Ne nous nous leurrons pas / Y.Hendel – Yedioth Aharonoth

Avant de débuter les négociations avec les Palestiniens, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a fait face à un choix difficile : un gel de la construction dans les territoires ou une libération de prisonniers. Abou Mazen l’a demandé, les Américains l’ont exigé, et Netanyahou a été forcé de faire un choix.
Netanyahou a commis une erreur la première fois il y a quatre ans, quand il a consenti à un gel général de la construction au-delà de la Ligne verte. Il existe un large consensus en Israël en ce qui concerne le statut de Jérusalem, du Golan et des principaux blocs de colonies. Tout le reste demeure litigieux. Clinton et Bush l’ont reconnu. Mais Obama souhaitait un gel général, sans distinction, et Netanyahou a été forcé d’accepter, contre son gré.
Netanyahou a commis une seconde erreur lorsqu’il a choisi de libérer des terroristes ayant du sang sur leurs mains. Le gel de la construction constitue une politique réversible alors que la libération des prisonniers emporte un prix moral irréversible. Ces deux décisions sont opposées aux déclarations et aux intérêts israéliens, et les deux s’expliquent par une absence de politique claire.
Le lien entre les annonces de construction et la libération des prisonniers est une troisième erreur. Israël doit construire à Jérusalem et dans les blocs de colonies parce que c’est sa politique et non pas pour compenser les libérations de terroristes. Il faut que nous puissions discuter avec Washington des principes et non des gestes.
Ne nous leurrons pas. Nous relâchons des prisonniers et publions des appels d’offre pour les constructions. Il n’y a pas de nouvelles maisons, seulement de nouvelles déclarations et de vieilles condamnations.
D’ici la troisième phase de libération des prisonniers, il est impossible de faire machine arrière, mais il est possible de créer une politique claire pour l’avenir. La marge de manoeuvre d’Israël est limitée et la marge de manoeuvre politique de Netanyahou est encore plus limitée.
Le vrai dialogue mené aujourd’hui n’est pas entre Israël et les Palestiniens, mais entre nous et les Américains. Ils sont le facteur déterminant. Chaque geste et décision est pris par rapport à eux. C’est également avec eux que nous pourrons avancer. Contrairement au cliché, au Moyen-Orient, les négociations ne sont pas menées avec nos ennemis, mais plutôt avec nos amis.
Source: Ambassade de France en Israël

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453 8 Dec 28, 2013

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