Caroline Glick – Une prière pour 5771

Par CAROLINE B. GLICK

Jerusalem Post 08/09/2010

Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

Lors de son rassemblement, Glenn Beck nous a rappelé l’importance de puissantes célébrations à haute voix qui renvoient les nations à leur destinée et à leur credo.

Le 28 août, Le commentateur de ‘Fox News’ Glenn Beck, a déconcerté ses collègues des media en faisant venir des centaines de milliers d’Américains au Mémorial Lincoln sur le Mall National à Washington DC, pour un rassemblement qu’il a appelé « Restaurer l’Honneur ».

L’ancien gouverneur de l’Alaska Sarah Palin était le principal orateur, mais la manifestation était résolument apolitique. La foule était enthousiaste sans être tapageuse.

Le président des USA Barack Obama n’a pas même été cité nommément. Pendant l’évènement, la foule massive s’est rassemblée, a prié, a célébré les héros militaires américains, écouté des discours et des chansons patriotiques. Puis les participants ont ramassé leurs détritus et sont rentrés à la maison.

Alors pourquoi tout cela ? Pourquoi des gens si nombreux considèrent-ils cela comme un tournant ? Bien que Beck ait intitulé le rassemblement ‘Restaurer l’Honneur’, il ne s’agissait pas seulement de restaurer l’honneur. Il s’agissait de restaurer quelque chose de plus important. Il s’agissait de restaurer le credo américain.

Ce credo est si engrené qu’il a servi de substrat à tous les discours politiques et civiques majeurs de tous les dirigeants politiques et civiques américains depuis le 18ème siècle. Le credo américain comprend deux composantes essentielles.

D’abord, sa croyance centrale est que l’Amérique est un pays exceptionnel et que le Peuple américain est une nation exceptionnelle. Ensuite, il affirme que comme Abraham Lincoln l’a d’abord affirmé fermement, l’Amérique est le dernier et le meilleur espoir de l’humanité.

La raison pour laquelle le rassemblement de Beck a été un tournant est que, à l’ère d’Obama pour la première fois, des millions d’Américains ressentent le besoin de reconquérir ce qu’ils perçoivent comme leur droit d’aînesse comme Américains.

Parce que ce qui distingue Obama de ses prédécesseurs, c’est qu’il est le premier président américain qui rejette clairement le credo américain.

Cette vérité basique a d’abord été portée à l’attention du public pendant la visite d’Obama en Turquie l’an dernier.

Un journaliste lui demanda : « Adhérez-vous, comme beaucoup de vos prédécesseurs à l’école de ‘l’exceptionnalisme américain’ qui considère l’Amérique comme seule qualifiée pour conduire le monde, ou bien avez-vous une philosophie légèrement différente ? ». Obama répliqua : « Je crois dans l’exceptionnalisme américain, exactement comme je suspecte que les Britanniques croient dans l’exceptionnalisme britannique et les Grecs croient dans l’exceptionnalisme grec ».

C’est-à-dire que le président des USA a dit non, il ne croit pas en l’exceptionnalisme américain. La position sans précédent d’Obama se trouve au cœur des mesures qu’il a prises et des positions qu’il a adoptées depuis son arrivée en fonction. Depuis sa décision de nationaliser le système de soins de santé américain, jusqu’à ses attaques sur le marché de la libre concurrence ; depuis ses insinuations sur ses opposants politiques qui seraient intolérants et primaires, à son rejet réel du manteau de superpuissance et de responsabilité mondiale des USA qu’il délaisse au profit du ‘transnationalisme’, Obama a clairement rejeté les pierres angulaires qui bâtissent l’ADN national américain.

Et voilà pourquoi le rassemblement de Beck était important. A ce rassemblement, Beck et la foule qu’il a réunie se sont engagés à réparer le dommage provoqué par Obama. Ce que les multitudes qui se sont rassemblées au Memorial Lincoln il y a deux semaines ont compris, c’est que la grandeur de l’Amérique en tant que nation est totalement justifiée par son credo. Si le credo est abandonné, alors que l’Amérique resterait suspendue un instant, sa route vers la ruine serait inexorable.

 

Lincoln a désigné une fois les Américains : « Peuple presque élu de D.ieu ». Disant cela, il a lié l’histoire américaine à l’histoire des Juifs. Alors que les Juifs nous ont singularisés en tant que ‘Peuple élu’ en acceptant la loi de D.ieu, aux yeux de Lincoln, les Américains ont accepté les devoirs et les dons d’une voie et d’une mission nationales uniques en acceptant le credo américain.

Le credo américain a été cultivé, préservé et défendu depuis environ 350 ans. Le credo juif que les fondateurs de l’Amérique ont transformé en inspiration a été cultivé, préservé et défendu depuis 3500 ans.

Le credo juif est justifié par la double destinée des Juifs : être à la fois une nation qui demeure seule et une lumière pour toutes les nations.

 

D.ieu a octroyé aux Juifs trois outils pour réaliser cette double mission apparemment contradictoire. Il nous a donné la Loi d’Israël. Il nous a donné la Nation d’Israël. Et Il nous a donné la Terre d’Israël.

La loi d’Israël, la Torah, est la voie humaine vers la droiture et la sainteté. En obéissant aux lois et en reconnaissant la fragilité de l’espèce humaine dans son ensemble, les Juifs sont composés d’une nation distincte qui est une bénédiction et une inspiration pour le monde.

 

En construisant nos vies sur la Terre d’Israël, notre droit d’aînesse, les Juifs sont en mesure de cultiver notre patrimoine et de réaliser notre double mission dans une paix relative et de rendre la bénédiction de l’élection tangible pour nous-mêmes et l’ensemble du monde.

Depuis 3500 ans, des générations successives de Juifs ont compris notre mission et notre credo. Ils les ont internalisés et vécu leur existence en les respectant.

 

Depuis l’aube du sionisme moderne, l’immense majorité des Juifs, en Israël et à travers le monde ont reconnu que le retour sur la Terre d’Israël est le présage de la rédemption du Peuple juif – et à travers lui, du monde entier. Cette compréhension est si engrenée qu’elle a rarement nécessité une mention.

Pratiquement à tous les niveaux, l’Etat d’Israël a été un immense succès pour le Peuple juif et pour le monde qui a bénéficié de ses bénédictions. Economiquement aujourd’hui, l’économie israélienne suscite l’envie du monde. Et ce n’est pas une prouesse médiocre. Pendant ses 45 premières années d’indépendance, les dirigeants socialistes et économiquement arriérés d’Israël ont pris d’extraordinaires traverses pour mettre des bâtons dans les roues des forces du marché et ont presque condamné l’économie Israël à une performance sclérosée et à un statut de grand invalide.

Mais les réformes mises en œuvre depuis les quinze dernières années environ, initiées et stimulées surtout par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ont transformé Israël en locomotive économique. Bien qu’il reste beaucoup à faire pour étendre l’opportunité et la croissance économiques, grâce à la profonde capacité de direction de Netanyahou en matière économique, Israël a été largement à l’abri de la récession qui s’étend comme une peste sur le monde occidental.

Sur le plan technologique aussi, comme le monde le reconnaît maintenant, Israël est devenu une petite super-puissance.

Comme George Gilder l’a montré dans son livre « le Test d’Israël », les entrepreneurs israéliens dans le domaine informatique ont créé les fondements de l’ère numérique en inventant, entre autres, le microprocesseur et les principaux composants de la technologie du téléphone cellulaire.

Le monde que nous habitions serait inconcevable sans le rôle pionnier d’Israël dans sa construction.

De même pour le judaïsme, il s’épanouit aujourd’hui en Israël comme jamais dans les 2000 années passées. Le Peuple juif a émergé du bord de l’annihilation il y a 65 ans, pour construire un Etat juif dont la population est plus instruite dans la loi juive qu’aucune communauté juive ne l’a jamais été. Davantage de Juifs étudient dans des institutions d’enseignement juif en Israël que n’en ont étudié à aucune époque de notre histoire. Et même les Juifs non observant vivent en Israël une vie juive à un degré dont leur famille n’aurait jamais pu jouir ou même imaginer il n’y a que quatre générations.

 

L’extraordinaire succès d’Israël n’est gâché que par un échec. Depuis la mort prématurée de Theodore Herzl en 1904, Israël a manqué du dirigeant qui ait reconnu l’importance de faire adhérer au credo juif aussi bien le monde que le Peuple juif. C’est-à-dire que depuis Herzl, Israël a manqué de dirigeants qui aient compris le premier principe de l’Etat. Pour qu’une nation fleurisse et réussisse dans le temps, ses dirigeants doivent affirmer son credo avec une confiance absolue aussi bien à leur propre Peuple que au monde en général. Ils doivent affirmer le credo de leur nation avec la confiance complète même à l’égard des dirigeants qui le rejettent.

Et ils ne doivent jamais permettre à qui que ce soit le droit de dénier l’identité de leur Peuple.

C’est-à-dire, bien qu’Obama soit le premier président américain à dénier et à dénigrer le credo américain, Israël n’a jamais eu de Premier ministre ayant la volonté d’affirmer le credo d’Israël. Des Premiers ministres de Gauche ont échoué à affirmer notre credo parce qu’ils ne l’acceptent pas. Des Premiers ministres de Droite ne sont pas parvenus à affirmer notre credo parce qu’ils échouent à comprendre ce que cela signifie d’avoir la confiance d’affirmer bravement une identité que des gens ne veulent pas que vous ayez.

Beaucoup d’universitaires ont mis en avant que l’histoire du judaïsme est aussi l’histoire de l’antisémitisme. En n’affirmant pas le credo d’Israël, les dirigeants d’Israël ont en fait accepté cette prétention. Mais elle est complètement fausse. L’histoire des Juifs et l’histoire des antisémites sont fondées sur des narrations parallèles – l’une est vraie et l’autre est fausse. Et comme des lignes parallèles, elles ne se recoupent jamais.

A travers l’histoire, les antisémites ont cherché à dénier aux Juifs le droit de nous définir nous-mêmes en replaçant notre credo dans la loi, la sainteté et la patrie par une fausse croyance de conspiration, d’avarice et de déracinement. Aujourd’hui les instruments employés par les antisémites pour dire aux Juifs ce que nous sommes impliquent des accusations contre un monstrueux « Lobby d’Israël », et une tentative de nier nos droits sur la Terre d’Israël.

Les Juifs ont survécu à des tentatives répétées pour nous détruire, non pas parce que nous avons argumenté contre les points les plus fins de la narration antijuive de l’époque, mais parce que nous sommes restés fidèles à notre credo. C’est-à-dire que nous n’avons pas survécu en attaquant les calomnies antisémites, mais en maintenant loyalement notre vérité.

 

Pourtant en Israël, plutôt que d’affirmer fièrement la nature extraordinaire, tenace et de fait miraculeuse de notre Peuple, notre Loi et notre Patrie, nos dirigeants ont transformé notre credo en un objet de marchandage. Et si cette orientation n’est pas bientôt abandonnée, nous courons à notre perte.

Nos dirigeants nous induisent en erreur en insistant sur le fait qu’il est possible de parvenir à la paix à court terme avec nos voisins. La paix aujourd’hui est impossible parce que nos voisins rejettent au moins deux des trois composantes de notre credo national : le caractère national juif et la Terre d’Israël.

 

De plus, en introduisant l’exigence que les Arabes reconnaissent Israël comme l’Etat juif, nos dirigeants ne font qu’empirer les choses. En présentant cette exigence, nos dirigeants suggèrent que les Arabes ont le potentiel d’accorder ou de dénier ce qui ne leur appartient pas de donner ou d’emporter.

Ce soir, nous commençons l’observance de Rosh Hashana. La Bible décrit Rosh Hashana comme le jour où l’on fait sonner les trompettes. Quand nous nous assemblerons en prière pour souffler dans le shofar, nous entamerons une bruyante célébration exubérante de l’unité nationale et maintiendrons notre droit d’aînesse sacré à l’endroit de notre héritage religieux et de la Terre d’Israël.

Lors de son rassemblement, Glenn Beck nous a rappelé l’importance de puissantes célébrations à haute voix qui renvoient les nations à leur destinée et à leur credo. Pourtant, ce que Lincoln désignait comme les « cordes mystiques de la mémoire » ne peuvent pas être rappelées uniquement au moment d’une célébration. Comme la nation américaine, pour que la nation juive survive et prospère, ce credo doit résonner dans tout ce que nous faisons au cours de tous les autres jours de l’année, quand les trompettes sont silencieuses.

 

Ma prière pour l’année à venir est que nos dirigeants prennent la mesure de la force de notre Peuple et de notre credo. Je prie pour qu’ils reconnaissent que c’est à la fois leur devoir sacré et leur immense privilège de représenter avec confiance et de défendre notre exceptionnalisme et notre destinée comme nation d’Israël.

 

caroline@carolineglick.com

caroline@carolineglick.com

Lire l’article original en anglais sur Jerusalem Post

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