Reportage : des Syriens soignés dans les hôpitaux de “l’ennemi” israélien

Si Israël et la Syrie sont toujours officiellement en guerre, des hôpitaux de l’État hébreu accueillent depuis quelques mois des Syriens blessés dans le conflit. Un acte qui remet en question la neutralité israélienne affichée depuis mars 2011.
Un adolescent syrien est étendu sur le lit d’un hôpital israélien. Des écrans affichent ses signes vitaux. Le jeune garçon est entre la vie et la mort.
Avidan Landau, infirmier au Centre hospitalier Ziv, à Safed, dans le nord d’Israël, entre dans la pièce pour vérifier le niveau de la perfusion. “C’est juste un gamin, pas mon ennemi”, explique l’homme. “Un enfant ne peut pas être un ennemi.”
Depuis le début du soulèvement syrien, il y a plus de deux ans, Israël a – jusque récemment – pris soin de ne pas prendre publiquement position dans le conflit qui se déchaîne de l’autre côté de sa frontière du Nord-Est. Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre depuis des décennies.
Mais depuis quelques mois, au moins deux hôpitaux israéliens ont accueilli une poignée de Syriens gravement blessés. Au centre hospitalier Ziv, près de 100 patients syriens, arrivés par la frontière du Golan, ont été soignés depuis le mois de février.
L’un d’entre eux, qui accepte de parler à FRANCE 24 sous couvert d’anonymat, par peur de représailles de la part des forces loyales au président syrien Bachar al-Assad une fois de retour chez lui, explique que les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) coopèrent avec l’armée israélienne à la frontière.
“Les combattants [rebelles syriens] viennent sans armes. Ils nous placent dans une zone où l’armée israélienne peut venir nous voir. Ensuite, les Israéliens viennent nous récupérer. Franchement, j’étais supris qu’Israël nous recueille.”
Sur un autre lit, une jeune fille est grièvement blessée à la jambe droite. Elle a dû subir une amputation partielle. Sa mère, qui a elle aussi été blessée, est allongée dans un autre. En se cachant le visage, elle exprime sa gratitude envers Israël. “Si quelqu’un dans mon pays me demande où j’ai été soignée, je dirai Israël. Je remercie ses médecins et leur souhaite beaucoup de succès. Je ne peux pas en dire beaucoup plus”, déclare-t-elle.

Lire l’article complet sur france24.com

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