Le Hezbollah et les gardiens de la révolution sont une seule entité, affirme un général des pasdaran

Pendant que le chef du Conseil suprême de la sécurité nationale en Iran, Ali Chamkhani, critiquait de Beyrouth la coalition internationale contre l’État islamique, le général Amir-Ali Hajizadeh, commandant des forces aérospatiales des gardiens de la révolution, soulignait la complémentarité entre le Hezbollah et les pasdaran.
Les propos du général Hajizadeh ont été rapportés hier par le quotidien al-Akhbar. Le chef des pasdaran aurait ainsi dit, selon le journal, que le Hezbollah a des capacités techniques qui ont conduit l’armée d’élite du régime iranien à demander son assistance.
« Par le passé, le Hezbollah avait l’habitude de dépendre des gardiens de la révolution dans certains domaines, mais il a acquis aujourd’hui une expérience et la maîtrise de techniques qui nous poussent à lui demander de l’aide », a déclaré le général Hajizadeh, affirmant que le parti chiite libanais et les gardiens de la révolution de l’Iran forment une seule entité.
Le commandant des forces aérospatiales a en outre indiqué, dans le cadre d’un entretien avec l’agence iranienne Fars, que l’arsenal en roquettes du Hezbollah a considérablement évolué par rapport à 2006 (lors de la guerre contre Israël). « Le Hezbollah et les gardiens de la révolution sont au même niveau en matière d’informations et de technologies concernant les missiles et les drones espions », a-t-il poursuivi.
À Beyrouth, ces propos n’ont suscité aucune réaction officielle. Pourtant le chef du Conseil suprême de la sécurité nationale en Iran, Ali Chamkhani, était reçu par le chef du gouvernement, Tammam Salam, et le président de la Chambre, Nabih Berry. Accompagné d’une délégation de son département, ainsi que du vice-ministre iranien des Affaires étrangères pour le monde arabe et l’Afrique, Hussein Amir Abdel Lahyan, et de l’ambassadeur d’Iran, Mohammad Fatah Ali, Ali Chamkhani a passé en revue avec ses interlocuteurs la situation dans la région, notamment en Irak et en Syrie, à la lumière des frappes de la coalition internationale contre l’État islamique, ainsi que l’aide militaire que son pays compte accorder à l’armée, sous forme d’un don d’équipements. Celui-ci sera remis au ministre de la Défense, Samir Mokbel, lors de sa visite officielle à Téhéran, a-t-il expliqué plus tard à la presse. « L’État libanais a accueilli favorablement ce don », a indiqué le responsable iranien en réponse aux questions de la presse, en expliquant que ces équipements « permettront d’aider l’armée libanaise à faire face au terrorisme takfiriste fanatique dans les régions frontalières ».
Après avoir encouragé les Libanais au dialogue, et souligné « les pensées, les valeurs et les principes communs aux deux peuples libanais et iranien », Ali Chamkhani a accusé Israël de chercher à profiter de la situation explosive dans la région « au service de ses visées expansionnistes et agressives ».
Il a violemment critiqué la coalition internationale « ridicule, qui prétend combattre le terrorisme sans aucune base morale, juridique ou légale », estimant que celle-ci « ne peut pas satisfaire les ambitions du peuple et de l’État irakiens ». Selon lui, la coalition agit comme un « pompier pyromane ».
M. Chamkhani a rejeté « les informations de presse selon lesquelles l’Iran a annoncé vouloir prendre part à l’alliance anti-État islamique, moyennant des concessions au niveau du dossier nucléaire ». « Nous n’avons jamais eu de rapport avec cette organisation et nous sommes fiers de rappeler que le registre de la République islamique, depuis sa fondation, est immaculé et regorge d’opérations de lutte contre le terrorisme et les organisations terroristes takfiristes fanatiques. »
Il a éludé la question de savoir pourquoi son pays a autorisé l’alliance internationale à mener des frappes dans la région, en affirmant : « Le plan dépasse l’État islamique. Qui a créé cette organisation et qui la finance ? C’est l’Occident et ses amis dans la région. (…) Cette coalition est un fléau et n’a aucune aptitude à combattre le terrorisme. Les jours à venir le prouveront. Des frappes aériennes sans opération terrestre n’ont aucune valeur. Les militaires le savent très bien. Je pense que cette coalition est une mascarade qui va faire pleurer les spectateurs. »
Au terme de ces deux entretiens, M. Chamkhani devait prendre l’avion pour Damas.

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624 3 Oct 1, 2014

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