un parlementaire iranien aurait coordonné avec Nasrallah « les réponses possibles à une frappe US »

La tournée du président de la commission des Affaires étrangères au Parlement iranien, Alaeddine Boroujerdi, a inclus hier Beiteddine, où le chef de l’État lui a rappelé « l’obligation de toutes les parties, intérieures et étrangères, de respecter la neutralité du Liban ».
Au second jour de sa visite officielle au Liban, qui a fait suite à son passage en Syrie, le président de la commission des Affaires étrangères au Parlement iranien, Alaeddine Boroujerdi, a été reçu par le chef de l’État, le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, le ministre sortant des Affaires étrangères Adnane Mansour, et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Son entretien avec le numéro un du parti de Dieu avait été précédé d’une rencontre, la veille, avec des responsables du 8 Mars et l’ambassadeur de Syrie, au siège de l’ambassade syrienne à Yarzé, dans le but de coordonner les positions politiques relatives à la menace de frappes contre la Syrie, selon les informations de l’agence al-Markaziya. Celle-ci cite également des sources responsables au sein du 8 Mars, qui transmettent la teneur des échanges entre Alaeddine Boroujerdi et Hassan Nasrallah qui a donc suivi cette coordination libano-irano-syrienne. L’émissaire du régime islamique aurait fait état des « efforts déployés à l’heure actuelle par l’Iran et la Russie pour empêcher, par les moyens diplomatiques, toute attaque occidentale et toute décision onusienne susceptible de couvrir pareille attaque ». Il aurait surtout insisté sur le fait que « l’Iran et la Russie n’arrêteront pas leur appui au président syrien, en l’occurrence sur le terrain. Toute attaque contre Damas est une attaque contre Téhéran et Moscou ». Les deux parties auraient discuté dans ce cadre des « moyens envisagés pour répondre aux États-Unis, au cas où leurs menaces finiraient par se traduire en actes ». Le diplomate iranien s’est rendu ensuite à la tombe de Imad Moghniyé, qu’il a salué comme étant « la fierté du Liban, du Hezbollah, des Arabes et des musulmans ».
À Beiteddine, Boroujerdi a transmis au président de la République Michel Sleiman les salutations de son homologue iranien Hassan Rohani. Le chef de l’État n’a pas manqué de rappeler à son visiteur « les constantes du Liban, qui impliquent notamment le refus de toute intervention militaire en Syrie, mais aussi de tout recours à l’usage des armes chimiques ». Le président Sleiman a souligné dans ce cadre que « l’identification et les sanctions contre les auteurs du massacre de la Ghouta est une tâche relevant de l’ONU et de son Conseil de sécurité », selon un communiqué de la présidence, qui revient enfin sur « l’obligation de toutes les parties, aussi bien intérieures qu’étrangères, de préserver la neutralité du Liban face aux répercussions de la crise syrienne, et d’immuniser le territoire, l’espace aérien et le peuple libanais contre tout acte et toute réaction en lien avec cette crise ».
Message aux USA et à l’Arabie…
Alaeddine Boroujerdi s’est également entretenu au Grand Sérail avec le Premier ministre sortant, Nagib Mikati. S’exprimant à l’issue de la rencontre, le diplomate a indiqué d’abord avoir « débattu en long et en large, avec M. le Premier ministre, de notre visite régionale et surtout de notre grande inquiétude par rapport à la crise actuelle ». « Nos points de vue convergent sur la nécessité pour toutes les parties d’intensifier leurs efforts afin d’empêcher une plus grande propagation de la crise (syrienne) », a-t-il ajouté, expliquant en outre le différend entre la République islamique d’Iran et les États-Unis, « dont le point fondamental est le comportement récent des USA qui détruit la confiance entre les deux pays », aujourd’hui séparés par « un mur ». « Les Américains devraient renoncer à leurs politiques hostiles contre le peuple iranien afin de rétablir une atmosphère de confiance entre nous », a-t-il indiqué, rappelant que « les prochaines négociations sur le programme nucléaire iranien seront un point fondamental du processus de restauration de cette confiance, en coordination avec le nouveau président et le nouveau gouvernement iraniens ».
Qualifiant par ailleurs le comportement du président américain Barack Obama de « rationnel », puisqu’il n’a pas pris une décision hâtive, en ce qui concerne la frappe contre la Syrie, il a souhaité que la position du Congrès américain soit défavorable à une intervention militaire américaine, qui risque de menacer la sécurité de la région tout entière.
Il a salué enfin les positions exprimées par la Tunisie et l’Égypte lors de la dernière réunion de la Ligue arabe, et souhaité que l’Arabie saoudite, en tant qu’État islamique, change ses positions et refuse l’opération militaire contre la Syrie.

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