La Turquie veut s’équiper de missiles chinois: ça vous étonne?

Ça ne devrait pas. Et pour ceux qui pensent que la Chine l’utilise comme cheval de Troie pour entrer en Europe, la raison est sûrement ailleurs.

Choc à l’Otan. Ce ne sont ni les Etats-Unis, ni l’offre franco-italienne qui devraient remporter le prochain marché estampillé «secret défense» en Turquie. C’est la Chine. Que la Turquie annonce début octobre qu’elle envisage de coproduire et de s’équiper de missiles chinois, hautement stratégiques, voilà qui a jeté un froid dans les rangs de l’Alliance atlantique au sein de laquelle la Turquie est numéro 2 en termes d’effectifs militaires.
L’«affaire des missiles chinois» fait du bruit, mais elle n’est pas si surprenante. Après tout, il y a quatre ans déjà que le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, évoquait la naissance d’un «nouveau paradigme turco-chinois».
Selon le FMI, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevait à 24,1 milliards de dollars en 2012. Du côté d’Ankara, l’objectif actuel serait de le porter à 100 milliards de dollars, c’est-à-dire de le multiplier par 4 d’ici dix ans.
Mais la balance commerciale est très déficitaire pour la Turquie qu’on appelle parfois «la Chine du Proche-Orient». En 2012, la Turquie a importé de Chine pour 21,3 milliards de dollars, ce qui représente 9% de ses importations, autrement dit sept fois plus qu’en 2002 (3%). A titre de comparaison, 11% des importations turques proviennent de Russie, 9% d’Allemagne, 4% de France.
Quant aux exportations turques vers la Chine, elles s’élevaient à pas grand-chose, 2,8 milliards en 2012, ce qui représente 2% de ses exportations totales, soit le même pourcentage que vers les Pays-Bas, mais nettement moins que vers l’Allemagne (9%), l’Irak (7%), l’Iran (7%), et même le Royaume-Uni, la Russie, l’Italie ou la France…
La Chine utiliserait-elle alors la Turquie comme un cheval de Troie pour pénétrer le marché européen? Pékin n’aurait à peu près aucun intérêt à passer par la Turquie pour exporter dans l’Union européenne, répondent les experts. En effet, dans le cadre des accords d’Union douanière qu’elle a signés avec Bruxelles en 1996, la Turquie ne peut exporter de produits industriels vers l’Union européenne autrement qu’en suivant les règles et normes européennes.

source: slate.fr

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