Les troubles raisons qui poussent la Turquie à se réjouir de la chute de Kobané aux mains de l’Etat islamique

La poussée de l’Etat Islamique, qui a réussi à s’emparer de près de 70 villages sur le chemin de Kobané, a provoqué la mort de plus de 400 personnes, pour l’essentiel des combattants.
La Turquie devient de plus en plus illisible dans sa stratégie ou absence de stratégie au Moyen-Orient face à l’irruption de cette secte meurtrière qui se dénomme l’Etat Islamique. Après que son parlement ait pris soin de voter une résolution autorisant le gouvernement turque à faire usage de la force sur le sol syrien à l’encontre du prétendu Etat Islamique du fait de l’imminence de la prise de la ville frontalière de Kobané, on était en droit d’espérer une action militaire imminente. Or un calme olympien continue de régner dans les états-majors turcs. Comble d’ironie, le seul usage de la force par l’armée turque a eu lieu sur son propre territoire national et pour empêcher ses propres nationaux, les volontaires Kurdes, de se rendre en Syrie pour prêter main forte aux Kurdes syriens assiégés de Kobané !
Pire encore, la récente déclaration du premier ministre turc, Ahmet Davotuglu, déclarant qu’il n’y aura pas d’intervention turque tant que d’une part, des zones d’exclusion aériennes et d’autre part, des havres de sécurité n’ont pas été créés en Syrie propre, démontre leur totale mauvaise foi. En effet, de telles initiatives ne sont possibles que si au préalable il est procédé à la destruction de la DCA (Défense contre les aéronefs) syrienne et le déploiement de troupes au sol, deux demandes que les Etats-Unis ne sont pas disposés à accepter. Dans ce climat de guerre froide qui sévit depuis l’affaire ukrainienne, Washington ne pourra se permettre d’aliéner davantage les russes en déclarant la guerre au régime d’Assad, allié de Moscou, ni même envisager de déployer des troupes. En fait, cette déclaration turque ne peut que s’interpréter comme étant une fin de non-recevoir.
Dans les couloirs du pouvoir turc, on se réjouit même secrètement de la conquête, par les islamistes, de Kobané, qu’Ankara perçoit comme un bastion des Kurdes syriens alliés du mouvement autonomiste armé Kurde, le PKK. Le Président turc, Erdogan, a même déclaré que pour lui le PKK et le prétendu Etat Islamique c’était blanc bonnet et bonnet blanc. C’est dire à quel point le vote parlementaire turc n’était qu’une farce destinée à apaiser la colère internationale du fait de l’inertie turque face à l’irruption fasciste du prétendu Etat Islamique; en somme que de la poudre aux yeux de l’occident.

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607 6 Oct 8, 2014

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