Ziyad Makhoul – Ready for the floor

Trente-quatrième semaine de 2010.

Que les frères de lait (Hezbollah et Ahbache, ceux-là mêmes qui ont marché en hordes sur l’ambassade danoise à Achrafieh, haches et autres gourdins en main, tètent tous deux à la mamelle syrienne) se soient réellement entretués pour une place de parking ou parce que rien ne va plus entre Syrie et Iran depuis l’assassinat de Imad Moghniyé en pleine capitale syrienne bigbrotherisée par le régime Assad n’est finalement pas très important. Que la haine, cette immonde et malheureuse haine entre sunnites et chiites libanais qu’une irakisation effraie visiblement de moins en moins, ait atteint des proportions insoupçonnées depuis ce sinistre mai 2008, est une réalité elle aussi finalement pas si grave que cela lorsqu’on la mesure à l’aune de ce cytomégalovirus qui se répand comme une peste espagnole d’époque, une pandémie démoniaque, comme au climax des années de plomb, 1975-1990 : la militianisation de la capitale. Et, pire : des mentalités.

Il suffit de voir la vitesse supersonique avec laquelle, pour une place de parking donc (ou pas), plusieurs quartiers mixtes de l’Ouest beyrouthin se sont transformés en Stalingrad. Il suffit de voir la profusion en quantité et en qualité des armes utilisées : il ne manquait que les missiles Zelzal. Ou Fajr. Et encore. Il suffit de voir la paralysie, la paraplégie inouïe des forces de l’ordre, de cette armée libanaise transformée en Miss Météo par un Hezbollah déterminé, depuis plus de dix ans, à la réduire à sa plus simple expression. Il n’y a rien à dire : en l’espace de quatre heures, Bourj Abi Haïdar est devenu la quintessence de la capitale et le rideau s’est écarté pour montrer, dans toute sa crudité, cette vérité dont tout le monde se doutait sans jamais encore vouloir le crier tout haut : Beyrouth est milicienne jusqu’à la moelle.

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