La seule unité dans laquelle tenir tête à son commandant est un devoir

La seule unité dans laquelle tenir tête à son commandant est un devoir

La Division de contrôle des renseignements de l’armée israélienne est chargée de contester les conclusions des services de renseignements de Tsahal. Ses soldats analysent les données classées secret-défense afin de trouver des failles et améliorer la connaissance qu’Israël a de ses ennemis. Le travail de l’unité est un élément indispensable pour minimiser les risques et dissuader ceux qui cherchent à nuire aux citoyens d’Israël.
Le travail des soldats de la Division de contrôle du renseignement consiste à examiner les données fournies par les services de renseignement d’Israël et a prouver qu’ils ont tort si nécessaire. Vous pouvez les nommer comme étant les contradicteurs les plus déterminés de Tsahal.
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Ils rejettent les idées reçues et refusent de maintenir le statu quo. Ils contestent les arguments et les décisions quelque soit la manière dont cela est reçu par la hiérarchie militaire. Ils vont à l’encontre de certains grands analystes israéliens pour le plaisir de gagner un argument tout en permettant de déjouer les attaques ennemies et assurer ainsi la sécurité des citoyens d’Israël.
Bien qu’elle soit l’une des plus petites unités de renseignements de Tsahal, la Division de contrôle joue un rôle central dans l’évaluation des menaces qui pèsent sur Israël. L’unité permet d’éviter les défaillances du renseignement en évaluant les interprétations sur l’activité ennemie. Son travail porte sur un vaste éventail de menaces, y compris les attaques terroristes, l’utilisation d’armes non conventionnelles ou encore les risques de guerres contre Israël.
«Malgré tout le traitement, la coordination et la formation reçu dans la division du contrôle des renseignements, il est toujours possible de faire une erreur», explique le colonel E., commandant de la division. «Notre but est d’aller à l’encontre des idées reçues. Nous aidons à réduire les erreurs. Nous empêchons les gens de s’enfermer dans leurs points de vue «
Historiquement, l’unité s’est développée en tirant les leçons de la Guerre de Kippour en 1973, lorsque la Syrie et l’Egypte ont lancé une attaque surprise sur Israël. Après avoir gagné la guerre, Tsahal a apporté des améliorations au Corps des Renseignement afin de prévenir les futures attaques surprises contre le pays. Une étape a été la création de cette fameuse Division de contrôle.
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Etre dans le rôle de l’avocat du diable

La division applique une technique rare appelée “l’approche vice versa”, ou la méthode “c’est le contraire qui est vrai”. Ces approches demandent aux soldats d’évaluer les conclusions des services de renseignement d’Israël et de défendre le point de vue opposé. Les soldats doivent examiner les renseignements de tous les angles possibles et y apporter une interprétation différente si nécessaire.
Avec l’aide de ces méthodes, l’unité procède à un examen minutieux du travail des services de renseignement de Tsahal. Elle doit s’assurer que tous les faits appuient les conclusions auxquelles les analystes sont arrivés. Dans certains cas, les soldats doivent décider si certaines conclusions sont fondées uniquement sur des hypothèses ou sur l’ensemble des données disponibles.
Dans un environnement militaire dicté par des règles et des ordres, la division accueille une bulle propice aux débats et à la contradiction. Cette culture permet l’émergence de différentes opinions entre les soldats, permettant ainsi une conversation plus fructueuse et productive. Sur une base quotidienne, des chercheurs de la division expriment librement leurs opinions sans crainte de sanction. En outre, l’unité empêche aux commandants de faire pression sur les soldats pour modifier leurs points de vue.
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“Parfois un soldats arrive face à ses commandants avec une opinion différente et ils l’encouragent à la partager avec toute la division,” explique le colonel E. «En supposant qu’il y ai quelque chose qui mérite d’être examiné, nous effectuons une évaluation appropriée, et dans certains cas la nouvelle idée arrive jusqu’au chef des Renseignements militaires.»

Avoir un impact au delà de Tsahal

L’influence de la Division de contrôle de renseignements va bien au-delà de l’armée. En 1996, l’unité s’est mise à partager ses rapports directement avec des hauts dirigeants politiques d’Israël, y compris le Premier ministre, le ministre de la Défense et les membres des commissions des affaires étrangères et de la défense du parlement israélien. Face à ces interlocuteurs, l’unité bénéficie d’un des plus hauts niveaux de liberté d’expression par rapport aux unités similaires dans le monde entier.
Alors que la Division de contrôle de renseignements se concentre en grande partie sur les données en provenance de l’armée, elle examine également les conclusions du Mossad et de l’Agence de sécurité israélienne (Shin Beth). L’unité compare les données des agences de renseignements et met en évidence les différences.
Avec ces responsabilités, la Division de contrôle est capable d’élargir la protection de la société israélienne. Surtout, l’unité est la mieux placée pour donner des conseils clés aux dirigeants d’Israël et dissuader les ennemis qui cherchent à nuire au pays.

Source: Tsahal: Armée de Défense d’Israël

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986 6 Oct 8, 2013

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