Obama ou la retraite d’un empire

La conduite des Etats-Unis en Syrie, en Iran et en Egypte est en train de créer un vide géopolitique. Qui occupera la place ? Analyse.
Entre les troupes américaines évacuées d’Irak et celles qui se préparent à quitter l’Afghanistan l’an prochain, alors que Washington a parrainé un accord avec Téhéran qui ne requiert aucune concession idéologique de la part l’autocratie islamiste, une autre réalité se fait jour : l’empire américain est en train de battre en retraite.
C’était en tout point flagrant pendant la crise syrienne. Les Etats-Unis sont à présent un empereur réticent, un guerrier fatigué d’errer à travers les océans, lassé de traquer les méchants et de sonder sans cesse de lointains régimes afin de déterminer qui est contre qui, pourquoi, et quel est l’impact sur les intérêts américains. En ce sens, le revirement de Barack Obama sur la Syrie, son abrupte transition d’une attaque militaire au débat parlementaire puis à l’accord de désarmement avec la Russie, est profondément révélateur. Non pas en raison de sa série de rebondissements médiatiques mais bien parce que les Américains étaient largement d’accord avec leur président. Obama et une grande partie de l’opinion publique américaine ont beau être divisés sur de nombreux autres sujets, allant de l’assurance santé au contrôle des armes, un large consensus, sans doute dans l’air du temps, prévaut désormais en matière de politique étrangère : l’Amérique veut rester à la maison.
Sur le dossier iranien, c’est manifestement ce principe qui guide le secrétaire d’Etat américain John Kerry. Passés quelques considérations d’honneur et le souvenir douloureux d’attaques contre les intérêts, les idéaux et les représentants américains, le diplomate cherche avant tout à se sortir de l’ornière. Et retirer une nouvelle punaise rouge de la grande carte qui impressionne et dépasse tant l’esprit d’Obama.
La question posée par cette retraite en règle est alors de savoir si la profonde empreinte américaine sur l’Histoire est prête à laisser sa place, et si oui, qui peut combler le vide qu’elle commence à créer.

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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346 1 Nov 30, 2013

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