Caroline B. Glick – La guerre des idées d’Obama

Adaptation française de Sentinelle 5773 ©

https://Jewishworldreview.com/0613/glick062813.php3

Apparemment, il faut qu’une israélienne explique de manière décisive pourquoi la politique étrangère des USA échoue dans le monde entier.

L’adoption par la Russie et la Chine du traître mis en examen Edward Snowden n’est que la dernière démonstration du mépris dans lequel les USA sont tenus par un nombre toujours plus grand d’Etats hostiles autour du monde.

L’Iran a aussi obtenu une part de gâteau.

Comme membre du régime et de l’approche concentrique vers ses sujets, le dictateur suprême Ali Khamenei a obtenu l’écrasante victoire du soi-disant réformateur Hassan Rohani aux élections présidentielles tenues en juin. Rohani a un long passé dans la progression du programme nucléaire iranien, aussi bien comme chef de la Sécurité Nationale que comme négociateur nucléaire de haut rang. Il a aussi été impliqué en profondeur dans des actes terroristes de masse, dont l’attentat de 1994 au Centre Juif de l’AMIA à Buenos Aeres qui provoqua la mort de 85 personnes et en blessa des centaines.

Pourtant, plutôt que de prendre ses distances avec le bruyant Rohani, le gouvernement Obama a fêté la démocratie iranienne et l’a adoubé comme un réformateur. Les porte-parole d’Obama disent qu’ils s’apprêtent à reprendre des pourparlers nucléaires avec Rohani, et ont fait savoir clairement – là encore – que les USA n’avaient pas l’intention d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Rohani a répondu à l’adoption du gouvernement Obama en déclarant catégoriquement qu’il n’allait pas suspendre les activités d’enrichissement nucléaires de l’Iran. En d’autres termes, le mépris de l’Iran pour le président Barack Obama et son administration est si grand – qu’elle n’a pas même fait mine de rechercher un accord.

Et cela a du sens. Obama n’aura qu’une seule carte à jouer avec l’Iran : l’apaisement. Et c’est bien la carte qu’il joue. Ses alliés parlent déjà de contenir un Iran nucléaire. Mais ce n’est pas une option.

La capacité d’un gouvernement d’employer une stratégie de contention nucléaire repose entièrement sur la crédibilité de ses menaces nucléaires. Obama réduit l’arsenal nucléaire des USA. Obama n’a pas de crédibilité dans le jeu nucléaire des poules mouillées. Il n’a aucune chance de contenir Khamenei et son Etat jihadiste apocalyptique.

L’Iran, son allié russe et son vassal libanais le Hezbollah ont désormais la haute main dans la guerre civile syrienne. En grande partie du fait de la politique étrangère d’Obama, la guerre s’étend au Liban et menace la Jordanie et l’Irak, pour ne rien dire d’Israël. En réponse à cet état de faits, Obama a décidé de commencer à armer les forces d’opposition syriennes dominées par al Qaïda. Mais il est vrai, Obama prévoit de transférer les armes américaines au Conseil Militaire Suprême (CMS) de l’Armée Syrienne Libre (ASL) reconnue par les USA. Ce ne serait pas une raison pour ne pas se faire du mouron.

L’ASL est dominée par les ‘Frères Musulmans’. Elle a condamné la décision des USA de qualifier la filiale syrienne d’al Qaïda, Jabhat al Nusra, « d’organisation terroriste étrangère ». Les combattants de l’ASL et leurs commandants collaborent régulièrement (et parfois combattent) al Nusra. Au minimum, il n’y a pas de raison de croire que ces armes américaines ne seront pas utilisées en conjonction avec les forces d’al Qaïda en Syrie.

En vérité, il n’y a pas de raison, d’un point de vue américain, de considérer la Syrie dominée par l’une des parties en conflit – y compris l’ASL – sensible aux intérêts et valeurs des USA. Il n’existe pas de distinction idéologique entre les objectifs des Frères Musulmans et ceux d’al Qaïda, ou du Hamas ou d’une dizaine d’autres groupes jihadistes armés formés par les membres des Frères Musulmans. Comme l’Iran et ses vassaux, ils veulent tous voir la civilisation occidentale – dirigée par les USA, détruite. Et aussi, ils veulent tous la destruction d’Israël et de l’Europe.

Mais pour le gouvernement Obama, cette affinité idéologique n’a pas d’importance. La seule distinction dont ils se soucient est de savoir si un groupe ne fait qu’endoctriner des gens pour des attaques terroristes contre les USA. Et même alors, il y a des exceptions. Par exemple, les Taliban mènent activement la guerre contre les USA en Afghanistan. Mais puisque le gouvernement Obama n’a aucune volonté de vaincre les Taliban, il les supplie de négocier avec des officiels des USA.

Le défaut de la position d’Obama dans le monde musulman est de soutenir les ‘Frères Musulmans’. Ceux d’Egypte sont la source du mouvement jihadiste sunnite. Et Obama est le plus grand allié des ‘Frères Musulmans’. Il a facilité l’ascension au pouvoir des Frères Musulmans, aux dépens du plus grand allié arabe des USA, Hosni Moubarak.

Il les a même soutenus aux dépens de citoyens américains employés en Egypte par des ONG parrainées par le gouvernement américain. 43 Américains ont été arrêtés pour promotion de la démocratie, et tout ce que l’administration a fait a été de faciliter leur fuite d’Egypte. Robert Baker, le Premier conseiller, qui refusa de fuir, fut abandonné par le Département d’Etat. Il s’échappa seulement d’Egypte après avoir été condamné à deux ans de prison.

L’administration Obama soutenait le gouvernement Morsi même s’il persécutait les Chrétiens. Il soutenait les ‘Frères Musulmans’ même quand ce gouvernement a démontré son incompétence économique et administrative, menant l’Egypte à un statut d’Etat en faillite. L’Egypte en est tombée à ses derniers bidons de pétrole. Elle est confrontée au spectre d’une famine de masse. Et la loi et l’ordre ont d’ores et déjà été totalement brisés. Elle a perdu le soutien de larges portions de son public. Mais Obama continue de lui maintenir sa confiance.

Et puis il y a les Palestiniens. Fin juin, John Kerry frappera à notre porte pour reprendre un processus de paix bruyant et caustique. Pour sa part, comme Khaled Abu Toameh l’a rapporté cette semaine, l’AP prétendument dirigée par le Fatah modéré, a adopté une politique de déni d’entrée des Juifs dans les zones dirigées par l’AP. Des journalistes juifs – israéliens ou non israéliens – se voient interdire de couvrir l’AP ou de parler avec les officiels du Fatah et de l’AP. Des diplomates juifs se voient interdire de parler avec des diplomates de l’AP ou de joindre l’entourage de diplomates parlant avec eux. Des hommes d’affaires juifs se voient interdire de faire des échanges avec l’AP.

De même le groupe terroriste radical Hamas qui dirige Gaza : cette semaine le Hamas a réitéré son serment d’engagement pour annihilation d’Israël et des communautés juives dans le monde.

Mais Kerry revient parce qu’il est convaincu que la raison pour laquelle il n’y a pas de processus de paix, c’est que les Israéliens sont trop riches, et trop heureux, et trop radins, et trop suspicieux, et manquent trop d’empathie pour les Palestiniens qui continuent d’enseigner à leurs enfants d’assassiner nos enfants.

Vous pourriez imaginer que cet excès de fiascos conduirait Obama et ses conseillers à reconsidérer leur comportement. Mais vous auriez tort. Si l’on demandait à Obama son opinion sur sa politique étrangère, il répondrait avec une conviction absolue que celle-ci est un succès total – partout. Et selon ses propres normes, il aurait raison.

Obama est un idéologue. Et il s’est entouré d’hommes et de femmes qui partagent ses idées. Pour Obama et ses conseillers, ce qui importe ne sont pas les faits, mais les hypothèses théoriques – les idées – qui déterminent leur stratégie politique. S’ils aiment une idée, s’ils la trouvent idéologiquement attractive, alors ils fondent leur stratégie politique dessus.

Les conséquences et la réalité observable ne recouvrent pas leurs idées. Pour servir leurs idées, on peut délibérément distordre la réalité. Les faits peuvent être ignorés ou déniés.

Deux idées constituent la stratégie politique d’Obama au Moyen-Orient.

D’abord, les ‘Frères Musulmans’ sont bons. Ainsi sa stratégie politique est de les soutenir, partout. C’est son idée, et aussi longtemps que les USA continueront de soutenir cette « confraternité », sa politique étrangère sera un succès. Car Obama ne se soucie pas de savoir si sa stratégie politique est nuisible pour la sécurité nationale des USA. Peu importe que la « confraternité » assassine des Chrétiens et des Shiites et persécute les femmes et les filles. Peu importe si l’incompétence gouvernementale de la « confraternité » transforme l’Egypte, et la Tunisie, et la Libye, etc…, en enfer sur la terre. En ce qui concerne Obama, aussi longtemps que son idée est vraie, alors sa politique étrangère est un succès.

La seconde idée d’Obama est que la cause à la racine de tous les problèmes dans la région est l’absence d’un Etat palestinien sur le territoire contrôlé par Israël. En conséquence, il faut faire porter le blâme par Israël pour tout ce qui advient de mauvais parce qu’il refuse de tout céder aux exigences des Palestiniens.

Après tout, s’il faut attribuer le blâme pour tout à Israël, alors l’Iran n’est pas une menace pour l’Amérique.

Voilà Pourquoi le terrorisme, l’incitation à la haine et l’antisémitisme du Fatah sont ignorés. Voilà pourquoi le ministre adjoint des affaires étrangères du Hamas Ghazi Hamad a rapporté qu’il a rencontré des officiels américains de haut rang à la mi-juin.

Voilà pourquoi Kerry revient pour faire pression sur les Juifs riches, radins, paranoïaques, égoïstes, pour qu’ils fassent des concessions massives aux Palestiniens inconséquents.

La satisfaction d’Obama pour sa politique étrangère est démontrée par le fait qu’il maintient la nomination d’idéologues de même acabit à des positions clés. A la fin juin, on a rapporté que Kerry doit nommer Robert Malley pour servir comme assistant du secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires du Proche Orient.

Malley a bâti sa carrière en faisant avancer les idées auxquelles Obama adhère.

En 2001 Malley était l’auteur d’un article de le ‘New York Times’ où il blâmait Israël pour l’échec du sommet de paix de Camp David en juillet 2000. A ce sommet, Israël avait offert aux Palestiniens pratiquement tout ce qu’ils exigeaient. Non seulement le dirigeant palestinien Yasser Arafat refusa l’offre, mais il refusa de faire une contre-offre. Au lieu de cela, de retour chez lui, il ordonna à ses adjoints de se préparer à initier une guerre de terreur contre Israël qu’il entama deux mois plus tard.

Comme Lee Smith l’a écrit dans un portrait de Malley dans la revue ‘Tablet’ en 2010, l’article de Malley et ceux qui suivirent, « ont créé un cadre d’interprétation viable pour continuer de reprocher aux deux parties l’effondrement du processus de paix y compris après l’éclatement de la seconde intifada. Si les deux parties étaient en faute, alors il serait possible de reprendre des négociations quand les choses se seraient calmées. Si d’autre part, le point de friction concernait vraiment des problèmes existentiels – le refus d’accepter un Etat juif – et l’incapacité, ou l’absence de volonté, des Palestiniens d’abandonner le droit de retour des réfugiés arabes à leurs lieux de résidence d’avant 1948, alors Washington serait contraint d’abandonner le processus de paix après le départ de Clinton de son poste ».

En d’autres termes, Malley sauva l’idée qu’il fallait faire porter à Israel le blâme des pathologies arabes.

A partir de ce point, Malley a rencontré des terroristes du Hamas depuis des années. Il minimisa la menace posée par un Iran nucléaire et accusa le Premier ministre Benyamin Netanyahou d’exagérer la menace nucléaire iranienne pour détourner l’attention loin des Palestiniens. Il rencontra aussi le Hezbollah, et a été un soutien déclaré du président syrien Bashar al Assad.

Après les attaques du 11 septembre 2001, les USA promirent de mener la guerre des idées dans le monde musulman. Et dans la politique étrangère d’Obama, nous avons cette guerre des idées.

Share This

About the author

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.