et militaire. L’UE finance des projets en zone C dont l’objectif déclaré est de rendre impossible avec le temps qu’Israël affirme son autorité sur la zone.

La seconde réponse d’Israël à l’annonce de l’UE de sanctions économiques sur l’activité économique israélienne en Judée et Samarie doit être de suspendre tous les projets de l’UE en zone C. Les futurs projets de l’UE devront être soumis à une enquête minutieuse de la part de l’administration civile. La position par défaut d’Israël devra être de rejeter plutôt que d’approuver de telles demandes, étant donnée leur intention hostile.

Finalement, les forces de maintien de la paix de l’UE, de Gaza au Liban et jusqu’en Syrie ont prouvé de façon répétée non seulement leur lâcheté, mais aussi leur volonté de mettre en danger Israël pour se protéger. A Gaza, les gardes frontières de l’UE se sont enfuis en Israël après la prise de contrôle de la zone par le Hamas en 2007.

Le long de la frontière avec la Syrie, les forces de maintien de la paix autrichiennes ont fui au premier signe de trouble, laissant Israël se débrouiller avec les transgressions syriennes sanctionnées par l’accord européen de désengagement lui-même de 1974.

Les forces européennes de l’UNIFIL au Liban ont signé des accords de protection avec le Hezbollah par lesquels, en échange du regard détourné des forces européennes sur l’utilisation illégale d’infrastructures civiles comme installations militaires par le Hezbollah, celui a promis de ne pas assassiner des forces européennes.

Avec ces antécédents, Israël doit interdire aux forces européennes toute nouvelle participation à des forces armées en Israël. A cette fin, Israël doit permettre l’expiration du mandat de la Présence Temporaire Internationale dominée par les européens à Hébron (TIPH) quand il reviendra en revision. Le TIPH, déployé dans la ville depuis 1994, comprend des forces du Danemark, d’Italie, de Norvège, de Suède, de Suisse et de Turquie.

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